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31.10.2008

OGM : l'EFSA considère la clause de sauvegarde sur le MON 810 injustifiée

L'agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de rendre son avis sur la clause de sauvegarde française sur le maïs MON 810 activée en février dernier. Elle considère la décision du gouvernement français injustifiée... C'est pour Greenpeace une nouvelle preuve de l'incapacité de cette agence et de la nécessité urgente de la réformer.

Le comité de l'EFSA travaillant sur les OGM considère, dans sa décision rendue publique le 31 octobre, que les éléments fournis sur le maïs MON 810 par le gouvernement français ne constituent pas des éléments susceptibles de justifier l'activation de la clause de sauvegarde. Au mépris des doutes sérieux soulevés par les études scientifiques, cet OGM ne présente donc pour elle aucun risque sur l'environnement, la santé humaine ou animale. Greenpeace prend acte de cette décision grave qui pourrait ouvrir la voie à la réautorisation de ce maïs en France et la conteste vigoureusement.

La majorité des Etats membres de l'Union s'accordent aujourd'hui sur la nécessité de réformer en profondeur l'EFSA. Ce chantier a été ouvert par la France au cours de sa présidence... L'agence elle-même reconnaît qu'il lui faudrait deux ans minimum pour évaluer les effets à long terme d'un OGM.

« En dépit des doutes sérieux existant sur les OGM sur la compétence de l'EFSA, elle continue de faire comme elle a toujours fait en méconnaissance totale de cause : donner des avis positifs sur tous les OGM ! s'indigne Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. Face à l'adversité, l'EFSA se bouche les oreilles et fait le gros dos aux dépens des citoyens français et européens. C'est inadmissible ! Dans ces conditions, il faut fermer l'EFSA tant que la réforme attendue par tous n'a pas eu lieu. »

Un passage en force
Le MON 810 reste interdit en France jusqu'à ce que la Commission européenne se prononce. Cette opinion laisse toutefois présager d'un passage en force inquiétant... Elle intervient au lendemain de la publication d'une étude du CREG de l'université de Pau faisant état des risques de disparition de nombreuses filières agricoles en France en cas de généralisation des cultures de maïs OGM.

Source : Greenpeace France

Energie renouvelable : Les Amis d'Enercoop

enercoop-electricite-verte.jpgEnercoop est une société coopérative qui fournit de l’électricité 100% renouvelable depuis 2005. Fondée et soutenue par un large réseau associatif et coopératif, elle compte aujourd’hui plus de 2300 clients et 1716 sociétaires.

 

L’association Les Amis d’Enercoop, fondée par des experts et militants très impliqués, a pour but de faire connaître et soutenir la seule alternative écolo et solidaire en France, véritable petit poucet vert du marché électrique hexagonal.

 

Et pour l’heure, Enercoop a besoin d’un large soutien car malgré son succès (Enercoop est le 5e fournisseur d’électricité en France !), le prix, sans cesse plus élevé, de l’énergie, les conditions d’accès aux énergies renouvelables et d’autres distorsions du secteur énergétique, fragilisent dangereusement son avenir.

 

Loin de baisser les bras, Enercoop a décidé de se battre et de prendre les devants.

Pour assurer son avenir, la société coopérative a prévu un développement de son activité en deux temps :

Premier temps : se recapitaliser afin de nous permettre d’acheter de l’électricité hydraulique avec une garantie d’origine.

Second temps : mettre en route ses propres moyens de production coopératifs, d’ici trois ans et se couper ainsi du prix et des contraintes du marché.

 

Pour assurer la pérennité d’Enercoop, nous aussi retroussons nos manches et mobilisons nous !

 

Si, comme nous vous croyez au projet Enercoop, vous pouvez nous aider.

