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18/01/2010

Nanotechnologies : les Amis de la Terre se retirent du débat « public »

A mi-parcours, le débat public sur les nanotechnologies s'enlise dans des rencontres d'experts partisans et peine à aborder les enjeux globaux, les risques et les finalités des « nanotechs » avec les citoyens. Très critiques sur l'organisation du débat,  les Amis de la Terre ont décidé d'y participer pour faire connaître leur opposition au développement des nanotechnologies et faire entendre leur demande de moratoire. Cependant, les conditions d'un débat public n'étant plus réunies, les Amis de la Terre ne participeront plus à ces réunions qui n'ont plus de « publiques » que le nom.


Lors de l'ouverture du débat public, les Amis de la Terre ont mis en garde les organisateurs sur le fait qu'avant de débattre des conditions de développement des produits contenant des nanoparticules, il était indispensable que tous les problèmes sanitaires, sociaux, environnementaux et éthiques que posent ces produits, soient traités, car ce débat mal posé ne pouvait qu'engendrer des blocages et des oppositions.

L'association écologiste a tout de même saisi l'opportunité de ces premières rencontres pour faire entendre sa voix et montrer qu'une autre analyse est possible et que d'autres solutions existent.

Les réunions publiques organisées par thème dans différentes villes, orientent les débats dans un rôle de faire valoir des activités locales sur les nanotechnologies et occultent la vision des enjeux globaux et des finalités qu'elles posent ; il est alors difficile de les aborder clairement avec les citoyens participant à ces rencontres. L'information sur la tenue de ces réunions a souffert du manque de moyens nécessaires pour mobiliser et contribuer à la participation d'un large public. Le cumul de toutes ces tentatives pour encadrer, circonscrire, orienter, ficeler ce débat ont conduit à la disqualification de la démarche.

Pour Claude Bascompte, Président des Amis de la Terre : « A partir du moment où les questions de l'intérêt et de l'utilité sociale des nanotechnologies ne peuvent être abordés, le débat ne peut que tourner court. Les initiateurs de ce débat portent la responsabilité totale de cet échec. »

Après plusieurs réunions publiques houleuses, l'annulation des réunions de Lille et de Grenoble, et un début de réunion perturbé à Rennes le 7 janvier dernier, les organisateurs ont décidé de se retrancher dans un débat public « virtuel ». La représentante des Amis de la Terre a alors quitté la réunion. Les Amis de la Terre regrettent que leur présence seule ait pu être utilisée par les organisateurs du débat public comme moyen de légitimer le débat face à ses opposants.

Un débat public sans public est un simulacre de débat. Ces rencontres resteront donc des débats d'experts qui veulent faire prévaloir leur point de vue, vision partisane qui aux yeux des citoyens n'a aucune justification, ni légitimité pour représenter l'intérêt général.

 

Source : Les Amis de la Terre

 

 

Commentaires

A l'heure où nous sortons de près de 3 mois d'un véritable délire sur le thème du "Débat" - pour illustrer concrètement l'inflation médiatique que nous venons vivre autour de ce mot, voici une petite comparaison chiffrée:

- pour les 83 jours qui nous séparent de la date de lancement du "Débat sur l'Identité Nationale" (du 28-10-2009 à aujourd'hui), une requête dans Google sur le mot "Débat", fait apparaître un résultat de 40 900 000 pages en français.

- avec la même requête, pour une durée équivalente précédant l'annonce de ce Débat (83 jours, soit du 06-08 au 27-10-2009), combien de pages de résultat obtenait-on ?

- eh bien, seulement 1 990 000 pages ! Soit + de 20 FOIS MOINS !!! -,

donc, à l'heure où nous en sortons (enfin ?), j'ai trouvé sur Pnyx une question-sondage qui me semble très pertinente, interrogeant sur l'utilité de ces initiatives publiques de Débats, Etats Généraux et Forums.

La participation et la consultation des citoyens semblent devenir un véritable mode de gouvernance, mais ces débats contribuent-t'ils réellement à la décision politique ? La structure même des débats - modalités d'intervention, grilles thématiques "fermées", etc - permet-t'elle la contradiction ou guide-t'elle inéluctablement à des synthèses pré-établies ?

Cette démocratie participative n'a-t'elle pour objectif que la validation, le faire valoir et la médiatisation de décisions politiques qui sont prises au préalable ?

La multiplication des débats et leur enchaînement, signes apparents d'une louable dynamique d'ouverture et d'écoute des décideurs politiques, ne noient-ils pas en fait le citoyen dans un zapping superficiel ?

Au bout du compte, dans ces débats, états généraux et forums publics, notre avis compte-il ?

Pour participer et répondre à cette question sur Pnyx.com: http://www.pnyx.com/fr_fr/poll/499

Elle est illustrée par un véritable catalogue à la Prévert d'une centaine de consultations nationales sur ces dernières années. Très instructif

Écrit par : OrangeOrange | 18/01/2010

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