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20/08/2008

Grâce à un programme européen « LIFE Nature », le vautour percnoptère regagne du terrain dans le Sud-est de la France

Alors que l’avenir des vautours en Europe semble aujourd’hui plus qu’incertain, le vautour percnoptère fait figure d’exception. Sur notre territoire, ses effectifs gagnent du terrain, grâce, notamment, à un programme LIFE Nature engagé en sa faveur dans le Sud-est de la France. Arrivé à son terme, ce dernier présente des résultats encourageants.


Ce programme européen a été mis en œuvre pour éviter la disparition d’un des deux noyaux (Sud-est) de la population française de vautours percnoptères, encourager le retour d’individus et l’installation de couples dans les sites où il avait disparu. En effet, alors que le noyau pyrénéen semblait stable avec 50 à 60 couples, celui situé dans le Sud-est a connu un déclin de 50 % en 50 ans. Il était donc urgent d’agir.


Au terme de cinq d’actions, ce programme financé par la Commission Européenne et coordonné par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), avec la participation de partenaires techniques, scientifiques et financiers, a atteint tous ses objectifs avec :

- l’installation de 13 nouveaux couples dans le sud est de la France, dont 8 dans les zones d’intervention du LIFE, ce qui porte leur nombre de 23 en 2002 à 36 en 2007 ;

- la restauration des ressources alimentaires de l’espèce : avec la construction de 42 placettes d’alimentation et la distribution de plus de 143 000 kg de denrées alimentaires sur les 54 aires de nourrissage présentes dans les zones d’intervention du Life ;

- la pérennisation des actions : avec la désignation de deux nouvelles Zone de Protection Spéciale (ZPS) (« Garrigues de Lussan », « Alpilles ») et l’extension de trois autres (« Basse Ardèche », « Marais entre Crau et Grand Rhône », « Pays de Sault) ;

- la valorisation des actions : avec plus de 440 animations sur les enjeux de préservation de l’espèce (soit 15 animations par an et par site en moyenne) pour un auditoire de plus de 10 000 personnes ;

- les opérations de suivi et de surveillance : de l’attractivité des placettes d’alimentation (plus de 5 400 photographies du vautour percnoptère), des aires de reproduction (plus de 11 300 heures de mobilisation assurées par plus de 120 surveillants).


Ce programme a donc permis d’enrayer la baisse des effectifs du vautour percnoptère, de favoriser son retour dans le Sud-est de la France, et de lui permettre de regagner du terrain en France. En l’espace de 8 ans, l’espèce a ainsi enregistré une progression de 22 %. En 2007, elle comptait 87 couples contre environ 70 en 1999.

Contrairement aux populations françaises, celles situées ailleurs en Europe ont connu, ces 40 dernières années, un déclin supérieur à 50 %, notamment dans le Sud-est du continent (Bulgarie, Italie, Yougoslavie, Croatie, Macédoine). En Grèce, sa population s’est effondrée de plus de 80 %, ces dernières années. Il a aujourd’hui disparu de Bosnie et de Serbie.


Le vautour percnoptère doit donc être globalement protégé au niveau de son aire endémique de répartition. C’est pourquoi, la LPO envisage de poursuivre son action en renforçant les liens entre experts au niveau international et en lui consacrant un nouveau plan d’actions national, et un plan d’actions international.


Allain Bougrain Dubourg

Président de la LPO


[...]


Le vautour percnoptère : un rapace migrateur mondialement menacé

Seul vautour migrateur, il passe l’hiver en Afrique sahélienne avant de rejoindre les Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Aveyron, de la Lozère, du Gard, de l’Hérault, de l’Ardèche, des Bouches-du-Rhône, de la Drôme et du Vaucluse où 87 couples nichaient en 2007. Ce petit nécrophage figure désormais dans la catégorie des espèces « en danger » de disparition, sur la Liste Rouge de l’UICN, car il est mondialement menacé par la disparition de son alimentation, l’empoisonnement, la chasse aux trophées, le pillage de nids et les dangers rencontrés lors de sa migration et de son hivernage en Afrique.


Plus d’informations sur les vautours :

Plaquette "Bilan et perspectives. LIFE vautour percnoptère ", téléchargeable sur le site Internet de la LPO.