 

Plusieurs possibilités existent (que l’on peut bien entendu cumuler !):

- Devenir consommateur en souscrivant un contrat de fourniture,

- Devenir consommateur et sociétaire en souscrivant une ou plusieurs parts de capital (100 € la part),

 

Vous trouverez toutes les informations nécessaires pour cela sur le site www.enercoop.fr

 

La troisième possibilité, pour ceux qui ne peuvent ou ne souhaitent pas devenir client, c’est de contribuer en faisant un don (ouvrant droit à une réduction d’impôt) aux Amis d’Enercoop. Les amis souscriront ensuite des parts de capital pour aider Enercoop à franchir ce cap difficile.

Sur notre site www.lesamisdenercoop.org , vous trouverez des moyens de participer, et notamment un système sécurisé de paiement en ligne.

 

Nous vous proposerons prochainement d’autres actions. Mais n’attendez pas, c’est dès aujourd’hui qu’Enercoop a besoin de votre soutien.

 

Les Amis d’Enercoop comptent sur vous !

 

Bernard Laponche, Président

Frédéric Marillier, Secrétaire

Hélène Gassin, Trésorière

 

Source : Les Amis d'Enercoop

Les Apprentis Z'ecolos : la dosette de café

D’après l’agence de l’environnement, une dosette de café, c’est 10 fois plus d’emballage, et donc 10 fois plus de déchets. Démonstration...

"Sciences et Vie Junior" et "Image doc" accusés par le Le Réseau "Sortir du nucléaire" de tromper les jeunes au profit d'Areva

[Selon le Réseau Sortir du Nucléaire] Dans leurs numéros de novembre, les deux magazines font passer des publicités payées par Areva pour des articles ou des jeux proposés par la rédaction.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" exprime sa colère après avoir découvert les numéros de novembre des publications "Sciences et Vie Junior" et "Image doc" qui, l'une comme l'autre, trompent les jeunes lecteurs au profit de la multinationale nucléaire Areva. Dans les deux cas, de véritables publicités, avec le logo d'Areva et des formules comme "Les activités d'Areva contribuent à répondre aux grand enjeux du XXIème siècle", sont présentées de façon à laisser croire qu'il s'agit d'articles de la rédaction.

La mention "publicité" ou "publi-reportage" ne figure pas, alors qu'il s'agit bien de publicités payées par Areva. A sa demande de droit de réponse, le Réseau "Sortir du nucléaire" s'est même entendu répondre par Images.doc que ce serait payant "puisque Areva a payé". Etrange conception de l'information pluraliste à laquelle devraient avoir droit les jeunes lecteurs.

Les deux magazines ont cosigné les publicités d'Areva, cautionnant donc le contenu et aggravant de fait la tromperie. "Sciences et Vie Junior" a été jusqu'à présenter ces publicités comme un "Jeu-concours". Dans les deux cas, le débat de société est évacué, aucune mention n'est faite des problèmes générés par l'industrie nucléaire et des oppositions qui existent partout où cette industrie est présente.

Quelques précisions :

"Sciences et Vie Junior" présente, avec la mention "Jeu-concours" au lieu de "publicité", trois encarts (quart de page) qui sont disposés au fil des pages, pour finir par une pleine page qui présente le "concours". Il est expliqué que dans le journal "se sont glissés trois petits articles sur Areva". Or, il s'agit bien de publicités, avec le logo d'Areva et des phrases comme : "Areva propose des solutions technologiques pour produire de l'énergie sans co2". Qui peut prétendre que ces extraits de la prose publicitaires habituelle d'Areva relèvent d' "articles" ? Il est clair que le subterfuge du "Jeu-concours" peut tromper des jeunes… ce qui est de toute évidence le but recherché.

"Images doc" contient un quatre-pages central qui ressemble d'autant plus à un dossier "de la rédaction" qu'aucune mention ne signale qu'il s'agit d'une publicité. L'ensemble parait être de caractère "informatif"… mais omet totalement les problèmes liés à l'énergie nucléaire. Si les déchets radioactifs sont évoqués, c'est juste pour affirmer qu'ils sont "emballés dans des caissons en acier ou en béton". Parmi ces "informations", on trouve un encart titré "Qui est Areva ?" et qui apporte la réponse : "Une grande entreprise industrielle internationale qui propose des solutions pour produire de l'énergie sans CO2 et acheminer l'électricité en toute fiabilité." On est loin des informations équilibrées que les jeunes sont en droit d'attendre sur un tel sujet de société. La propagande d'Areva est insidieusement amenée avec la collaboration et la caution du magazine qui appose son logo.

