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15/08/2009

Irrigation: la Confédération paysanne dit « NON » à la mauvaise foi !

L'eau est rare en période estivale et le maïs pousse l'été ! Poitou-Charentes n'est pas en zone tropicale, ça tombe mal ! Mais, il n'y a pas là de fatalité que l'on devrait retrouver chaque été avec les bras ballants et des discours ridicules.

Chaque nouveau Préfet semble découvrir le problème, abreuvé qu'il est de belles paroles, promesses et démonstrations fallacieuses des notables agricoles en place. Le sujet génère des flots de discours; les préfets passent et les cours d'eau trépassent, le problème s'aggrave.


Plus on tergiverse, plus les solutions seront douloureuses à mettre en œuvre. L'irrigation est utile à quelques productions, si nous n'arrosions que ces cultures-là, nous n'aurions pas de problème de ressources. En Poitou-Charentes, l'eau utilisée vient surtout des nappes contrairement à des allusions qui laissent croire que c'est de l'eau qui va à la mer et qui de ce fait serait « perdue », ce qui constitue une double erreur d'appréciation.

Une Directive européenne d'octobre 2000 oblige les États à « la reconquête du bon état écologique de l'ensemble des masses d'eau », nappes et rivières, d'ici 2015 ; nous sommes en 2009 et rien n'a été fait dans la bonne direction.

Non, les responsables ne sont pas des « paysans », ce sont une minorité d'agri-managers grassement subventionnés qui se moquent totalement du « pays », des rivières et de la campagne.

Tout ceci est encadré par les Chambres d'agriculture, gouvernées en Poitou-Charentes par des irrigants, alors qu'à peine 10% des terres agricoles sont irriguées, avec la complicité d'élus politiques ayant voté une loi sur l'eau en 2006 qui préserve les privilèges de la monoculture du maïs. Économiquement ces producteurs sont incapables de créer de la valeur ajoutée, il leur faut l'argent des contribuables et celle des consommateurs d'eau potable qui payent des redevances quand les associations d'irrigants les empochent.

Les Agences de l'eau et le Conseil Général financent les irrigants pour leur permettre de communiquer sur leurs pratiques ; communiquer plutôt que préserver, tromper juste pour conserver encore leurs privilèges !

L’irrigation reçoit des subventions depuis 35 ans, des aides spécifiques (200 euros/ha) depuis 1992 pour chaque hectare de maïs irrigué, et des financements pour des réserves d'eau (bassines) qui ne servent à rien (et qui fuient parfois dangereusement), mais que la collectivité paye très cher.

Les responsables sont connus, mais la plupart des paysans subissent l'effet désastreux de ces pratiques venant d'individus qui ne connaissent rien des savoir-faire d'agriculteurs.

L'irrigation n'est pas indispensable à la culture du maïs : les deux-tiers du maïs français n'est pas irrigué. Le problème vient de la monoculture de maïs dans des terres où il n'est pas naturellement adapté. De plus les nitrates dans l'eau de Poitou-Charentes sont essentiellement dus à l'irrigation de cette même monoculture.

Défendons l'agriculture, la vraie. Retirons les subventions aux irrigants et à leurs associations. La majorité des paysans, eux, vivent de leur travail sans s 'accaparer massivement ce bien commun qu'est l'eau des milieux naturels. Par exemple, dans la Vienne, les irrigants ont le droit de prélever environ 60 millions de mètres-cubes par an, mais y en a-t-il seulement 10 millions qui créent de la richesse réelle : cultures de semences, maraîchage, horticulture, fourrage ?

La Confédération paysanne de Poitou-Charentes dénonce la voracité de quelques-uns, et défend plutôt l'image de toute une profession dont la vocation est de nourrir la population tout en entretenant le territoire. Préserver aujourd'hui notre unique lieu de vie: la Terre, pour produire maintenant et dans l'avenir !

Source : Confédération paysanne de Poitou-Charentes

 

Commentaires

Affirmer est une chose , ettayer les dires serait plus raisonnable , affirmer sans prouver relève tout simplement d'un comportement diffamatoire, d'une volonté délibéré de nuire.
Cela n'est pas surprenant de la part d'une organisation dont l'objet principal est de présenter l'agriculture par le pot d'échappement.
Pour ma part, je défie quiconque prétendrait que l'agriculture d'aujourd'hui n'est pas en lien avec le niveau de vie actuel.
La certitude de manger à sa faim est très récente au regard de l'échelle des temps humains.
Que ceux qui dénigrent nos tables aient une pensée envers le milliard de malnutris.
Une dernière confidence...je préfère ma table d'aujourd'hui à celle d'il y a 50 ans et je ne mange pas "bio"
Jean-René Gouron

Écrit par : gouron | 17/08/2009

Enfin, un discours vrai et en adéquation avec la réalité ! Aujourd'hui, il exsiste encore une poignée d'irrigants qui par leur puisement directement dans les nappes phéatiques, creuse le fond d'une riviére pour l'assécher, épuisent des sources, sans jamais être inquiétés de quoi que ce soit ! Et lorsque l'on essaye de dénoncer ces abus, l'Administration, syndicats, associations nous fons tourner en rond, pourquoi protéger ce qui aujourd'hui vont déservir toute une profession et notre écologie ? Comment peut-on en 2009 autoriser ou fermer les yeux sur un prélevement d'eau sans compteur ? Il y a-t-il un moyen de protéger encore "Notre Eau" ?

Écrit par : EcolEau | 04/11/2009

Enfin article, vrai et sans tabou ! Vous avez besoin 't'étayer les dires" ? Malheureusement nous avons des exemples en Charente d'une minorité d'irrigants, qui desservent toutes la profession ! Comment ? Avec des prélèvements dans une rivière sans compteur, avec un siffon non réglementaire, des puisages qui leur permettent d'assécher un bief et par conséquent de tuer toutes une faune aquatique ! Les arrêtés préfectoraux ne sont pas respectés, les contrôles sont inexistants, pourtant de nombreux particuliers riverains ont signalé ces abus ! Alors pourquoi cela ne bouge pas, pourquoi tout le monde (association, syndicat, préfecture) ferme les yeux sur des les abus d'une minorité qui détruisent toute nos ressources Charentaise ! Comment faire prendre conscience a ses personnes ? Aujourd'hui nous ne savons que faire, a part regarder mourir et je pèse mes mots, notre faune et flore aquatique, quels gâchis !!!!

Écrit par : EcolEau | 05/11/2009

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