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26/07/2008

Les Amis de la Terre disent non au fichier EDVIGE

Les Amis de la Terre rejoignent le collectif « Non à EDVIGE » en s’opposant catégoriquement à ce nouveau projet d’atteinte aux libertés publiques et individuelles. En tant qu’association écologiste, les Amis de la Terre estiment qu’aucun individu ne doit être fiché pour la liberté de ses choix associatifs, politiques, syndicaux ou religieux. Les Amis de la Terre demandent le retrait du décret.

Le fichier EDVIGE est issu du décret du 27 juin 2008 créant le fichier d’Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information Générale (EDVIGE) : il concerne toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées. Il vise en outre toutes les personnes (ou groupes) "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public". Les données fichées, extrêmement larges, concernent les droits et les libertés publiques et individuelles (fichage des militants), les droits des enfants (fichage des mineurs dès 13 ans, fait sans précédent) et le respect de la vie privée (vie sexuelle, état de santé, relations personnelles, comportements, déplacements, appartenance ethnique, etc.).

Le fichier EDVIGE représente une nouvelle régression des droits et des libertés publiques et individuelles. Il entérine même un principe d’anticipation des délits, basé sur de pures suppositions. Claude Bascompte, président des Amis de la Terre, analyse : « Ce fichier prépare la répression potentielle envers tout militant exerçant ses choix écologistes, syndicalistes, politiques,etc. Le gouvernement est passé outre les réserves émises par la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL), et sans aucun débat public préalable. C’est tout simplement inacceptable. »

Il ajoute : « Le Grenelle de l’Environnement affichait un principe de négociation à cinq partenaires avec notamment les associations écologistes et les syndicats. Le Président de la République s’engageait donc à les considérer officiellement comme des partenaires à part entière : aujourd’hui il les fiche. C’est une nouvelle violation grave de l’esprit du Grenelle. Lorsque les ONG acceptent de négocier, elles sont fréquentables, mais lorsque leurs militants manifestent, ils sont fichés ! »

Les Amis de la Terre demandent le retrait du décret, rejoignant en cela la Ligue des Droits de l’Homme, la CGT, le Syndicat de la Magistrature, la Confédération Nationale du Logement ou 300 autres organisations et 40 000 citoyens, une mobilisation record en quinze jours de période estivale.

Notes :
(1) Extrait du site officiel du service public ici
(2) Pétition en ligne ici

Source : Les Amis de la Terre

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La destruction intentionnelle de nichées menace la reproduction du busard cendré

Tandis que des centaines de bénévoles et d’agriculteurs se mobilisent, chaque année, pour permettre à de jeunes busards cendrés de prendre leur envol, quelques individus détruisent intentionnellement des nichées. Ainsi, le 20 juillet dernier et au début du mois, plusieurs poussins ont été tués dans le Rhône et le Jura. La LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), le Centre de soins Athénas, le GPBR (Groupe de Protection des Busards du Rhône) et le CORA (Centre Ornithologique Rhône-Alpes) dénoncent ces actes lâches et scandaleux qui mettent en péril la reproduction de cette espèce menacée !

 

Dans le Rhône, le 2 juillet dernier, six jeunes busards issus de deux nichées ont été tués intentionnellement à Saint-Maurice-de-Dargoire. Dans le Jura, une nichée de 2 busards a été détruite le 4 juillet à Saint-Aubin et une de 3 jeunes, le 20 juillet à Longwy-sous-le-Doubs. Des faits similaires s’étaient déjà produits dans ce département en 2004 et 2007.

Ces destructions intentionnelles réduisent à néant les actions de préservation menées par le bénévoles et les agriculteurs, et viennent s’ajouter aux menaces pesant sur l’espèce. Face à la dégradation de leurs habitats d’origine (friches, landes, marais), ces rapaces ont progressivement colonisé les cultures où ils nichent à même le sol.

Or, leurs poussins sont trop petits pour s’envoler avant le passage de la moissonneuse, notamment depuis que les moissons se font plus précoces.

L’action des naturalistes est donc indispensable pour sauvegarder l’espèce qui compte environ 5 000 couples nicheurs en France, soit 50 % de la population mondiale (Russie exceptée).

Depuis 30 ans (1976), des centaines de bénévoles se mobilisent chaque année, partout en France, pour permettre l’envol des jeunes busards. Ces protecteurs localisent les nids dans les champs, informent les agriculteurs et mettent en œuvre, avec l’accord de ces derniers, des actions de protection appropriées. La coopération entre naturalistes et agriculteurs est donc systématique pour protéger les nichées.

En 2007, 429 bénévoles ont effectué 5 310 journées de surveillance, permettant à 1 310 jeunes busards cendrés de prendre leur envol. Sans cette action, seule la moitié (1 336) des 2 646 jeunes observés à l’envol, aurait survécu à la moisson. Les 1 310 autres auraient été détruits par les moissonneuses.

