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08/01/2010

Enjeu climatique et relance autoroutière : Les incohérences du gouvernement

Les associations environnementalistes et d'usagers des transports dénoncent l'abandon des engagements du Grenelle de l'environnement en matière d'infrastructures de transports. Selon la loi Grenelle1, l'Etat devait produire un nouveau Schéma National des Infrastructures de Transport avant la fin 2009 : cet engagement ne sera pas tenu, laissant la voie libre aux lobbys et aux pouvoirs locaux pour opérer, sur le terrain, une véritable relance autoroutière.

Agir pour l'Environnement - Réseau Action Climat France - Fédération Nationale des Associations d'Usgaers des Transports - Collectif "Stop Autortoutes"


Le secteur des transports engendre en France 26% des émissions de GES. La loi Grenelle 1 (article 9) a acté une inversion de la tendance et une réduction des émissions de 20% d'ici à 2020. « Cet objectif implique une réduction de la demande de transport motorisé, une amélioration de l'efficacité énergétique des véhicules routiers et un transfert vers des modes de transport plus sobres en carbone et en énergie » rappelle Olivier Louchard, directeur du RAC-France ; « une relance de la construction autoroutière serait irresponsable et condamnerait d'avance ces ambitions ».

Afin d'engager une vraie rupture, les ONG avaient porté, lors des négociations du Grenelle, l'exigence d'un abandon des projets autoroutiers. Mais l'écriture diplomatique de l'article 10 de la Loi Grenelle 1 en permet une large interprétation dans laquelle s'engouffrent les tenants du tout-routier : « L'Etat veillera à ce que l'augmentation des capacités routières soit limitée au traitement des points de congestion, des problèmes de sécurité ou des besoins d'intérêt local, en limitant les impacts sur l'environnement ». Cette série d'exceptions aurait pu être contrebalancée par l'article 17 qui prévoit que « le Schéma National des Infrastructures de Transport, qui constitue une révision des décisions du CIAT, le Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire, de décembre 2003, [soit] élaboré en 2009, en concertation avec les parties prenantes du Grenelle ».

Force est de constater qu'en violation de la loi, le processus de concertation pour l'élaboration du SNIT, n'a pas été mené à son terme et que le projet de SNIT semble encore très loin d'être abouti ! Pendant ce temps, quasiment tous les projets autoroutiers prévus par le CIAT ont continué de progresser, au point qu'en lieu et place de l'abandon initialement réclamé par les associations, c'est bien à une relance autoroutière généralisée que nous assistons*. (voir carte des projets climaticides)

Nos associations demandent donc au gouvernement de publier l'actuel projet de SNIT et de rétablir le processus de concertation inscrit dans la loi. Elles estiment par ailleurs que de nombreux projets d'infrastructures ne répondent qu'aux intérêts des lobbys de la route : leur maintien serait incompréhensible.

« Les grands travaux routiers sont contre-productifs : plus on en fait, plus il faut en faire car ils induisent du trafic ; il faut concentrer l'effort financier sur les transports collectifs urbains et le rail » rappelle Jean Sivardière, président de la FNAUT. « Les mythes du désenclavement et du développement économique ont vécu ; il faut leur opposer les réalités des destructions environnementales et du dérèglement climatique » martèle Julien Milanesi, porte-parole du collectif Stop Autoroutes. « Il faut en finir avec la schizophrénie de cette gouvernance qui se drape de beaux discours écologiques à Copenhague et poursuit des politiques climaticides sur le terrain » conclut Yannick Vicaire, d'Agir pour l'environnement.

Source : Agir pour l'environnement

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