Dossier de presse : "Les vautours, alliés indispensables et fragiles du pastoralisme " , téléchargeable sur le site Internet de la LPO : http://www.lpo.fr/docs/DPLPOLesvautoursalliesindispensablesetfragilesdupastoralisme.pdf

18/08/2008

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande l'annulation du Prix Nobel de la Paix attribué en 2005 à l'AIEA

En avalisant le 1er août 2008 l'accord nucléaire Inde/USA, l'AIEA a bafoué les règles de non prolifération au nom desquelles elle a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2005

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a écrit ce jour lundi 18 août 2008 à la Fondation Nobel pour lui demander de retirer de toute urgence le Prix Nobel de la Paix attribué en 2005 à l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) et à son Directeur général Mohamed El Baradei "pour leurs efforts visant à empêcher que l'énergie nucléaire ne soit utilisée à des fins militaires".

En effet, le 1er août 2008, en contradiction totale avec les règles de non prolifération au nom desquelles elle a obtenu le Prix Nobel de la Paix, l'AIEA a avalisé l' "Accord 123" lequel, signé en juillet 2007 par l'Inde et les USA, prévoit en particulier la vente à l'Inde de technologies et de matières nucléaires.

L' "Accord 123" prévoit aussi que l'AIEA n'inspectera en Inde… que les installations nucléaires qui ne servent pas à l'élaboration d'armes atomiques. C'est exactement comme si des gendarmes s'engageaient, auprès de voleurs, à ne pas patrouiller aux heures prévues pour les cambriolages.

En accordant de si incroyables dérogations à l'Inde, pays non signataire du Traité de non-prolifération (TNP), les USA et l'AIEA donnent de parfaits prétextes à tout pays qui, ouvertement ou secrètement, tente d'accéder à l'arme atomique. L'AIEA est donc définitivement indigne du Prix Nobel de la Paix qui doit lui être immédiatement retiré.

Il est d'ailleurs tout à fait édifiant de rappeler que c'est après le premier essai atomique réalisé par l'Inde, en 1974, que des mesures ont été prises au niveau international, en particulier avec la création du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG), afin d'isoler les Etats non signataires du TNP.

La validation de l' "Accord 123" ne se justifie pas plus en 2008 qu'en 1974. Il est avéré que c'est pour de simples raisons mercantiles que les USA s'apprêtent a bafouer les règles de non prolifération, avec la collaboration de l'AIEA. La dignité de la France est de s'opposer à ce véritable scandale.


Source : Réseau Sortir du Nucléaire

16/08/2008

Pyrénées : Un ours percuté par un minibus en Ariège

Pays de l’Ours-Adet rappelle l’importance des passages « faune »

 

Ce matin, vers 8 H, un minibus a percuté un ours brun sur la Route nationale 20 en Ariège, aux alentours du village de Mérens les Vals, fort heureusement sans faire de blessé.

Le groupe de jeunes de retour de vacances en Andorre a toutefois pu poursuivre sa route vers Fougères en Ile et Vilaine.

 

Chaque année, 30 000 collisions avec des animaux sauvages sont enregistrées sur les routes de France, essentiellement avec des chevreuils, des sangliers et des cerfs. Pour ce qui concerne l’ours, c’est la seconde enregistrée, après celle qui a causé la mort de la femelle Franska l’an dernier.

Fort heureusement, 98% des collisions avec les animaux sauvages ne provoquent aucun dommage corporel aux occupants des véhicules.

 

Du fait de la richesse faunistique du département, la nationale 20 en Ariège est particulièrement concernée. Ainsi, une vingtaine de collisions avec des sangliers a été enregistrée en 2007, et les élus locaux interviennent régulièrement auprès des pouvoirs publics et dans la presse à ce sujet.

 

On sait également que l’ours brun traverse régulièrement les routes de son territoire. Par exemple l’ours Boutxy entre octobre 99 et mai 2002 : grâce à son émetteur de suivi, on a pu constater qu’il a traversé 46 fois cette même nationale 20, dans ce même secteur.

 

Ce phénomène est également constaté dans tous les pays européens abritant une population d’ours : Croatie, Roumanie, Slovénie, Grèce … Tous ont pris des mesures, en particulier la construction de passages à ours et grande faune sur les routes les plus accidentogènes.

