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06/04/2009

Les associations de protection de la nature du bassin Rhône-Méditerranée se prononcent sur la politique de l’eau

A la crise économique et sociale, n'ajoutons pas la crise écologique de l’eau. La Journée Mondiale de l’Eau du 22 mars 2009 sera l’occasion de rappeler l’importance de la gestion durable de l’eau en donnant la priorité à la prévention des pollutions et à l’économie de la ressource en eau.


Fin 2009, le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Rhône-Méditerranée sera adopté pour la période 2010-2015. Au-delà du domaine de l’eau, le SDAGE encadrera la plupart des politiques de développement à toutes les échelles du bassin. Projet de territoire, le SDAGE est également un élément important du projet européen en tant que réponse du bassin à la Directive Cadre Européenne sur l’eau.

Un SDAGE ambitieux doit respecter les trois priorités suivantes : la prévision, la prévention et le traitement à la source. Désormais, aucune action, aucun aménagement, aucun projet ne devrait être mené sans en prévoir les conséquences ultérieures. Le temps des politiques à courte vue doit être révolu ! En continuant les politiques actuelles, moins de 30% des eaux seront en bon état en 2015.

A ceux qui s’interrogent sur les coûts de mise en œuvre de ce SDAGE, nous répondons qu’il vaudrait bien mieux qu’ils s’inquiètent des coûts et des conséquences de l’inaction ! La prévention des pollutions coûte moins cher que leur traitement a posteriori, et les économies d’eau sont moins onéreuses que la création de nouvelles ressources (forages, pompages, retenues…). L’avènement de nouveaux procédés industriels ou de filières agricoles, la promotion de nouveaux modes de transports ou d’habitat doivent avoir comme objectif premier la réduction des pollutions et des impacts à la source.

Les résultats de la consultation auprès du grand public montrent que si 93% de la population du bassin adhèrent aux mesures préconisées dans ce projet de SDAGE, 45% estiment que les objectifs ne sont pas assez élevés.

C’est pourquoi, face à ces enjeux décisifs et aux attentes du public, le SDAGE ne peut qu’être ambitieux et doit :
- Conduire au respect des textes de loi.
- Accompagner la nécessaire réorientation de notre agriculture vers moins d’intrants et moins d’impacts sur le milieu naturel, et vers l’agriculture biologique (avec un objectif minimum de 6% de la SAU en 2012).
- Servir de référence préalable et respectée, à toute action de prospective notamment en matière d’aménagement du territoire où la prise en compte du changement climatique et des nouveaux risques (crues et sécheresses) doit être systématisée.
- Promouvoir les économies d’eau.
- Poursuivre la réduction des pollutions classiques (rattraper le retard de 15 ans de la France face aux obligations européennes) et s’attaquer aux toxiques et aux pollutions émergeantes (micropolluants, perturbateurs endocriniens, polluants organiques persistants…).
- Garantir une eau potable de qualité, pour tous et à un coût acceptable.
- Stopper définitivement la dégradation physique des cours d’eau que de nouveaux aménagements accentuent (barrages, retenues d’eau, digues, …) et engager leur restauration notamment par la suppression des ouvrages hydrauliques inutiles.
- N’accepter tout nouvel aménagement (par exemple hydroélectrique ou de navigation fluviale) que s’il ne compromet en rien l’atteinte du bon état des eaux, et préférer chaque fois l’optimisation de l’existant ou la rationalisation des demandes (par exemple par l’internalisation des coûts).
- Préserver la biodiversité en respectant les corridors de la trame verte et bleue du Grenelle de l’environnement, et en mettant un terme à la dégradation des lagunes et étangs méditerranéens, des zones humides, du chevelu des petits cours d’eau de « tête de bassin », qui en constituent la meilleure garantie.
- Promouvoir la mise en place des SAGE sur tout le territoire (seulement 31 SAGEs couvrant à peine 20% du territoire sur le bassin !) pour permettre la concertation locale et la mise en application sur les territoires du SDAGE.
- Maîtriser le risque « inondation » en préservant les zones humides et les espaces de mobilité des rivières dans les documents d’urbanisme, et en disséminant la culture du risque.

Nous décidons aujourd’hui de l’environnement que nous léguerons demain à nos enfants. Limiter notre impact sur le milieu naturel et sur la Terre entière n’est plus souhaitable, c’est simplement indispensable et vital ! La Journée Mondiale de l’Eau, qui met en avant cette année les eaux transfrontalières, est là pour nous rappeler que l’eau, nécessaire à notre société, est l’affaire de tous. Le SDAGE en est une des pièces du puzzle.

Source : FRAPNA

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