Un programme scientifique de marquage à l’aile de ces oiseaux, mené par le CNRS en 2007 et 2008 devrait, quant à lui, permettre de connaître plus précisément l’écologie du busard cendré et d’envisager sa protection à long terme. Mais, c’était sans compter les actes de barbarie de quelques individus ! Au mépris du travail des naturalistes et de la propriété privée agricole, ils ont piétiné les récoltes et écrasé à coups de pied des poussins âgés d’à peine 20 jours qui faisaient partie de ce programme national, certains étant déjà équipés de marques alaires !

Ces destructions volontaires, heureusement rares et localisées, sont unanimement condamnées par les agriculteurs, les naturalistes et les habitants des communes.

Pour que la destruction des deux nids de Saint-Maurice-Sur-Dargoire ne reste pas impunie, le 12 juillet dernier, le Groupe de Protection des Busards du Rhône (GPBR) a porté plainte contre X auprès de la gendarmerie de Mornant et fait une déposition auprès de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) qui a dressé un procès-verbal.

 

La LPO, le Centre de soins Athénas, le GPBR et le CORA dénoncent ces actes lâches et scandaleux et espèrent qu’ils ne resteront pas impunis !

 

 

Le busard cendré : un rapace migrateur emblématique des plaines agricoles


Identification

Plus grand que le faucon crécerelle mais plus petit que la buse variable, il est le plus petit des trois espèces de busards d’Europe occidentale. Il se caractérise par son plumage gris, sa silhouette fine, légère et élégante. Son envergure peut varier de 97 à 115 cm, sa longueur de 40 à 42 cm et son poids de 295 à 345 g.

Répartition

En France, quelques centaines de couples sont présents en Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne, Lorraine, Rhône-Alpes et dans une zone allant du Massif-Central au Roussillon On trouve également de petites populations dans le Nord, le Nord-Pas-de-Calais, la Somme, l'Oise, la Manche et la Corse.

Migration

La population européenne de busard cendré hiverne en Afrique et la population asiatique, qui se situe depuis la mer Caspienne jusqu'à l'Ouest de la Sibérie, le Kazakhstan et l'Asie centrale, hiverne dans la péninsule indienne.

Statuts

Le busard cendré figure en annexe I de la Directive « Oiseaux » (n°79/409 du 6 avril 1979) et en annexe II de la Convention de Berne. En tant qu’espèce migratrice, la Convention de Bonn (82/461/CEE du Conseil, du 24 juin 1982) lui accorde un statut de protection à l'échelle mondiale. Il est également protégé par la CITES (Convention sur le Commerce International des Espèces).

Alimentation

Le busard cendré se nourrit de rongeurs et d’insectes, et occasionnellement de petits oiseaux, de batraciens et de reptiles... Il permet de limiter les populations de criquets au sud du Sahara et de campagnol des champs sur notre territoire.

Reproduction

Dans nos régions, la ponte, qui compte 3 à 5 œufs, a généralement lieu de la mi-mai à la mi-juin. Les poussins peuvent voler sur de courtes distances dès 30 jours.

Plus d’informations 

http://busards.lpo.fr/index.html

 

La surveillance des busards

L’intervention des surveillants est particulièrement complexe. Comme les busards ne construisent pas de nid et qu’ils changent chaque année de site, il faut prospecter et observer durant de longues heures avant de repérer leur lieu de nidification. Il faut ensuite contacter l’agriculteur concerné et le sensibiliser à leur protection. Pour rendre possible les actions de protection, il faut obtenir, au minimum, l’autorisation de pénétrer dans le champ. Mais la coopération peut être plus étroite : les surveillants obtiennent parfois le maintien d’un périmètre non fauché autour du nid et l’autorisation de poser un grillage pour empêcher la prédation. Cette année, grâce au soutien de la Fondation Nature et Découvertes, un cahier technique, qui leur était consacré, et un dépliant de sensibilisation des agriculteurs ont été diffusés aux acteurs de terrain. La LPO recherche chaque année des bénévoles « busards » de début mai à fin juillet, dans un grand nombre de départements en France. La surveillance est un travail difficile, nécessitant une forte motivation et une importante disponibilité.

 

L’année prochaine, si vous souhaitez participer à la protection des busards,

contactez la LPO Mission Rapaces, Tél : 01 53 58 58 38 Fax : 01 53 58 58 39

 

Source : LPO

Loi sur la responsabilité environnementale : la France manque d’ambition

Les députés ont adopté, le 22 juillet, la loi sur la responsabilité environnementale. Ce texte transpose plusieurs directives européennes en droit français et pose le principe de la réparation des dommages causés à l’environnement. Alors que des avancées significatives du droit français de l’environnement auraient ainsi été possibles, c’est un texte timide qui a été voté par les parlementaires français, surtout si on le compare aux dispositions adoptées par nos voisins européens.