 

Pays de l’Ours-Adet se félicite que cet accident n’ait pas provoqué de dommage corporel et attire l’attention des pouvoirs publics et des collectivités sur l’importance d’aménager les routes afin d’assurer la sécurité des hommes comme de la faune.

Des solutions existent, notamment l’aménagement de passages spécifiques sur ces sites de traversée parfaitement connus.

Cette portion de RN20 est particulièrement concernée, comme d’autres secteurs routiers pyrénéens, comme la RN134 en vallée d’Aspe par exemple.

 

Source : Pays de l'Ours Adet

14/08/2008

L'EPR contre le pétrole cher : l'erreur nucléaire

La récente fuite d'uranium au Tricastin rappelle à chacun que le nucléaire est une industrie dangereuse et polluante. Pourtant, depuis quelques mois, il est de bon ton de prétendre que, en contrepartie, le nucléaire "assure notre indépendance énergétique". Mais, malgré 58 réacteurs, la France est frappée de plein fouet par la montée du prix de l'énergie, laquelle entraîne une inflation record. Mais où est donc passé le "miracle nucléaire " ?
C'est sous prétexte de réduire la facture énergétique du pays, tout en luttant contre le réchauffement climatique, que M. Sarkozy entend faire construire en France un second réacteur nucléaire de type EPR. Or, il suffit d'ouvrir les yeux pour constater que le nucléaire est une réponse parfaitement inefficace aux graves problèmes du climat et de l'énergie : malgré 58 réacteurs qui produisent 80% de son électricité, la France est frappée comme ses voisins par l'explosion du prix de l'énergie. Les pêcheurs, les automobilistes et bien d'autres catégories sont là pour en témoigner.

Les documents annuels (*) du Ministère de l'Economie sont d'ailleurs limpides : pour 2006, "La facture payée pour un approvisionnement énergétique d’origine étrangère est le double de celle de 2003. Sans elle, le commerce extérieur de la France aurait été excédentaire de 15 milliards d’euros. Avec elle, il est déficitaire de 30 milliards". Pour 2007 : "Hors énergie, la balance commerciale serait excédentaire de 5,6 milliards d’euros ; avec l’énergie, elle est déficitaire de 39,2 milliards."

Les pronucléaires en sont réduits à suggérer que "sans le nucléaire, ce serait pire". Ce qui est à la fois dérisoire – est-ce donc ça le "miracle nucléaire" ? – et faux : c'est avec le nucléaire que c'est pire puisque nous avons à acquitter la facture pétrole-gaz ET la facture nucléaire. Car, certaines déclarations le laissent abusivement croire, le nucléaire n'est pas "gratuit", bien au contraire :
- l'investissement de départ est pharaonique : la France est d'ailleurs très loin d'avoir fini de payer les réacteurs actuellement en service. Si l'argent public investi dans l'atome depuis 50 ans figurait sur les factures EDF, les citoyens verraient bien que l'électricité nucléaire est extrêmement chère. C'est si vrai que, aux USA, c'est seulement parce que l'Etat fédéral offre des substantielles aides publiques aux compagnies privées que certaines envisagent la construction de quelques nouveaux réacteurs.

- la facture nucléaire "aval" (démantèlement des installations, déchets radioactifs) s'annonce elle aussi incommensurable : EDF se veut rassurante en prétendant avoir mis de côté quelques dizaines de milliards d'euros, mais la Grande-Bretagne a fixé à 103 milliards le coût du démantèlement de ses propres installations, pourtant bien moins nombreuses que les notres. Il est évident que, tôt ou tard, il va manquer plusieurs centaines de milliards d'euros... et encore plus si de nouveaux réacteurs sont construits. Nos enfants apprécieront.
Pour enfoncer le clou, rappelons que le nucléaire ne couvre que 2,5% de la consommation mondiale d'énergie : une part si faible qu'elle a une influence quasi nulle sur le climat et sur le prix de l'énergie. Et, contrairement à ce que l'on peut lire ici ou là, cette part va encore décliner : de nouveaux réacteurs vont hélas être construits ici ou là, mais ils seront moins nombreux que ceux qui vont fermer dans les années à venir : la moitié des 435 réacteurs en service sur Terre approchent de leur fin de vie.

