Avertir le modérateur

26/02/2009

Marsac : « Au Petit Colibri », écologique, économique... la ferme de demain ?

Depuis 2005, Richard Wallner se bat contre l’administration locale pour faire vivre son projet d’ECOLIEU, « Au Petit Colibri » où se pratique l’agriculture naturelle au sein d’une conception permaculturelle du site. Aujourd’hui Richard Wallner fait appel à l’aide des médias afin de réaliser son rêve: créer un espace d’agriculture écologique totalement autonome et en symbiose avec l’équilibre naturel.


Du constat de notre impasse agricole, au changement écologique réaliste.

En 2000 Richard Wallner est encore ingénieur en microélectronique, mais alors que son métier est pourtant passionnant il aspire à davantage de sens professionnellement et d’utilité pour la planète. Par ailleurs la vie parisienne avec son lot d’absurdités, lui parait refléter une société qui n’est malheureusement pas assez tournée vers l’humain.

C’est pourquoi l’épisode de la vache folle qui engendre doute et suspicion envers ceux qui nous nourrissent depuis des millénaires accélère son engagement, et en 2003 alors qu’il apprend à jardiner dans un stage de l’association « Terre et Humanisme » de Pierre Rabhi, Richard Wallner est définitivement convaincu des erreurs de l’industrie agroalimentaire qui « nous font manger des horreurs chimiques [...] dans des conditions de surexploitation à la fois de l’homme et de la nature ».

Sa découverte de l’écologie apporte par ailleurs à Richard Wallner la conviction qu’un changement durable est possible, et sera profitable à l’homme et à son environnement grâce aux nombreuses innovations développées par cet univers.

« Au petit Colibri » la naissance d’un écosite grâce aux techniques de conception permaculturelle et à celles de l’agriculture naturelle.

Installé à Angoulême depuis 2003, Richard Wallner s’intéresse alors à un projet agricole et fait connaissance avec la conception permaculturelle et l’agriculture naturelle, dont les techniques permettent d’allier une production viable et économe en énergie dans le respect des êtres vivants.

Il se lance en conséquence dans la recherche d’un grand terrain qu’il finit par trouver à Marsac (prés d’Angoulême). Ce terrain agricole en bio depuis dix ans sera acquis non sans difficultés à l’été 2005.

Afin de mieux se préparer à la gestion économique d’une ferme et de mieux comprendre le monde agricole Richard Wallner passe un BTS agricole en 2005-2006. Pendant ce temps son écolieu commence à prendre forme et les étapes s’enchaînent dans un esprit d’écoute de la nature, et d’entraide entre les êtres. Zonage du terrain, constructions contre l’érosion, pour la captation des rayons du soleil, et la stimulation de la biodiversité, créer un écosytème pérenne demande beaucoup de préparation. La première plantation de légumes a lieu au printemps 2006 et leur vente en août de la même année.

Une ferme durable d’un point de vue économique, écologique, et humain.


La ferme de Richard Wallner est d’abord l’émanation d’une vision locale et humaine de l’agriculture ayant pour modèle économique la vente de proximité et une production répondant aux besoins diversifiés des consommateurs. Mais elle est aussi en cohérence avec une vision globale de l’écologie qui permet l’harmonie entre production agricole, bâti, gestion de l’eau, de l’énergie et du milieu sauvage.
Par conséquent ce projet s’appuie sur une démarche scientifique rigoureuse, et l’intégration des dernières recherches concernant les sciences du vivant (comme la microbiologie des sols) et les techniques s’y associant.
C’est également un projet d’avenir pour notre pays sachant que la construction d’un million de fermes de ce type pourraient nourrir peu ou prou l’ensemble des foyers français (hors viande) tout en créant un à trois millions d’emplois ET de logements nouveaux.

Des soutiens institutionnels malgré l’opposition du maire du village.

Richard Wallner rencontre une vive et tenace opposition de la part du maire de Marsac, Mr Jean–Marie Acquier qui bloque le projet dans le cadre de son pouvoir de décision sur le plan local d’urbanisme.