Conclusion :

Le Réseau "Sortir du nucléaire" s'est toujours déclaré favorable à ce que la question du nucléaire soit étudiée par les jeunes, que ce soit dans le système scolaire ou dans des magazines. Encore faut-il que les arguments du débat de société soient présentés de façon équilibrée, ce qui n'est bien sûr pas le cas quand seuls les arguments pronucléaires sont présents, et encore moins lorsqu'il s'agit de publicités déguisées en articles ou en jeux.

Les manœuvres d'Areva, avec la complicité de "Sciences et Vie Junior" et "Image doc", sont d'autant plus choquantes qu'elles visent des jeunes qui n'ont pas forcément les moyens et l'expérience pour détecter la tromperie. De toute évidence, après les graves évènements du Tricastin, Areva tente par tous les moyens de redorer son image. Il est très inquiétant de voir des magazines réputés participer à de telles manœuvres.

Communiqué : Réseau Sortir du Nuléaire

Grenelle : un constat mi-figue mi-raisin sur les bâtiments anciens et les collectivités locales

L’un des programmes les plus importants traités dans le projet de loi grenelle 1 a été voté à l’Assemblée Nationale : la rénovation du parc de bâtiments anciens. Certaines avancées ne peuvent cacher de graves manquements pour la réussite d’un tel programme national.

Les bâtiments existants en France représentent le quart de la consommation énergétique du pays. Depuis le début des discussions Grenelle, ce secteur a été identifié par l’ensemble des parties prenantes comme prioritaire pour améliorer l’indépendance énergétique française et l’amélioration du budget des ménages. Or, le sentiment laissé par les débats nocturnes de l’Assemblée Nationale est plutôt mitigé.

Article 5 - L’objectif global de rénovation des logements existants, objectif flou et portant à confusion de baisser de 38% d’ici 2020 les consommations énergétiques, a été complété par l’objectif de 400 000 rénovations par an à partir de 2013, ce qui est positif. Mais ce chiffre aurait dû être complété du seuil de 80 kWh/m_/an afin que la France puisse atteindre ses objectifs nationaux de lutte contre le changement climatique (le « Facteur 4 »).

L’erreur est plus frappante encore sur la rénovation du logement social (article 5, alinéa 5) pour laquelle le seuil de 150 kWh/m2/an a été voté. « Pour atteindre le facteur 4 en France, nous savons que les rénovations doivent être faites à hauteur de 80 kWh/m2/an en moyenne, précise Cyrielle den Hartigh, chargée de campagne changements climatiques aux Amis de la Terre. Si cet objectif de 150 reste inscrit dans la loi, nous risquons de devoir tout recommencer 10 an plus tard ! C’est une aberration du point de vue économique, mais c’est surtout une injustice du point de vue social ! Car ce sont encore les logements sociaux qui trinquent ! »

[...], les députés ont également commencé à se prononcer sur les collectivités locales, sujet crucial également puisque l’ancrage territorial constitue bien l’une des conditions majeures de la réussite des engagements nationaux de lutte contre les changements climatiques.

Ainsi, Julien Berthier, chargé de mission climat et collectivités territoriales au Réseau Action Climat-France, déplore que les parlementaires n’aient pas repris la mesure n°50 des tables rondes de l’automne 2007 s’engageant sur « une généralisation des Plans Climat-Energie Territoriaux » avec une « obligation de réalisation d’ici 2012 ». En l’état actuel des choses, l’article 7 alinéa 1 constitue un net recul par rapport au Plan climat national de 2004 car il ne mentionne pas les territoires ruraux et péri-urbain (via les Parcs Naturels Régionaux et les Pays) comme échelons pertinents pour le déploiement des PCET.

