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26/03/2008

Le chantage aux délocalisations des pollueurs en série

En dévoilant récemment les contours de son futur système d'allocation des quotas d'émission de gaz à effet de serre (GES), l'Union européenne a franchi une étape importante dans l'élaboration de sa stratégie de « lutte contre le changement climatique » pour l'après-2012, date à laquelle prendra fin le Protocole de Kyoto. Le nouveau dispositif prévoit deux aménagements principaux. Les quotas de GES, souvent qualifiés à juste titre de « droits à polluer », ne seront plus attribués par les Etats, mais par la Commission européenne, qui décidera comment les volumes se répartiront entre les différents secteurs industriels. D'autre part, ces quotas ne seront plus offerts, mais vendus aux entreprises par le biais d'enchères. Plusieurs associations environnementalistes se sont réjouies de ces évolutions, considérant qu'elles allaient dans le sens du principe pollueur-payeur. Pourtant, l'Union européenne ne fait que confirmer ici le choix d'une logique néolibérale qui prétend articuler la gestion de la crise environnementale avec la compétitivité économique, le tout sur fond de libre-échange. Et donc, de chantage aux délocalisations.

 

Au cours de la première période du marché du carbone (2005-2007), les Etats s'étaient montrés particulièrement généreux dans l'attribution des quotas aux entreprises, provoquant l'effondrement du cours de la tonne de CO2, qui cotait en décembre dernier la somme dérisoire de deux centimes d'euros. Le premier argument servi par l'Union européenne pour justifier sa réforme est qu'une affectation « harmonisée » éviterait les distorsions de concurrence, ainsi qu'un lobbying industriel intense dans chaque Etat afin d'obtenir le volume de quotas idéal. Or, il n'est pas besoin d'être expert sur ces questions pour savoir que les groupes de pression sont au moins aussi efficaces au niveau européen qu'au niveau national. Ainsi, la Table Ronde des industriels européens (ERT, pour European Round Table), qui défend les intérêts des plus grosses multinationales implantées dans l'Union, est particulièrement active sur la question des politiques climatiques. Son message est limpide : pour préserver la compétitivité des entreprises, il faut éviter absolument toute forme d'impôt, et plus globalement, toute réelle contrainte environnementale. L'Union européenne étant d'une manière générale particulièrement prompte à suivre leurs recommandations, cette décision de changer le mode d'affectation des quotas revient surtout à diminuer le poids des gouvernements, voire à simplifier le travail des groupes de pression, qui pourront se concentrer sur un interlocuteur unique.

 

A première vue, le système d'enchères apparaît lui aussi comme une évolution positive. Les entreprises devront payer leurs droits à polluer dès la première tonne, alors qu'elles ne paient aujourd'hui que les dépassements de quotas. Mais, à y regarder de près, la réalité est bien plus complexe.

Auteur : Aurélien Bernier 

Suite de l'article >>> 

25/03/2008

Nucléaire EPR: le porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire visé par la DST

En 2005, le Réseau Sortir du nucléaire révélait, d'après un document d'EDF classé "confidentiel défense", que contrairement à ce que prétendent EDF, AREVA et les autorités françaises, le futur réacteur nucléaire EPR n'est pas conçu pour résister à un crash-suicide réalisé avec un avion de ligne.

Le 16 mai 2006, sur ordre de la section antiterroriste du Parquet de Paris, la DST avait fait irruption à Bordeaux chez Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", l'avait placé en garde à vue, soumis à interrogatoire pendant 15 heures, avait perquisitionné son appartement et saisi du matériel informatique et des dizaines de documents, dont une copie du fameux document "confidentiel défense".

Stéphane Lhomme a été convoqué mardi 25 mars 2008 par la DST et mis en garde à vue suite à cette convocation dès 14H00. José Bové et une cinquantaine de personnes ont participé mardi en fin de matinée à un rassemblement de soutien devant le siège de la DST à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Source : réseau Sortir du Nucléaire

24/03/2008

Un nouveau site pour combattre Monsanto !

