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28/07/2008

L'environnement, dernier alibi de l'Union européenne ?

Trois ans après le non français au référendum sur le Traité constitutionnel, le peuple irlandais vient de refuser la copie quasiment conforme du traité de Lisbonne. Si, pour certains optimistes comme le Premier ministre polonais M. Donald Tusk, il ne s'agirait que d'un « incident référendaire », beaucoup de commentateurs estiment que la construction européenne est en panne. Mais la réalité est bien pire. Il serait plus juste d'admettre que cette nouvelle étape ne fait qu'aggraver une crise profonde dans laquelle les institutions communautaires s'enfoncent un peu plus chaque jour. S'il en était besoin, le vote irlandais prouve une nouvelle fois que l'Union européenne ne fait plus illusion. Libérale, atlantiste, antidémocratique, l'Europe que l'on construit sous nos yeux n'est définitivement pas celle des peuples. Dans ces conditions, que reste-t-il pour sauver les apparences ? Bien peu de choses, sans doute. A moins de trouver une crise plus grave encore que celle de la construction européenne. Un problème majeur, d'avenir, grâce auquel l'Europe pourrait facilement redorer son blason... Un problème comme celui du changement climatique.


Rien de tel que l'écologie, en effet, pour faire oublier le désastre social des politiques européennes et laisser croire au citoyen que l'on se soucie de son bien-être et de celui des générations futures. M. José Manuel Barroso ne dit pas autre chose lorsqu'il estime le sujet « important sur le plan politique, parce que cela peut réconcilier l'Europe avec les nouvelles générations qui parfois ne se reconnaissent pas dans notre action »i. C'est ainsi que les délégués européens, puisant leur inspiration dans le succès de M. Al Gore, ne ménagent pas leur peine pour paraître « en pointe du combat pour le climat » à chaque sommet où ces questions figurent à l'ordre du jour. Il y a fort à parier que le camouflet du traité de Lisbonne annonce un redoublement d'activité en la matière, et ce dès le début de la présidence française de l'Union.


Malheureusement, les déclarations d'intention ne peuvent se substituer à un bilan objectif des politiques menées. Et c'est bien là que le bât blesse. Si l'Europe avait à subir un audit environnemental, ce dernier montrerait à quel point ses choix ont contribué à la destruction des écosystèmes en donnant une priorité absolue à la concurrence libre et soi-disant non faussée.

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Auteur : Aurélien Bernier - Secrétaire National du Mouvement politique d'éducation populaire

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