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18/01/2010

EDF - AREVA : Scène de ménage à propos des poubelles dans le couple nucléaire

Deuis ce matin Areva et EDF échangent des noms d'oiseaux par voie de presse. Le producteur et fournisseur d'électricité reproche à son principal partenaire de ne plus alimenter ses centrales et à l'inverse Areva dément et annonce que ce sont les déchets d'EDF qui n'arrivent plus à l'usine de la Hague pour être retraités.


« Ce crêpage de chignons entre les deux géants du nucléaire met en lumière l'inextricable problème du retraitement des déchets, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne Nucléaire de Greenpeace France.
Vis-à-vis des déchets, EDF pourrait faire le choix de l'immense majorité des électriciens du monde, c'est-à-dire le stockage du combustible irradié dans leurs centrales en l'état, qui est la moins mauvaise des solutions. Il suffit simplement de le conditionner sans le retraiter. EDF y gagnerait économiquement et en matière de gestion écologique du problème. »

Un modèle français aberrant
L'industrie nucléaire française fonctionne selon un principe unique et écologiquement incohérent : le retraitement des déchets, qui est
l'activité phare d'Areva.
Quand la majorité des pays stockent leurs déchets en l'état, la France avec EDF a fait le choix du retraitement qui est un procédé très
couteux, très polluant pour l'environnement et créant des risques importants d'augmentation de la prolifération des matériaux fissiles
dans le monde.
« Cela démontre que ce choix industriel n'est pas un choix dicté par des raisons concrètes et défendables mais bien par une volonté de l'Etat  qui veut soutenir les prétendus « fleurons » de l'industrie française. » rappelle Yannick Rousselet.

Areva, un discours mensonger
De son côté  Areva justifie ce choix par le fait qu'en France le principe de retraitement est imposé par la loi.
En étudiant de près le texte (loi sur les déchets du 28 juin 2006) on s'aperçoit que la loi ne rend pas le retraitement obligatoire mais
impose aux producteurs d'énergie nucléaire de réduire le volume des déchets nucléaires. Cela peut être fait par le retraitement ou par le
conditionnement.

Le discours tenu par Areva et sa présidente Anne Lauvergon est donc mensonger.
« Dès qu'il est question des déchets, encore plus que sur le reste, l'industrie nucléaire ne dit pas la vérité,déclare Yannick Rousselet. La preuve : alors que la France interdit l'exportation de déchets nucléaires, Areva et EDF expédient  vers la Russie d'énormes quantités de déchets par voies maritimes depuis 1972. »

Ce scandale révélé au grand public par le film « Le cauchemar du nucléaire » diffusé sur Arte en octobre 2009 avait choqué la France entière et Greenpeace est déjà intervenue pour demander un moratoire sur ces exportations. Le ministre, Jean-Louis Boorlo, fait la sourde
oreille. Areva et EDF continuent leur sale business en toute impunité.

Une bataille de plus jeudi prochain Jeudi prochain se déroulera à la cour d'appel de Caen, une nouvelle étape du conflit juridique qui oppose Greenpeace et Areva depuis plusieurs années. L'association a attaqué l'industriel pour importation et stockage illégal de déchets nucléaires étrangers sur le sol français.
En l'occurrence il s'agit de déchets d'origine hollandaise appartenant à l'électricien TVO. Bien qu'Areva ait tenté d'utiliser tous les artifices juridiques possibles et imaginables pour tenter d'entraver la justice, le dossier va bien être traité par le tribunal. Cette attaque juridique contre Areva fait suite à une précédente victoire emportée par Greenpace en 2005 où l'industriel français avait été condamné pour l'importation de déchets australiens.

Source : Greenpeace

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