France Nature Environnement (FNE), la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et la Fondation Nicolas Hulot (FNH) estiment, en effet, que le texte manque d’ambition, principalement sur les points suivants :

 

- Aucune garantie financière

Le texte n’oblige pas les acteurs économiques à constituer, notamment auprès des compagnies d’assurance spécialisées, les garanties financières qui permettraient de couvrir les dommages pouvant résulter de leur activité. C’est une des lacunes les plus importantes de cette loi. En l’absence de telles garanties, il est probable que la réparation des dommages restera supportée par la collectivité. Le principe pollueur-payeur mis en exergue dans la loi, est en réalité très affaibli par cette importante lacune. La France se montre ainsi bien moins ambitieuse que ses voisins espagnols et allemands qui prévoient clairement cette obligation.

 

- Champ d’application réduit

Pour les activités les moins dangereuses, le principe de la responsabilité environnementale ne s’applique qu’en cas de faute, et les espaces concernés se limitent à ceux visés par la directive Habitats. Sont ainsi laissés de côté des territoires dans lesquels les enjeux environnementaux sont majeurs, comme les réserves naturelles protégées.

 

- Mise en œuvre de la théorie du risque de développement

La loi a retenu la théorie du risque de développement, selon laquelle des acteurs économiques n’ont pas à supporter le coût des réparations d’un dommage écologique au motif que l’état des connaissances scientifiques ne leur permettait pas d’anticiper la survenance de l’accident.

 

Les quelques avancées inscrites dans ce texte, comme la possibilité pour les collectivités de se constituer partie civile lorsque des dommages sur leur territoire entraînent un préjudice direct ou indirect, ou encore l’augmentation du montant maximal des amendes encourues par les navires pollueurs (15 millions au lieu de 1 actuellement) ne suffisent pas à contrebalancer un texte qui manque largement d’ambition.
 
 
Sources : FNE et LPO

Avis défavorable pour le projet de l'OL Land à Décines : enfin une décision écologiquement cohérente!

Le Commissaire enquêteur vient de donner un avis défavorable à l'enquête publique relative au Plan Local d'Urbanisme dans le secteur du Montout à Décines relative à l' implantation du projet de stade de l'OL.

 

Même si les raisons avancées ne portent que sur les aspects d'accessibilité au site et d'investissements publics, la FRAPNA se réjouit de cette décision qui va dans le sens des enjeux du Grenelle de l'Environnement.

 

Nous tenons à rappeler ici (comme nous l'avions fait dans notre contribution à l'enquête publique) que le projet, outre les raisons évoquées ci-dessus, est aussi une menace pour l'environnement.

 

En effet, il est en contradiction totale avec les objectifs du SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale de l'agglomération lyonnaise) à savoir la pérennisation de la trame verte,  le maintien de la continuité des espaces naturels et agricoles avec les coeurs verts de l'agglomération, la protection du foncier agricole dans les documents d'urbanisme et l' ancrage de l'agriculture périurbaine.

 

D'autre part, le SCOT précise également que la valeur de ces espaces naturels a conduit les communes à renforcer leur protection dans les plans locaux d'urbanisme si bien que la mise en valeur de certains de ces espaces a d'ores et déjà été amorcée (Anneau bleu, branche sud du V vert).

 

Au delà même des limites de l'agglomération, le Grand stade et la LY6 entraînent la rupture écologique entre le V vert nord et les espaces agricoles situés à l'Est, l'Isle Crémieu puis le Bugey.

 

Enfin, encore riche d'une grande biodiversité sur certains secteurs, l'Est lyonnais abrite des espèces remarquables liées au paysage agricole (Moineau friquet, Caille des blés, Oedicnème criard pour ne citer que des oiseaux). Le projet, s'il devait avoir lieu, menacerait le maintien de dizaines d'espèces présentes sur ce site aux portes de Lyon.

 

Par conséquent, la France, qui a une obligation de résultats envers l'Union Européenne notamment en terme de conservation des espèces de la Directive Oiseaux, et surtout les élus locaux, doivent tout mettre en oeuvre pour que ce projet, néfaste pour l'environnement et la conservation de la biodiversité, ne voit pas le jour à cet endroit. En effet, il s'insèrerait en outre dans le périmètre d'un Espace Naturel Sensible, à proximité d'un site Natura 2000 et pourrait mettre en péril, à la faveur d'infiltrations mal maitrisées, la nappe aquifère de l'Est Lyonnais, vitale pour l'agglomération, car précisons-le, le Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau de l'Est Lyonnais (SAGE, document provisoire n°2, juin 2007) insiste sur la nécessité de « maintenir le V vert non urbanisé » afin de préserver la ressource en eau.

 

Source : FRAPNA Rhône

 
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