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30/10/2008

OGM : un lourd prix à payer selon une étude universitaire

Selon une étude du Centre de recherche et d’étude en gestion (CREG) de l’Université de Pau rendue publique aujourd’hui, le développement des OGM fait peser de lourdes menaces économiques sur les filières sans OGM en France. Il ne faut par conséquent pas cultiver d’OGM en France. Greenpeace appelle au maintien de la suspension de la culture du maïs MON 810.

Au-delà des risques environnementaux, sanitaires ou des considérations éthiques, l’existence de produits agricoles OGM sur le marché français, à l’importation ou à la culture, a un coût sur les filières agricoles sans OGM : coûts de séparation, de contrôle, d’approvisionnement… Ces coûts, qui sont aujourd’hui à la charge de ceux qui veulent se préserver des OGM, n’avaient jamais été étudiés. L’évaluation du CREG, sollicitée par Greenpeace, s’est faite à partir de filières représentatives : maïs conventionnel, doux et bio pour les filières végétales, poulet Label rouge pour les filières animales, très gourmandes en soja d’importation.
Elle fait apparaître des éléments très importants :

- Les productions ayant un cahier des charges strict sur les OGM, comme le maïs bio, sont amenées à disparaître en cas de généralisation des cultures de maïs OGM ; celles qui acceptent un seuil de présence fortuite jusqu’à 0,9% pourraient survivre, mais avec de nouvelles et coûteuses contraintes.

- Les entreprises des filières non OGM craignent de disparaître si leurs efforts ne sont pas valorisés, notamment par l’étiquetage.

- Le reflux de l’expansion des cultures de soja OGM en Amérique du sud est possible en cas de pérennisation et de valorisation d’une filière brésilienne de soja non OGM à destination des marchés européens.

« En cas de généralisation des cultures d’OGM en France, jusqu’à quand et à quel prix pourra-t-on consommer sans OGM ? s’inquiète Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. Cette étude prouve pour la première fois que certaines filières sont condamnées et que d’autres devront assumer un surcoût important… C’est bien le régime du pollué payeur qui est mis en œuvre aux profits des industriels de l’agrochimie ! La préservation d’une agriculture de qualité et du droit des paysans et des consommateurs à produire et consommer sans OGM passe par l’interdiction des cultures d’OGM en France. »

L’éclairage sur les risques et les conséquences économiques de l’expansion de ces cultures apporté par cette étude devrait être pris en considération par les autorités françaises et européennes, à plus forte raison dans un pays dont la production agricole vit sur une image de terroir et de qualité.

En découlent pour Greenpeace deux recommandations :
- La clause de sauvegarde sur le maïs MON 810 doit être absolument maintenue en France.

- La valorisation par l’étiquetage des produits issus des filières animales sans OGM peut permettre de renforcer ces filières et de ralentir l’expansion des OGM dans le monde.

Source : Greenpeace

L'urgence écologique balayée par la crise financière

Ces dernières années, l'Union européenne était presque parvenue à se construire une image de premier de la classe dans le domaine de la protection de l'environnement. Face à une position inflexible des Etats-Unis et de pays en développement qui refusent toujours la moindre contrainte de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, les négociateurs européens étalaient sommet après sommet leurs bonnes intentions. Le plan d'action de l'Union, appelé « paquet climat-énergie », prévoit d'atteindre un triple objectif d'ici 2020 : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20%, gagner 20% d'efficacité énergétique et faire passer la part des renouvelables à 20% de la consommation totale. Applaudie par les médias, cette apparente conversion à l'écologie constituait un véritable tour de force : celui de masquer aux yeux du grand public la liste interminable des choix politiques de l'Union européenne contribuant à détruire la planète, qu'il s'agisse d'agriculture, de transport ou de commerce1. Elle possédait par ailleurs l'immense avantage de redorer à peu de frais son blason. Le Président de la Commission en personne avouait en mars 2007 qu'il était possible ainsi de « réconcilier l'Europe avec les nouvelles générations qui parfois ne se reconnaissent pas dans notre action »2. Autrement dit, nous étions les témoins d'un « green washing » digne des meilleures multinationales.