Par ailleurs Mr le Maire lui-même cultivateur et éleveur avait aussi souhaité acheter les terres mais le propriétaire avait choisi le projet d’agriculture naturelle de Richard Wallner. Le Maire définit ce nouveau fermier comme un « agriculteur du dimanche » (Documentaire M-A Deprat 2008) qui « n’a même pas de tracteur » (Charente Libre 9 octobre 2007).

Profitant d’une procédure de modification du plan local d’urbanisme (PLU) il a fait passé la zone agricole de Mr Wallner en zone naturelle, lui interdisant toute construction. Sans construction, il ne peut pas concrétiser son projet, ni en vivre. Par ailleurs plusieurs organismes officiels comme la chambre d’agriculture ont estimé que le classement du site en zone naturelle n’était pas fondé et que le PLU était entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.

Source : Au petit Colibri

Commentaires

Bonjour,

Je suis l'animateur du blog du Comité de soutien à la ferme bio de Sainte-Marthe, créée par Philippe Desbrosses.
J'ai évidemment mis un lien vers votre article et le site du Petit Colibri.

Avec tout notre soutien au Petit Colibri.
Bravo pour votre blog.

Écrit par : Eric | 01/03/2009

Bonjour,
je suis Richard Wallner, concepteur et agriculteur de la ferme Au Petit Colibri.

Des nouvelles : Les VERTS m'apportent leur soutien lors d'une visite médiatique de la ferme par leur secrétaire national, Cécile Duflot : Voir le reportage vidéo et les réactions dans la presse : http://aupetitcolibri.free.fr/VIDEOS/Soutien_national_des_VERTS.html

Pour m'aider, rejoignez la mobilisation sur http://aupetitcolibri.free.fr
et, par exemple, faites circuler la vidéo "Au Petit Colibri" du réalisateur Marc-Antoine Deprat :
http://aupetitcolibri.free.fr/NOUS_AIDER/Film1_Defense_Colibri.html

Merci à chacun de l'aide qu'il pourra apporter,
Richard

Écrit par : Richard WALLNER | 01/03/2009

On aimerait avoir accès au chiffre d'affaire, à un bilan comptable pour étayer "Une ferme durable d’un point de vue économique, écologique, et humain."
Pour le moment on sait qu'il y'a eu beaucoup de bénévolat, d'amis et la participation de la famille, peut-on reproduire à l'infini ce qui parait plutôt anecdotique?

Écrit par : rageous | 07/04/2009

Bonjour,
je réponds à la demande de rageous.

Tu demandes des chiffres.
Malgré l'opposition du maire qui interdit toute construction depuis mon installation en 2005 - et par conséquent tout avenir à la ferme - j'ai tenu à expérimenter les techniques de culture et à essayer d'en vivre.

Tant bien que mal, acceptant de vivre le défi d'assumer à la fois ma défense et la poursuite seul d'un projet initialement collectif, j'ai cultivé et vendu mes légumes, fraises, oeufs et plantes aromatiques pendant deux années - dans des conditions de stress que tu peux imaginer je pense.

Pendant ce temps, vergers, haies, ... ont été plantés et il est vrai - et je le reconnais sans aucune honte - aidé par des amis.

Comme tu le comprends peut-être mieux maintenant, il est pour le moment impossible de valider la ferme globalement telle qu'elle a été planifiée, faute de pouvoir en faire véritablement l'expérience. Or il est nécessaire de la construire en totalité pour réunir les conditions de sa viabilité à la fois économique, humaine et environnementale.

Toutefois, l'expérience des deux années de culture et les résultats récemment obtenus sur la ferme dans le développement des techniques de culture, me permettent de confirmer petit à petit la validé des objectifs poursuivis en termes économiques, humains et environnementaux.