Enfin, le RAC-F et ses associations membres regrettent que le Ministre d’état, lors de la discussion d’hier soir dans l’hémicycle, ait réduit les PCET à de simples « Bilans carbone ». En réalité, cette démarche constitue bien une véritable « stratégie climat locale » transversale et intégrée, permettant aux collectivités d’engager leurs territoires dans un programme d’atténuation et d’adaptation à la hauteur des enjeux climatiques et énergétiques.

[...]

 

Communiqué : RACF - Réseau Action Climat France

Projet de loi Grenelle 1 : la fin de la suprématie routière est encore loin !

En première lecture du projet de loi Grenelle 1, d’importantes décisions ont été adoptées par les députés en matière de politique de transports. Pour le Réseau Action Climat-France, il s’agit de nets reculs qui laissent (encore) une trop grande place à la route !

Quelques avancées par rapport au texte initial du projet de loi ont été observées (augmentation de la part du non-routier de 14 à 25% d’ici 2022, priorité au réseau ferroviaire existant) mais celles-ci sont très insuffisantes pour atteindre l’objectif de réduire de 20% les rejets de gaz à effet de serre des transports d’ici 2020 (qui représentent aujourd’hui 26% des émissions de gaz à effet de serre de la France).

Concernant les infrastructures de transports, les députés ont suivi l’avis de M. Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des transports, qui autorise le principe d’une augmentation des capacités routières du pays sous prétextes de sécurité, de points de congestion ou d’intérêt local.
« Ces trois critères, parce qu’ils sont très flous ou difficiles à définir, constituent en réalité des échappatoires derrière lesquelles les partisans du bitume vont pouvoir se réfugier. Qui peut définir objectivement ce que signifie l’intérêt local ? », regrette Olivier Louchard, directeur du RAC-F.


Pour Jean Sivardière, Président de la Fédération National des Usagers des Transports « ces trois critères ont justifié tous les investissements routiers passés. La formulation initiale, « la capacité routière globale du pays ne doit plus augmenter », était nettement plus claire et surtout plus volontariste !.

Quant à la définition tant attendue du futur schéma national des infrastructures, il faudra attendre la loi Grenelle 2 dite d’application, pour en connaître les modalités.

« Une éco-redevance pourra être prélevée sur les poids lourds » : telle est la timide formulation de l’amendement gouvernemental proposé par M. Bussereau et adopté par les députés. Selon Olivier Louchard, « de grosses incertitudes subsistent sur l’efficacité de cette mesure : ainsi rédigé, le produit de la taxe profitera à l’Agence de financement des infrastructures de transport de France, sur la part du réseau routier ce qui est un non sens absolu pour l’environnement ! » (le texte initial mentionnait une affectation sur « la politique durable de transport »).
Autre aberration : des mesures d’accompagnement seront prévues pour les transporteurs et des exceptions de taxe (tarifaire ou géographique) sont d’ores et déjà annoncées afin « d’éviter un impact économique excessif ». Au final, le double objectif de transfert modal (de la route vers le rail et les voies d’eau) et de nouvelles ressources financières (pour financer les alternatives à la route) risque très fortement de ne pas être atteint.

Enfin, dans un secteur où les financements sont très tendus, il est tout à fait regrettable que l’hémicycle ait refusé d’envisager un système de « contribution » financière de la part des compagnies pétrolières dont les profits ont explosé ces dernières années.

 

Communiqué : RACF - Réseau Action Climat France

Le Rapport « Planète vivante » révèle clairement le resserrement du crédit écologique

« L’économie mondiale va mal. Financièrement, nous vivons au-delà de nos moyens. Mais une récession financière n’est rien en comparaison de la menace d’un resserrement du crédit écologique. »

James Leape, directeur général du WWF International

Le monde doit faire face à une consommation effrénée du capital naturel mondial. Tout comme des dépenses inconsidérées sont à l’originede la récession, la consommation excessive de l’Homme épuise les ressources naturelles à un point tel que nous mettons en danger notre prospérité future.

