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15/08/2009

Nucléaire : M Berlusconi confond énergie et électricité

- L'engagement de M. Berlusconi en faveur du nucléaire est basé sur des informations gravement erronées

- Le nucléaire est très loin de pouvoir assurer l'indépendance énergétique de la France… et donc de l'Italie


Pour justifier son engagement en faveur du nucléaire, M Berlusconi avance, dans une interview publiée ce vendredi par le quotidien de son parti Il Giornale, que la France "produit 80% de son énergie avec le nucléaire".

Il s'agit d'une très grave erreur : en réalité, l'atome représente 80% de la production française d'électricité (et non d'énergie), ce qui correspond à environ 16% de la consommation d'énergie du pays. On est donc extrêmement loin des 80% dont parle M Berlusconi.

Cette affaire est décisive car, en relançant le nucléaire en Italie, M Berlusconi prétend pouvoir couvrir à terme une grande part de l'énergie de son pays et réduire ainsi massivement sa dépendance au pétrole, au gaz et au charbon. Il apparaît que M Berlusconi a été abusé par des conseillers pronucléaires, ou alors que le Président du Conseil italien se "trompe" volontairement afin de justifier devant l'opinion italienne sa décision de relancer l'industrie nucléaire.

M Berlusconi et de façon générale tous les italiens feraient bien d'étudier les statistiques officielles concernant la facture énergétique de la France (*). Ils verraient que la supposée "indépendance énergétique" apportée par le nucléaire n'est qu'un mythe. En effet, "avec 58,7 milliards d’euros, la facture énergétique de la France s’envole en 2008. Elle s’aggrave de plus de 13 milliards (+ 29,4 %). Elle dépasse ainsi le record établi en 1981, après le second choc pétrolier".

Si la France a gagné 2,8 milliards d'euros en 2008 en exportant de l'électricité, elle a par contre dépensé la somme inouïe de 61,5 milliards d'euros pour acheter du pétrole, du gaz et du charbon. C'est la démonstration de l'échec total de l'option nucléaire : un français consomme autant de pétrole qu'un autre européen, et à peine moins de gaz. Il consomme par contre beaucoup plus d'électricité.

Qui plus est, contrairement à ce que laissent croire les discours officiels, le nucléaire lui-même coûte très cher… et va coûter encore plus cher lorsqu'il faudra payer pour le démantèlement des centrales et pour les déchets radioactifs. Par ailleurs, le combustible des centrales nucléaires, l'uranium, est importé à 100% : il est donc faux de classer le nucléaire dans la catégorie "indépendance énergétique", d'autant que la concurrence pour l'accès aux réserves d'uranium se fait de plus en plus sévère : l'Italie n'est pas sûre de pouvoir alimenter des réacteurs nucléaires si jamais elle en construit !

Au lieu de se lancer aveuglément dans l'atome, la France aurait mieux fait d'investir dans les économies d'énergie, l'efficacité énergétique, et le développement des énergies renouvelables. Cela aurait permis de réduire fortement la consommation de pétrole et de gaz… tout en se passant du nucléaire.

Il est encore temps pour l'Italie de faire des choix intelligents et de ne pas reproduire les graves erreurs commises par la France et perpétuées aujourd'hui encore par M Sarkozy, qui a d'ailleurs souvent démontré, par exemple lors de la campagne présidentielle, qu'il ne maîtrisait pas mieux ce dossier que M Berlusconi.

(*) http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/statisti...

 

Source : Réseau Sortir du Nucléaire

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