Implantée dans quarante-six pays, Monsanto est devenue le leader mondial des OGM, mais aussi l’une des entreprises les plus controversées de l’histoire industrielle.


Les associations Greenpeace, Fondation Sciences Citoyennes, Inf’OGM, ATTAC, Sherpa, Les Amis de la Terre et Via Campesina (représentée par la Confédération paysanne) se sont réunies pour fonder le site « Combat Monsanto ».

Ce site  a pour vocation de relayer et de diffuser les informations révélées par l’enquête de Marie-Monique Robin. Ce site comporte trois entrées principales : "les résistances", "le système Monsanto", "les produits Monsanto".

 

>>> voir le site http://www.combat-monsanto.org/

Le monde selon Monsanto : Réponse à l'apprenti journaliste de Libération

Ecolopresse vous propose de lire la réaction de Marie-Monique Robin suite à un article paru dans libération sur son film Le monde selon Monsanto. >>> Extrait du blog de Marie-Monique Robin : http://blogs.arte.tv/LemondeselonMonsanto
 
 
"La rédaction du Libération d'aujourd'hui a été confiée  à des "étudiants de Nanterre", clin d'oeil aux événements du 22 mars 1968 qui constituèrent le prélude au "joli mai " de la même année .

Je n'épiloguerai pas sur l'intérêt d'une telle initiative, mais, dans tous les cas, il faut la prendre pour ce qu'elle est: l'occasion de donner la parole à des jeunes, issus de tous les horizons universitaires (qui n'étudient pas le journalisme) pour qu'ils donnent leur point de vue instantané sur l'actualité. L'opération a ses limites, car, bien évidemment, on ne s'improvise pas journaliste en quelques heures...

www.liberation.fr/actualite/ecrans/316874.FR.php

C'est ainsi que j'ai été contactée, hier, sur mon portable (j'aurais aimé savoir comment il avait eu mon numéro),  par un jeune inconnu, dont je découvre le nom, ce matin, dans Libération: "Christopher Chriv licence 3 histoire-géo et anthropologie".

De manière  péremptoire il a asséné:

"Je prépare un article très critique sur votre film, et Libération m'a dit de vous appeler".

Soit. J'étais alors en train de finir la rédaction urgente d'un texte pour mon prochain film, mais j'ai accepté d'accorder quelques minutes à l'inconnu.

"On reproche à votre film de ne pas avoir présenté les avantages que présentent les OGM", me dit-il.

Je lui réponds que mon "film n'est pas sur les OGM, en général, mais sur ceux que produit Monsanto, qui représentent 90% des plantes transgéniques cultivées, aujourd'hui, sur la planète" et que les "autres OGM sont des  produits virtuels, puisqu'il n'existe pas dans les champs". Et donc que "je me suis intéressée aux OGM existants, pas à ceux qui existeront peut-être un jour"...

L'argument de l'inconnu ressemblant étrangement à celui développé par l'AFIS, je lui signale que j'y ai déjà répondu longuement sur mon Blog, ce qu'il semble ignorer...

Je découvre , aujourd'hui, qu'effectivement c'était bien l'AFIS, et précisément Marcel Kuntz qui était derrière les inquiétudes de l'apprenti journaliste.

Interrogé, le scientifique, dont les liens avec Monsanto sont confirmés par la lettre du Dr. Kahn que j'ai postée hier sur mon Blog, ainsi que par une enquête d'ATTAC France, dont j'ai également parlé, ressert le même argument, concernant les "maïs monstrueux" qui inquiètent les paysans mexicains :

«Le film insinue que ces [mutations] aléatoires pourraient survenir par croisements d’une lignée transgénique de maïs avec des variétés non-transgéniques. Ce qui est faux, puisque la lignée transgénique commercialisée possède une seule insertion, qui est stable et ne saute plus aléatoirement dans le génome.» De plus, «la moitié du patrimoine génétique du maïs est formée […] d’éléments génétiques résultant d’insertions de fragments d’ADN, générés par le maïs lui-même, nommés rétro-transposons.»