Voici le constatqu’établit le WWF dans l’édition 2008 de son rapport « Planète vivante », étude majeure qui révèle tous les deux ans l’état de santé de la planète et réalisé avec la Société Zoologique de Londres (ZSL) et le Réseau Mondial de l’Empreinte écologique (GFN).

« Si nos demandes se maintiennent à la même cadence, nous aurons besoin, vers le milieu des années 2030, de l’équivalent de deux planètes pour maintenir notre mode de vie » annonce James P.Leape.

L’analyse du WWF permet de décomposer les différents facteurs de surexploitation et de proposer des solutions différentes pour chacun. Pour le plus grand des défis actuels, la « Vision énergétique du WWF pour 2050 » (WWF Climate Solutions Model) montre ainsi comment on peut répondre à la croissance prévue de la demande mondiale enservices énergétiques d’ici 2050, tout en réalisant d'importantes réductions des émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit d’identifier les domaines clés où transformer les modes de vie des humains et leurs économies afin de les placer sur une trajectoire plus durable.

« Nous sommes en train d’agir écologiquement de la même façon que les institutions financières se sont comportées économiquement, cherchant la satisfaction immédiatesans prendre en compte les conséquences » constate Jonathan Loh du ZSL. « Seulement les conséquences d’une crise écologique seront bien plus graves que l’actuel effondrement économique »

- Pour télécharger le rapport "Planète vivante 2008", cliquez ici

- Pour télécharger le rapport sur l'Empreinte écologique de la France et de la Belgique, cliquez ici

Source : WWF

Principes d’Equateur : BNP Paribas va-t-il s’améliorer ?

BNP Paribas vient d’adopter les Principes d’Equateur, des normes volontaires environnementales et sociales applicables au financement de projets. Les Amis de la Terre se félicitent de ce revirement positif alors que, comme l’a encore prouvé récemment l’implication du groupe bancaire dans plusieurs projets controversés, beaucoup reste à faire. Les Amis de la Terre appellent donc BNP Paribas à élaborer des politiques sectorielles en matière énergétique et climatique (notamment), et à mettre en place un mécanisme de recours pour les populations locales affectées par les projets.

Comme on peut le lire dans le rapport de développement durable 2007 de la banque, BNP Paribas refusait jusqu’alors d’adopter les Principes d’Equateur, signés à ce jour par une soixantaine d’institutions financières dans le monde : « Selon l’analyse faite par le Groupe, les Principes présentent en particulier le risque pour les parties prenantes de confondre un financement de projet proprement dit, dans lequel la banque est en mesure de négocier un grand nombre des conditions liées à l’utilisation des fonds, avec d’autres modes de financement pour lesquels la banque ne dispose pas de cette possibilité. Cette confusion peut être utilisée par certaines organisations pour reprocher aux établissements signataires de ne pas appliquer les Principes à ces autres types de financements, alors même que ces banques ne disposent pas de la faculté d’imposer aux emprunteurs des obligations de respect, ni des moyens de suivi des normes environnementales et sociales conformes aux Principes » (1).

Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, précise : « BNP Paribas est le dernier acteur majeur dans l’activité spécifique de financement de projets à adopter les Principes d’Equateur, cinq ans après leur lancement (2). Si ce revirement est bien tardif pour le leader mondial de cette activité pour les prêts octroyés en 2007, il est le bienvenu et constitue une victoire due notamment à la pression de la société civile, qui a isolé la banque dans plusieurs projets controversés comme la centrale nucléaire de Belene, en Bulgarie. BNP Paribas s’est tristement illustré récemment dans d’autres projets controversés comme le projet pétrolier et gazier de Sakhaline II en Russie et le projet d’expansion du barrage de Theun-Hinboun au Laos ».

