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10/09/2011

SIX MOIS APRES FUKUSHIMA...

Par Stéphen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'Environnement
 
La France doit sortir du nucléaire à la suite de la catastrophe de Fukushima. Lors du lancement du programme nucléaire hexagonal, les dirigeants de l’époque estimaient que la probabilité d’une catastrophe était de 1/100 000 000 par année et par réacteur. Après 32 ans d’expérience, 437 réacteurs en fonctionnement dans le monde, 3 accidents majeurs et 5 réacteurs ayant relâché quantités de radionucléides dans l’environnement, il s’avère que nous prenons le risque de subir une catastrophe majeure… une fois tous les 6 à 7 ans. Bien loin des probabilités établies pour les besoins de la cause nucléaire ! La seule réponse apportée par les « responsables » politiques tient en deux mots : « stress-test ». Mots magiques qui laisseraient supposer qu’une fois encore, le lobby nucléaire va tout prochainement nous inviter à croire qu’il est possible de gérer l’ingérable, prévoir l’imprévisible et surtout… accepter l’inacceptable !


La France peut sortir du nucléaire car elle a la chance de bénéficier d’une situation géographique lui permettant de faire largement appel aux énergies renouvelables dans toute leur biodiversité. Avec le second potentiel éolien et la quatrième surface boisée européenne, notre pays peut également compter sur un ensoleillement lui permettant de développer le solaire photovoltaïque et l’eau chaude solaire. Parce qu’elle part de très loin, un effort considérable est à mener. Un grand plan d’efficacité énergétique et de substitution du chauffage électrique, notamment dans le bâtiment ancien permettrait de créer 150 000 emplois durables et locaux. En matière de renouvelables et de maîtrise de l'énergie, l’Allemagne a créé, en quelques années, plus de 700 000 emplois.
Une majorité de Français-es veut sortir du nucléaire mais le corps des Mines, composé de quelques centaines d’ingénieurs, a monopolisé la question énergétique au profit du nucléaire. Sous l’influence de ce lobby, le personnel politique a fait systématiquement les mauvais choix en matière de sobriété et d’efficacité énergétique, et d’énergie renouvelable. Entre 2008 et 2009, seulement deux pays sur les 27 que compte l’Union Européenne ont vu la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité régresser.

Ces deux pays ont tous deux décidé de construire un réacteur EPR. Il s’agit de la France et de la Finlande. Selon le Comité de Liaison Energies Renouvelables, entre 1997 et 2010, la France est passée d’une part de 15% d’électricité d’origine renouvelable à 14,7% alors que notre pays devait atteindre 21%.

La France va sortir du nucléaire car l’entêtement de notre pays ne l’a pas empêché de stopper le concorde, le minitel et sans doute un jour le rafale. Après la sortie programmée du nucléaire en Allemagne, Suisse, Italie et au Japon, la France est isolée sur la scène internationale. Elle va sortir du nucléaire parce que le peuple français le souhaite très majoritairement. Selon un récent sondage, soixante-dix sept pour cent des Français souhaitent une sortie rapide ou progressive du nucléaire alors que 96% souhaitent quant à eux un développement des énergies renouvelables.

> Campagne n°33 : Nucléaire, une catastrophe hexagonale http://www.agirpourlenvironnement.org/campagnes/c33.htm

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