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29/07/2009

Augmentation du prix de l'électricité : la première d'une très longue série

- Le piège nucléaire se referme sur EDF qui est au bord du gouffre

- Les français vont payer très cher les investissements insensés d'EDF dans le nucléaire, depuis 40 ans en France et récemment à l'étranger


Communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire

Le 8 juillet, par la voix de son PDG Pierre Gadonneix, EDF demandait une augmentation de 20% du prix de l'électricité. Aujourd'hui, il est question d'une hausse de près de 2% pour les ménages, et de 4 à 5% pour les entreprises. Loin d'être "un moindre mal", cette augmentation est de toute évidence la première d'une longue série qui, au total, va porter très haut le prix de l'électricité vendue en France.

En effet, à cause de ses investissements insensés dans le nucléaire, depuis 40 ans en France et récemment à l'étranger, EDF est menacée d'un crash industriel et financier bien plus important que celui d'Airbus en 2006. Les français vont bientôt découvrir que, contrairement à ce qui leur a été raconté depuis des décennies, le nucléaire n'est pas seulement la plus polluante des énergies, elle est aussi la plus chère. Trois dossiers principaux plombent l'avenir d'EDF :

 


1) L'état déplorable des réacteurs nucléaires français

Construire des réacteurs nucléaires est toujours une mauvaise option, même s'il n'y a pas eu d'accident nucléaire et même sans évoquer la question (pourtant cruciale) des déchets radioactifs. En effet, les "nouveaux réacteurs" deviennent forcément un jour de vieux réacteurs, encore plus dangereux que lors de leur mise en service et qui coûtent chaque année de plus en plus cher. Après avoir mangé son pain blanc, et avoir évité par chance une catastrophe nucléaire comme au Blayais en décembre 1999 (1), la France atomique entre désormais dans une période qui s'annonce très sombre.

Alors qu'il est question ici où la de prolonger le fonctionnement des réacteurs EDF au delà de 40 ans, c'est en réalité la prolongation au delà de 30 ans que EDF tente déjà d'obtenir. Or, les réacteurs nucléaires français sont très dégradés et les cuves, dans lesquelles a lieu la réaction nucléaire, donnent d'inquiétants signes de fatigue. Le taux de disponibilité du parc nucléaire est tombé en 2008 en dessous de 80% (2) et, selon certaines sources, serait même en dessous de 75%.

La rénovation de ces réacteurs va coûter de lourdes sommes (400 millions d'euros par réacteur selon EDF) sans pour autant réduire le risque d'accident et assurer un fonctionnement rentable. Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", il faut au contraire fermer définitivement les réacteurs qui arrivent à 30 ans d'âge et investir dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables (cf http://www.fermons-fessenheim.org ).


2) Les déboires du réacteur nucléaire EPR

Le chantier EPR de Finlande, dirigé tant bien que mal par Areva depuis fin 2005, compte aux dernières nouvelles 38 mois de retard (3) et au moins 2,5 milliards d'euros de surcoût... que les Finlandais entendent bien facturer aux Français (4). Sur le chantier de l'EPR de Flamanville, EDF suit la même voie : commencé fin 2007, le chantier accumule les déconvenues et compte déjà près d'un milliard d'euros de surcoût et un an de retard (5). Qui plus est, comme l'a montré le chantier finlandais, les problèmes se multiplient et le retard s'aggrave au fil du temps.

Qui plus est, l'autorité de sûreté britannique a récemment détecté (6) un défaut majeur dans la "sûreté" de l'EPR, défaut qui avait totalement échappé à l'autorité de sûreté française (qui a donc une nouvelle fois démontré son incompétence). Comme, par ailleurs, l'EPR n'est pas conçu pour résister à un crash d'avion de ligne, c'est toute la stratégie internationale d'EDF, mais aussi d'Areva, qui risque bien de s'effondrer (voir partie 3)

D'ailleurs, le réacteur EPR n'est pas certifié par l'autorité de sûreté nucléaire des USA, la NRC. Le processus de certification est en cours jusqu'en juin 2012 (7), et le verdict final pourrait bien être négatif pour l'EPR. Le Réseau "Sortir du nucléaire" s'apprête d'ailleurs à saisir la NRC pour qu'elle prenne en compte le fameux document "Confidentiel défense" qui reconnaît la vulnérabilité de l'EPR (8). Cette affaire est d'autant plus sensible que, le 17 février dernier, la NRC a rappelé avec force que tout éventuel nouveau réacteur aux USA devrait résister à un crash d'avion de ligne (9)


3) Les investissements insensés d'EDF en Grande-Bretagne et aux USA

EDF a récemment racheté British Energy au prix fort, environ 15 milliards d'euros, alors que la valeur de l'entreprise britannique s'est depuis effondrée avec la crise financière mondiale. EDF a aussi racheté, pour 5 milliards d'euros, 50% des activités nucléaires de l'électricien américain Constellation. Ces investissements ruineux sont faits dans le but de construire des EPR dans ces deux pays, stratégie qui se heurte à deux graves difficultés.
D'abord, nous l'avons vu, la "sûreté" de l'EPR est fortement remise en cause et la construction de l'EPR en Grande-Bretagne et aux USA pourrait bien être interdite.  De plus, même si l'EPR est autorisé, c'est EDF qui doit payer elle-même les EPR qu'elle entend construire. EDF vient d'ailleurs de mendier (10) des aides publiques au gouvernement britannique qui a pourtant annoncé très clairement, à plusieurs reprises, qu'il n'y aurait pas une livre de subvention. Comment une entreprise ruinée peut-elle financer des réacteurs EPR (que, par ailleurs, elle n'arrive même pas à construire) ?
Notons enfin que EDF se retrouve propriétaire de vieux réacteurs britanniques de plus en plus souvent en panne, susceptibles de causer des accidents graves, et dans tous les cas à la rentabilité improbable (11).


Conclusion : au bord de la faillite, EDF veut de fortes augmentation du prix de l'électricité

EDF est donc très sévèrement endettée et son avenir apparaît très sombre. En quelques mois, son action à la bourse de Paris est passée de 87 à 33 euros (-62%). Les nuages s'accumulent et EDF espère s'en sortir avec de fortes augmentations du prix de l'électricité.
EDF et Areva étant des entreprises détenues par l'Etat, ce sont hélas les citoyens français qui vont payer, chèrement, pour la faute historique que constitue la politique nucléaire de l'Etat français. En plus des problèmes évoqués ci-dessus, il faudra tôt ou tard dépenser des sommes incommensurables pour le démantèlement des installations nucléaires et pour les déchets radioactifs.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande l'arrêt immédiat des investissements dans le nucléaire, et un audit général d'EDF (mais aussi d'Areva) pour faire la vérité sur les comptes de l'entreprise et sur le coût réel du nucléaire.


Source : Réseau Sortir du Nucléaire

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