Le respect des Principes d’Equateur est cependant loin de constituer une réponse suffisante aux enjeux sociaux et environnementaux auxquels BNP Paribas doit répondre. Sébastien Godinot, coordonnateur des campagnes aux Amis de la Terre, analyse : « Les Principes d’Equateur ne couvrent que l’activité de financement de projets, soit 1 % environ des activités de la Banque de Financement et d’Investissement. En outre, ils pêchent en matière de transparence, ne correspondent pas aux meilleures pratiques internationales, et n’offrent aujourd’hui aucun recours supplémentaire aux populations affectées par les projets financés (3). La priorité est surtout l’adoption de politiques spécifiques dans les secteurs à risque. Nous proposons depuis un an une politique sectorielle climat-énergie (où les Principes d’Equateur n’apportent rien), incluant le calcul des émissions de gaz à effet de serre induites par les activités bancaires (4). Plusieurs banques ont déjà agi en la matière, comme la Caisse d’Epargne avec l’élaboration de la méthodologie de l’étiquetage « climat » de ses produits aux particuliers. Nous invitons BNP Paribas à rejoindre cette initiative qui va s’étendre rapidement à d’autres acteurs financiers ».


(1) Rapport développement durable 2007 de BNP Paribas.

(2) D’après le dernier classement annuel des League Tables du magazine Project Finance International.

(3) Voir notamment les rapports du réseau BankTrack, dont les Amis de la Terre sont membres : « Equator Principles Re-Launched on 6 July 2006 », Juillet 2006, « Unproven Principles ; the Equator Principles at year two », Juin 2006, et « Principles, Profits or just PR ? », Juin 2004, accessibles en ligne sur la page Internet du site de BankTrack.

(4) Rapport « Banques françaises, banques fossiles ? », Les Amis de la Terre, Mars 2007.

Source : Les Amis de la terre

30.10.2008

OGM : un lourd prix à payer selon une étude universitaire

Selon une étude du Centre de recherche et d’étude en gestion (CREG) de l’Université de Pau rendue publique aujourd’hui, le développement des OGM fait peser de lourdes menaces économiques sur les filières sans OGM en France. Il ne faut par conséquent pas cultiver d’OGM en France. Greenpeace appelle au maintien de la suspension de la culture du maïs MON 810.

Au-delà des risques environnementaux, sanitaires ou des considérations éthiques, l’existence de produits agricoles OGM sur le marché français, à l’importation ou à la culture, a un coût sur les filières agricoles sans OGM : coûts de séparation, de contrôle, d’approvisionnement… Ces coûts, qui sont aujourd’hui à la charge de ceux qui veulent se préserver des OGM, n’avaient jamais été étudiés. L’évaluation du CREG, sollicitée par Greenpeace, s’est faite à partir de filières représentatives : maïs conventionnel, doux et bio pour les filières végétales, poulet Label rouge pour les filières animales, très gourmandes en soja d’importation.
Elle fait apparaître des éléments très importants :

- Les productions ayant un cahier des charges strict sur les OGM, comme le maïs bio, sont amenées à disparaître en cas de généralisation des cultures de maïs OGM ; celles qui acceptent un seuil de présence fortuite jusqu’à 0,9% pourraient survivre, mais avec de nouvelles et coûteuses contraintes.

- Les entreprises des filières non OGM craignent de disparaître si leurs efforts ne sont pas valorisés, notamment par l’étiquetage.

- Le reflux de l’expansion des cultures de soja OGM en Amérique du sud est possible en cas de pérennisation et de valorisation d’une filière brésilienne de soja non OGM à destination des marchés européens.

« En cas de généralisation des cultures d’OGM en France, jusqu’à quand et à quel prix pourra-t-on consommer sans OGM ? s’inquiète Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. Cette étude prouve pour la première fois que certaines filières sont condamnées et que d’autres devront assumer un surcoût important… C’est bien le régime du pollué payeur qui est mis en œuvre aux profits des industriels de l’agrochimie ! La préservation d’une agriculture de qualité et du droit des paysans et des consommateurs à produire et consommer sans OGM passe par l’interdiction des cultures d’OGM en France. »

L’éclairage sur les risques et les conséquences économiques de l’expansion de ces cultures apporté par cette étude devrait être pris en considération par les autorités françaises et européennes, à plus forte raison dans un pays dont la production agricole vit sur une image de terroir et de qualité.

