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15/11/2011

EPR : Hollande doit s'engager à arrêter le chantier maudit !

Communiqué > Réseau Sortir du Nucléaire

Le démenti qu'EDF a cru bon d'adresser aux médias, suite aux révélations du quotidien La Tribune ce lundi 14 novembre, ne trompe personne : l'électricien français compte enterrer au plus vite le réacteur EPR (1). Dans le même temps, François Hollande, candidat officiel du Parti Socialiste aux présidentielles de 2012, en pleines tractations avec Europe-Écologie Les Verts pour trouver un éventuel accord électoral, défend bec et ongles l'achèvement du chantier maudit de l'EPR de Flamanville. M. Hollande va-t-il persister à ressusciter ce réacteur mort-né, qui cumule les risques, les années de retard et les milliards de surcoût ?


L'avenir du nucléaire français : les contradictions criantes de M. Hollande

Le réacteur EPR ne répond pourtant à aucun besoin électrique (2) et était justifié par EDF en tant que « tête de série » annonçant le remplacement du parc nucléaire français actuel par des EPR (3). On mesure alors la contradiction criante des propos du candidat socialiste : alors qu'il affirmait début septembre qu’ « il n’était pas opportun de lancer la construction d’une vague de centrales » (4), il déclarait le 7 novembre vouloir « préserver la construction d’un EPR ». Derrière l'hypocrite promesse de « réduire la part du nucléaire de 75% à 50% » de l'électricité produite, M. Hollande semble donc bien dissimuler la volonté de construire un nouveau parc de réacteurs.

Comble de la contradiction, "François Hollande, premier secrétaire du PS en 2004, était contre l'EPR et il a mené campagne avec Ségolène Royal pour un moratoire sur cette installation" comme le rappelle Daniel Cohn-Bendit dans Libération ce mardi 15 novembre.

EDF dégoûté de l'EPR par le chantier maudit de Flamanville

Quatre années de retard, trois milliards d'euros de surcoût déjà annoncés pour un budget total déjà supérieur à 6 milliards, deux travailleurs décédés et 2156 « produits non conformes » déjà enregistrés sur le chantier (6) auront logiquement dégoûté l'électricien... Rien d'étonnant donc à ce qu'EDF fasse connaître son intention d'en finir avec cet échec industriel manifeste, par le biais de fuites dans les médias orchestrées en sous-main, puis évidemment démenties pour la forme.

En 2005, EDF exposait son planning : une phase d' « observation pendant 3 ans du fonctionnement de Flamanville 3 » devait intervenir entre fin 2012 et début 2015, avant une « décision de construire ou non une série » de réacteurs EPR (5). Avec 4 ans de retard, ce calendrier n'est bien sûr plus d'actualité, et EDF n'aura pas eu besoin d'attendre de pouvoir « observer » le fonctionnement hypothétique de ce réacteur pour abandonner l'idée de « construire une série ». Le candidat du Parti Socialiste compte-t-il ressusciter un réacteur auquel le maître d'oeuvre qui en construit le prototype ne croit plus ?

M. Hollande va-t-il persister dans son aveuglement ?

Le 12 novembre, le candidat socialiste a réaffirmé au JDD sa volonté de « poursuivre la construction de l'EPR de Flamanville, à condition que la sécurité soit respectée et les coûts maîtrisés. » (7)

M. Hollande estime-t-il que les coûts sont « maîtrisés » alors qu'ils ont déjà doublé par rapport au montant prévisionnel annoncé au départ, le chantier étant de plus loin d'être achevé ? Alors qu'en juillet 2010 le rapport Roussely, rédigé par l'ancien PDG d'EDF, estimait déjà que « la complexité de l'EPR » était « certainement un handicap pour sa réalisation et donc ses coûts » ? (8) Voilà qui ne peut qu'inquiéter les électeurs potentiels quant à la capacité de M. Hollande à gérer le budget de l'État. M. Hollande estime-t-il que la sécurité est respectée, alors que le réacteur EPR cumule les risques graves ? (9)

Vaut-il mieux perdre 3 milliards... ou bien 6, 8 ou 15 ?

Il coûte infiniment moins cher d'arrêter le chantier d'une centrale nucléaire qui n'a jamais démarré, à l'instar du réacteur nucléaire allemand de Kalkar reconverti en parc d'attractions, plutôt que d'essayer de le démanteler après que son fonctionnement l'aura rendu hautement radioactif. Le réacteur de Brennilis (70 MW), arrêté depuis 1985, est d’une puissance 10 à 20 fois inférieure à celle des réacteurs aujourd’hui en fonctionnement en France. En 2005, la Cour des Comptes déclarait que son démantèlement coûterait au moins 480 millions d'euros, soit 25 fois plus que les estimations de départ... L'EPR est déjà un échec. Ce sont déjà au moins 3 milliards qui ont été dilapidés dans ce chantier, alors qu'ils auraient pu servir à créer des milliers d'emplois dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables (10). M. Hollande pense-t-il préférable d'en perdre 6, 8 voire 15 ?

Le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle donc le candidat du Parti Socialiste à s'engager pour l'arrêt définitif du chantier de l'EPR de Flamanville et pour la sortie du nucléaire.

Pour en savoir plus, consultez le dossier consacré à l'EPR : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/EPR.html

Source : Réseau Sortir du Nucléaire

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