Malgré la belle assurance de M. Kuntz  ce point est loin de faire l'unanimité, ainsi que je l'ai déjà expliqué dans mon blog, à propos de l'affaire Chapela.

Bien au contraire, un certain nombre de scientifiques, dont les généticien Christian Vélot (Université de Paris Sud) et Pierre-Henri Gouyon (Muséum national d'histoire naturelle) soulignent que la technique d'insertion est aléatoire (elle s'effectue avec un canon!) et qu'elle ne garantit en rien la stabilité du gène inséré dans  la génome hôte.

Mais par delà ces inquiétudes, je note l'arrogance qui sous-tend "l'argument" de M.Kuntz: les paysans mexicains, qui cultivent le maïs depuis la nuit des temps, sont des ignares et le fait qu'ils assurent n'avoir jamais vu de tels monstres dans leurs champs est absolument sans intérêt...
 
L'autre argument sur lequel s'appuie mon jeune détracteur est livré par Jean-Paul Charvet, "géographe à Paris X Nanterre", dont j'ai lu plusieurs livres fort intéressants, lorsque je réalisais mon film sur l'histoire du blé ("Blé : chronique d'une mort annoncée?", diffusé sur ARTE le 15 novembre 2005) :

«L’analyse économico-politique n’est pas mauvaise, ce que je critique en revanche, c’est que l’on met systématiquement en avant les aspects négatifs sans jamais regarder ce que les OGM peuvent apporter.» Un exemple ? «Le semis direct [avec OGM] permet d’économiser une tonne de CO2 par hectare cultivé».

En effet, la technique dite du "semis direct" est étroitement associée aux cultures roundup ready, c'est même l'un des arguments commerciaux récurrents de Monsanto, ainsi que je l'ai expliqué dans un autre film réalisé pour ARTE ( "Argentine: le soja de la faim"  (diffusé  le 18 octobre 2005), et dans mon livre (chapitre 13).

De quoi s'agit-il?
Avant d'ensemencer leurs champs, les paysans doivent les désherber ,  et donc labourer.

Depuis l'avènement des OGM dits "roundup ready" , les promoteurs des plantes transgéniques disent que ce n'est plus la peine de gaspiller du temps et de l'argent (fuel), puisqu'il suffit d'arroser les champs de roundup, puis de semer y compris dans les résidus de leur récolte antérieure.

Cet argument a séduit beaucoup d'agriculteurs, ce qui est bien normal, sauf qu'à l'usage, les bénéfices escomptés ( économie de temps, d'argent, préservation des sols ou réduction de l'émission de CO2) ont été anéantis par un phénomène constaté partout: la résistance des mauvaises herbes, qui fait basculer l'agriculteur dans un cercle vicieux
absolument dévastateur, ainsi qu'a pu le constater, notamment en Argentine, l'agronome Walter Pengue, un collègue de Michel Charvet, qui réalise depuis dix ans un suivi permanent de l'évolution des cultures roundup ready un peu partout dans le monde, et bien sûr dans son pays...

Cette  question étant capitale, j'y consacrerai un message à part, en racontant ce que j'ai vu en Argentine.

En attendant,  je n'en veux pas à Christopher Chriv (!) : son expérience d'un jour confirme que le journalisme est un métier qui suppose de travailler pour éviter de tomber dans des simplifications ou manipulations, surtout quand le sujet qu'on traite représente des enjeux économiques colossaux énormes..."
 
>>> Autres polémiques et réponses sur le blog de Marie-Monique Robin  http://blogs.arte.tv/LemondeselonMonsanto/frontUser.do?me...

 
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