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09/10/2010

L'énergie nucléaire enterrée par ses déchets !

Henri Proglio, PDG d'EDF SA, a visité le 30 septembre 2010 le site pressenti pour l'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse). À cette occasion, il s'est inquiété du coût de ce projet, qui a plus que doublé en 8 ans. Estimé initialement à 15 milliards d'euros par l'Andra en 2002, il pourrait revenir finalement à 35 milliards d'euros.


Une facture exorbitante

Les associations du Réseau "Sortir du nucléaire" dénoncent depuis de nombreuses années l'impossible gestion des déchets radioactifs, véritable "talon d'Achille" du nucléaire. Cette question est enfin abordée sous l'angle économique. Alors que la France, partout dans le monde, fait la promotion d'une énergie nucléaire officiellement "propre et bon marché", la réalité pourrait bien démentir ce discours.

L'enfouissement des déchets les plus dangereux (type HMAVL*) à 500 mètres de profondeur coûterait 35 milliards d'euros à lui tout seul.

Mais il faudra y ajouter :

- le coût de l'enfouissement des déchets type FAVL, à 200 mètres de profondeur (projet en attente) **

- le coût des déchets à vie courte (types TFA et FAVC), actuellement répartis sur trois sites : Morvillers, Soulaines Dhuys et La Hague.

- le coût sanitaire des rejets permanents de radioactivité par l'industrie nucléaire

- le coût du futur démantèlement des installations nucléaires (centrales, centres de recherche, etc.)

- le coût des activités connexes telles les transports de matières radioactives

Une quarantaine d'années de production nucléaire génère des problèmes pour des centaines de milliers d'années, et des surcoûts délirants dès aujourd'hui.
Pour le réseau "Sortir du nucléaire", la filière électro-nucléaire est dans l'impasse : il faut en sortir au plus vite !



L'enfouissement social

Par ailleurs, des divergences se font jour entre l'Andra, agence publique chargée de l'enfouissement des déchets, et EDF SA (qui produit les déchets et paie leur enfouissement à hauteur de 80 %). Ce conflit ne masque-t-il pas l'impuissance technologique et le manque de certitude sur le sort de ces déchets ?

EDF SA raisonne avant tout en termes économiques et voudrait reprendre la main sur le projet de Bure. L'Andra met en avant une pseudo "sûreté" : les surcoûts seraient en partie liés au principe de "réversibilité", censé permettre de récupérer les déchets enfouis.

François-Michel Gonnot, président du conseil d'administration de l'Andra, a déclaré à l'AFP : « on ne pourra pas donner le sentiment de chercher des économies à tout prix. La sûreté conditionne l'acceptabilité de la population. (...) Il n'y aura pas de solution à la gestion des déchets s'il n'y a pas d'acceptation des populations ».

La "réversibilité" impacte peut-être financièrement la phase de construction/remplissage du site. Mais cela ne veut en aucun cas dire que l'on pourra récupérer les colis de déchets au-delà de la phase d'exploitation du site (100 ans environ). Il s'agit d'un leurre social, censé aplanir les doutes d'une société toute entière, et rendre l'enfouissement socialement acceptable, alors que c'est bien un stockage définitif qui est projeté.

Aujourd'hui des milliers de tonnes de déchets radioactifs sont déjà en attente, et le Réseau "Sortir du nucléaire" demande :

- l'arrêt de la production nucléaire dans les meilleurs délais, et un débat national sur les choix énergétiques

- une évaluation juste, complète et précise de la facture de gestion des déchets nucléaires, et de son impact sur le coût de l'électricité produite par la filière nucléaire

- l'arrêt de tout projet d'enfouissement

Source : Réseau "Sortir du nucléaire"

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