Il convient aussi de regarder ce qui se passe en Chine, présentée comme le nouvel "eldorado" de l'atome. Si les Chinois construisent les 40 nouveaux réacteurs annoncés, le nucléaire couvrira royalement... 4% de leur électricité, c'est-à-dire 0,7% de la consommation chinoise d'énergie. Les données sont quasiment les mêmes pour l'Inde. Aux USA, l'atome représente 20% de l'électricité, soit 4% de la consommation totale d'énergie. Et la majorité des 103 réacteurs américains vont fermer dans les 20 ans. L'atome restera dans tous cas une énergie marginale, même dans les pays les plus nucléarisés.

Le nucléaire est donc incapable "d'assurer l'indépendance énergétique" d'un pays, même lorsqu'il couvre 80% de l'électricité comme en France. Et ce d'autant moins que l'uranium, le combustible des réacteurs, est importé à 100%. Son prix a déjà été multiplié par dix en quelques années et ce n'est qu'un début : les différents pays nucléarisés, Chine en tête, ont commencé à se battre pour accéder aux dernières réserves facilement extractibles.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier les tares bien connues du nucléaire, que nous ne développons pas ici :
- risques de catastrophes : on a encore frôlé le pire pendant l'été 2006 à Forsmark en Suède et l'été 2007 lors du séisme de Kashiwasaki au Japon ;
- déchets radioactifs : malgré les belles déclarations depuis 50 ans, aucune solution acceptable n'existe, et une véritable catastrophe est en train de se produire en Allemagne où des déchets ont été stockés dans une mine de sel qui devait pourtant assurer un confinement "parfait". En France, l'Etat recherche actuellement un site pour y enfouir des déchets radioactifs : 3115 maires ont été démarchés... mais personne, à raison, ne veut de ce cadeau empoisonné ;
- rejets dans l'environnement : une grande étude scientifique vient de montrer en Allemagne un excès de cancers jusqu'à 50 km autour des centrales ;
- contamination de l'environnement par les mines d'uranium : la France nucléaire contamine ainsi le Niger, c'est une véritable "délocalisation de la pollution" ;
- prolifération à des fins militaires : la France nucléaire fait d'ailleurs un sale bisness avec des dictateurs comme Kadhafi.

Mais il est une autre vérité à connaître, bien plus réjouissante : sur Terre, les énergies renouvelables produisent beaucoup plus que le nucléaire. D'ailleurs, la seule hydroélectricité produit plus que l'atome : 3000 Twh/an contre 2600. De quoi faire chanceler les idées fausses malheureusement si répandues en France, le seul pays au monde où l'on croit que le nucléaire est indispensable et les énergies renouvelables négligeables.

Les perspectives de croissance de l'énergie éolienne sont exponentielles partout sur la planète, avec des productions d'ores et déjà si massives que sont balayées les objections rétrogrades sur l'intermittence de cette production. Le solaire (thermique et photovoltaïque) lui aussi est en plein envol, en particulier dans les Etats comme la Californie qui ont compris que l'avenir était dans les renouvelables.

En combinant les économies d'énergie et les énergies renouvelables, il est possible d'assurer protection de l'environnement et indépendance énergétique : il y aura toujours du soleil, du vent, du bois, etc. Lorsque se produiront, peut-être plus vite qu'on ne le pense, de graves ruptures d'approvisionnement en pétrole, gaz ou uranium, les grands perdants seront ceux qui auront gaspillé leur argent dans des voies de garage comme le nucléaire, à commencer par ce pauvre réacteur EPR dont les deux chantiers en cours, en Finlande et à Flamanville (France), connaissent de graves déconvenues.
Enfin, il faut rappeler que, contrairement à ce qui est prétendu par ses promoteurs, l'EPR n'est pas conçu pour résister à un crash d'avion de ligne : pour avoir rendu public un document confidentiel défense, issu d'EDF, qui reconnaît cette vulnérabilité, l'auteur du présent article a été arrêté à deux reprises par la DST et risque 5 ans de prison : le nucléaire nuit autant à la démocratie qu'à l'environnement.

Stéphane Lhomme
Porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire" (http://www.sortirdunucleaire.org )

 
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