En découlent pour Greenpeace deux recommandations :
- La clause de sauvegarde sur le maïs MON 810 doit être absolument maintenue en France.

- La valorisation par l’étiquetage des produits issus des filières animales sans OGM peut permettre de renforcer ces filières et de ralentir l’expansion des OGM dans le monde.

Source : Greenpeace

L'urgence écologique balayée par la crise financière

Ces dernières années, l'Union européenne était presque parvenue à se construire une image de premier de la classe dans le domaine de la protection de l'environnement. Face à une position inflexible des Etats-Unis et de pays en développement qui refusent toujours la moindre contrainte de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, les négociateurs européens étalaient sommet après sommet leurs bonnes intentions. Le plan d'action de l'Union, appelé « paquet climat-énergie », prévoit d'atteindre un triple objectif d'ici 2020 : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20%, gagner 20% d'efficacité énergétique et faire passer la part des renouvelables à 20% de la consommation totale. Applaudie par les médias, cette apparente conversion à l'écologie constituait un véritable tour de force : celui de masquer aux yeux du grand public la liste interminable des choix politiques de l'Union européenne contribuant à détruire la planète, qu'il s'agisse d'agriculture, de transport ou de commerce1. Elle possédait par ailleurs l'immense avantage de redorer à peu de frais son blason. Le Président de la Commission en personne avouait en mars 2007 qu'il était possible ainsi de « réconcilier l'Europe avec les nouvelles générations qui parfois ne se reconnaissent pas dans notre action »2. Autrement dit, nous étions les témoins d'un « green washing » digne des meilleures multinationales.


Mais, en dépit de ses atouts, cette imposture écologique a fait long feu. Il aura suffit que le système financier international tremble sur ses fondations pour que le climat redevienne le cadet des soucis de nos dirigeants européens. Même l'Allemagne, pays « vert » par excellence dans l'imaginaire collectif, préfère sauver la compétitivité de ses entreprises plutôt que réduire son empreinte écologique. Dès la fin septembre, Angela Merkel annonçait qu'elle ne cautionnerait pas « la destruction d’emplois allemands du fait d’une politique inappropriée sur le climat ». On appréciera que le programme de lutte contre le changement climatique soit d'un coup relégué au rang de « politique inappropriée » sous l'effet de la crise financière... Les polonais ont commencé par considéré qu'il n'y avait plus d'urgence à conclure un accord sur le paquet climat-énergie, avant de hausser le ton et de menacer d'opposer leur véto à ce plan. Ce chantage est particulièrement gênant, puisque la Pologne est le pays d'accueil du prochain sommet de l'ONU sur le climat, qui aura lieu en décembre à Poznan, et qui est censé permettre d'aboutir à un accord post-Kyoto dès la fin 2009. A la veille de la réunion des ministres de l'environnement des 20 et 21 octobre, les dernières discussions s'orientaient, sous la pression de l'Italie et des pays de l'Est, vers l'ajout d'une clause de révision permettant de revenir sur le paquet climat-énergie dès la fin 2009, et vers un vote à l'unanimité pour finaliser la position européenne. Des changements de nature à vider la proposition initiale du peu de substance qu'elle possédait, voire à l'enterrer si la « compétitivité européenne sur le marché mondial » se trouve menacée. Quant aux Etats qui demeurent plutôt discrets, il suffit d'observer l'actualité pour comprendre où se situent leurs vraies priorités.

 

1 Lire « En finir avec l'eurolibéralisme », sous la direction de Bernard Cassen, éd. Mille-et-une-Nuits

2 Le plan d'action de la Commission européenne, 13 mars 2007, http://www.touteleurope.fr

Auteur : Aurélien Bernier

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