Cela est bien sûr insuffisant et il est bien sûr dans mes intentions de fournir plus sérieusement les moyens de juger de la valeur de cette expérience, et cela en priorité pour moi-même.

Comme tu le sais les cycles en agriculture sont longs. Que ce soit la pousse d'un arbre, ou l'adaptation d'une graine à son environnement ou encore l'obtention d'une nouvelle variété, etc. l'échelle de temps agricole est au minimum de 10 ans.

Aussi, et afin de poursuivre le sérieux de la démarche même si elle est expérimentale, il me faut accepter, et je demande à chacun de le considérer aussi, qu'une telle expérimentation ne puisse être définitivement validée qu'au bout de 10 ans - premier niveau d'appréciation pour de nombreuses plantes pérennes - puis 20 ans, 50 ans, etc.

Toutefois, au vue des résultats déjà acquis sur les premières années et au vue des résultats acquis chez les autres sur près de 30 années de culture (Holzer-Autriche*, Fukuoka-Japon, Franck-Allemagne) et plus récemment en France (Hazelip-France, Lespinasse-France),

il me semble permis, et je me permets, d'extrapoler tout en reconnaissant qu'il est nécessaire de valider l'expérimentation afin, et je te rejoins tout à fait, de ne pas se leurrer.

Pour l'heure, au 27 avril 2009, le maire vient de rejeter en bloc la dernière tentative de négociation. Il ne reste plus que le tribunal.

Pour autant je continue de croire sincèrement, et d'étayer petit à petit par l'expérience, que la ferme au petit colibri peut être viable économiquement, humainement et du point de vue de notre environnement.

Je ne peux te proposer plus pour le moment, si ce n'est les chiffres de l'étude économique prévisionnelle (bien sûr approximative) que j'ai réalisée avant de me lancer et que je modifie régulièrement au vue de la réalité.

Tu évoques aussi "l'anecdotique non reproductible".

Bien que le projet de ferme Au Petit Colibri soit bien sûr de développer des solutions que l'on espère valables pour d'autres, il serait cependant un leurre d'imaginer que ce modèle de ferme - avec tout ce que cela implique d'un point de vue agricole, économique, humain et écologique - soit viable pour tout le monde et dans toutes les situations.

Bien plus que d'être prétentieux, cela serait idiot car les situations sont diverses.

Cependant, bien loin de penser que tout le monde est idiot et que cette idiotie nécessiterait de trouver des solutions reproductibles par tous et partout, je considère que l'être-humain est capable d'une créativité et d'une compréhension telles qu'il lui est possible de tirer grandement profit des expériences des autres pour réussir les siennes, bien que les conditions d'exercices puissent être éloignées.

Ainsi je me suis permis de reprendre avec joie les travaux de Masanobu FUKUOKA, comme l'ont fait avant moi Emilia HAZELIP et plus récemment Jean-Marie LESPINASSE (chercheur INRA), alors que les conditions climatiques et culturelles du Japon de Mr FUKUOKA sont bien différentes de celles que je rencontre.

Ainsi je n'adhère absolument pas au courant actuel, soit disant scientifique, qui force toute âme qui vive sur terre à se plier à la sainte standardisation des uses et coutumes.

N'attendons plus les autres pour chercher des solutions par nous-mêmes, là où nous nous trouvons - reproductibles ou non. Cela n'est en aucun cas un frein au partage de nos trouvailles et à l'enrichissement des autres même de ceux qui vivent et expérimentent d'autres voies éloignées de la notre.

A coup sûr nous nous enrichissons et nous arrêtons de persécuter celui qui ne fait pas du reproductible...
Le supplice de la standartisation est terminé, vous pouvez enfin être vous-mêmes, sans que le monde ne sombre dans le chao.

Bonne expérimentation à chacun.
Tenez moi au courant de vos résultats !

Richard
http://aupetitcolibri.free.fr

*Holzer-Autriche : http://aupetitcolibri.free.fr/Permaculture/Permaculture.html

Écrit par : Richard Wallner | 27/04/2009

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu