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26/03/2014

Les sénateurs veulent-ils la peau des grands prédateurs?

écologie,loup,actualités,environnementLa commission du développement durable a présenté fin février les conclusions du rapport d'information sur la protection et la mise en valeur du patrimoine naturel de la montagne. Surprise : les grands prédateurs ne sont pas les bienvenus... 


Au début de l'année 2013, la commission du développement durable du Sénat a confié à Hélène Masson-Maret, sénatrice UMP des Alpes maritimes, et à André Vairetto, sénateur socialiste de Savoie, la réalisation d'un rapport d'information sur la protection et la mise en valeur du patrimoine naturel de la montagne.

Communiqué de France Nature Environnement >>>

Les deux sénateurs ont procédé à de multiples auditions tout au long de l'année, et notre fédération a pu d'ailleurs s'exprimer sur sa vision de l'avenir de la montagne.

Le rapport final a été présenté le 18 février 2014. Les auteurs ont rappelé que le patrimoine naturel montagnard appartient à l'ensemble de la Nation et pas uniquement aux citoyens qui y vivent et y travaillent, que la loi Montagne du 9 janvier 1985 a permis, bien avant le Grenelle de l'environnement, de concilier protection et développement, qu'en dépit de l'impression de solidité immuable donnée par les montagnes, ce milieu est en fait fragile et tout particulièrement sensible aux effets du changement climatique.

56 propositions sont présentées portant sur 6 thèmes : l'environnement montagnard et sa biodiversité, les outils de protection de ce patrimoine naturel, l'agriculture et la forêt de montagne, la problématique de l'eau et enfin, le tourisme en montagne.

Il n'y a pas que du mauvais et de l'emporte-pièce dans ce rapport en matière de diagnostic et de propositions pour l'avenir de la montagne, mais avec deux sénateurs issus de départements où le loup est présent, la question de la présence des grands prédateurs a été abordée en suivant la ligne de la plus forte pente au lieu d'émettre des propositions plus innovantes et courageuses. C'est surtout le loup qui est dans la ligne de mire, mais les éventuelles opérations de renforcement de la population d'ours ne sont pas oubliées.

Ainsi, ils préconisent de poser enfin les conditions d'une gestion " responsable " des grands prédateurs :

  • en reclassant le loup de l'annexe 2 vers l'annexe 3 de la Convention de Berne, ce qui le ferait passer " d'espèce strictement protégée " à une " espèce protégée simple ";
  • en obligeant à une concertation approfondie préalablement à la réintroduction d'espèces menacées d'extinction (sic)en poursuivant au sein du Parlement, jusqu'à son adoption définitive, la discussion sur la création de zones de protection renforcée contre le loup ;
  • en prenant des mesures efficaces dans le cadre d'une réglementation appropriée, permettant la régulation des loups par des prélèvements suffisants en ajustant le niveau des prélèvements à la réalité démographique de la population lupine (?!), et en recourant aux sociétés de chasse et en autorisant plus largement les tirs, hors du voisinage immédiat des troupeaux et durant la saison d'hiver où il est plus facile de pister le loup.

La même démagogie a d'ailleurs animé les sénateurs lors des débats sur la future loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt. En effet, à l'issue des débats au Sénat, il a été introduit la possibilité " dès lors qu'une attaque avérée survient sur des animaux d'élevage, que celle-ci soit du fait d'un animal seul ou d'une meute " que " le préfet délivre sans délai à l’éleveur concerné une autorisation de tir de prélèvement du loup valable pour une durée de six mois sur le territoire de la commune du lieu de survenue ".

FNE rappelle que :

  • En ce qui concerne le déclassement du loup de l’annexe 2 à l’annexe 3, la convention de Berne a déjà statué à deux reprises sur cette demande qui a été fermement rejetée au motif que les dispositions dérogatoires à la stricte protection du loup permettent aux États d’intervenir par des tirs létaux sur l’espèce pour prévenir les dommages importants aux troupeaux.
  • En ce qui concerne les opérations de renforcement ou de réintroduction d’espèces en voie d’extinction, les voies légales ont toujours été strictement respectées. Depuis l’année dernière, toutes les opérations ayant une incidence sur l’environnement doivent faire l’objet d’une consultation du public. D’ailleurs, les derniers renforcements de la population d’ours à partir d’ours d’origine slovène ont fait l’objet d’une longue phase de concertation auprès de tous les acteurs concernés.
  • En ce qui concerne la mise en place de zones d’exclusion du loup, la mesure est tout simplement inapplicable et inacceptable d’abord d’un point de vue de la biologie du loup, et ensuite ingérable politiquement (quel territoire va accepter la cohabitation si d'autres en sont exonérés ?).
  • En ce qui concerne une plus grande efficacité des tirs de prélèvement en recourant aux sociétés de chasse, cette disposition est déjà prévue. En effet, les opérations de tirs de prélèvements sont conduites sous la responsabilité des agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage avec l’appui des lieutenants de louveterie et des chasseurs nommés par le préfet. En revanche, les tirs hors de la période de présence des troupeaux et pendant la saison hivernale ne sont pas possibles au regard de la réglementation qui indique que les prélèvements peuvent être réalisés à la condition de dommages importants aux troupeaux. Les troupeaux étant rentrés en bergerie, ils ne sont plus de fait soumis à la prédation du loup. Il ne peut donc y avoir de dommages importants aux troupeaux.

Notre fédération suit avec attention l'évolution du projet de loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt et œuvre à faire retirer les dispositions contraires à la protection de la biodiversité, et plus particulièrement celle portant sur le  loup.

Commentaires

les écologistes veulent ils la peau des petits éleveurs et berger?
http://leloupdanslehautdiois.blogspot.fr/

Écrit par : ouragan | 31/03/2014

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