Mais, en dépit de ses atouts, cette imposture écologique a fait long feu. Il aura suffit que le système financier international tremble sur ses fondations pour que le climat redevienne le cadet des soucis de nos dirigeants européens. Même l'Allemagne, pays « vert » par excellence dans l'imaginaire collectif, préfère sauver la compétitivité de ses entreprises plutôt que réduire son empreinte écologique. Dès la fin septembre, Angela Merkel annonçait qu'elle ne cautionnerait pas « la destruction d’emplois allemands du fait d’une politique inappropriée sur le climat ». On appréciera que le programme de lutte contre le changement climatique soit d'un coup relégué au rang de « politique inappropriée » sous l'effet de la crise financière... Les polonais ont commencé par considéré qu'il n'y avait plus d'urgence à conclure un accord sur le paquet climat-énergie, avant de hausser le ton et de menacer d'opposer leur véto à ce plan. Ce chantage est particulièrement gênant, puisque la Pologne est le pays d'accueil du prochain sommet de l'ONU sur le climat, qui aura lieu en décembre à Poznan, et qui est censé permettre d'aboutir à un accord post-Kyoto dès la fin 2009. A la veille de la réunion des ministres de l'environnement des 20 et 21 octobre, les dernières discussions s'orientaient, sous la pression de l'Italie et des pays de l'Est, vers l'ajout d'une clause de révision permettant de revenir sur le paquet climat-énergie dès la fin 2009, et vers un vote à l'unanimité pour finaliser la position européenne. Des changements de nature à vider la proposition initiale du peu de substance qu'elle possédait, voire à l'enterrer si la « compétitivité européenne sur le marché mondial » se trouve menacée. Quant aux Etats qui demeurent plutôt discrets, il suffit d'observer l'actualité pour comprendre où se situent leurs vraies priorités.

 

1 Lire « En finir avec l'eurolibéralisme », sous la direction de Bernard Cassen, éd. Mille-et-une-Nuits

2 Le plan d'action de la Commission européenne, 13 mars 2007, http://www.touteleurope.fr

Auteur : Aurélien Bernier

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29/10/2008

Roundup : le mensonge publicitaire de Monsanto confirmé

Les magistrats de la 7ème chambre correctionnelle de la cour d’appel de Lyon ont confirmé dans l’arrêt prononcé ce jour, la culpabilité des dirigeants et de la société Monsanto à propos de la publicité du pesticide Roundup. La publicité incriminée présentait le roundup comme étant biodégradable et protégeant l’environnement Selon les magistrats, le mensonge publicitaire résulte pour les emballages d’une « présentation qui élude le danger potentiel du produit par l’utilisation de mots rassurants et induit le consommateur en erreur en diminuant le souci de précaution et de prévention qui devraient normalement l’inciter à une consommation prudente ».

Sur l’utilisation du terme « biodégradable », le caractère trompeur est également assuré car « il est établi que le roundup est constitué de glyphosate et d’un tensio actif et qu’il se dégrade plus lentement que le glyphosate seul. De surcroit, un sous produit de dégradation du glyphosate, l’AMPA, se dégrade lui-même plus lentement ».

Enfin, en ce qui concerne le spot télévisé, celui-ci estime la cour « n’est accompagné d’aucun avertissement sur les précautions d’emploi à respecter et se termine sur des notions d’amour et d’intelligence qui ont pour effet de rassurer le consommateur sur l’innocuité du produit. Il en résulte là aussi que le roundup est présenté sous un jour trompeur d’un produit totalement inoffensif, ce qui ne peut être le cas d’un désherbant même s’il est moins nocif que d’autres pesticides ».

La cour a maintenu les peines d’amendes (2 fois 15000 €) et la publication du jugement dans la presse prononcées en première instance par le tribunal correctionnel de Lyon le 26 janvier 2007.

Eau & Rivières de Bretagne se félicite de la condamnation prononcée par la cour d’appel de Lyon à l’encontre de la société Monsanto et de son dirigeant : les magistrats les ont reconnu coupables d’avoir menti aux consommateurs en prétendant que le roundup était « biodégradable » et « respectait l’environnement ».

Pour l’association dont la plainte en 2000 est à l’origine de ce procès, cette condamnation d’un mensonge publicitaire grossier permet d’ouvrir les yeux des consommateurs sur la dangerosité environnementale et sanitaire du Roundup. L’association relève d’ailleurs que le 7 octobre dernier, une des spécialités commerciales de la gamme Roundup, le « Roundup Allées et Terrasses » a été retiré du marché par décision du Ministre de l’Agriculture (http://ephy.agriculture.gouv.fr/spe/9800037-17887.htm)

Au-delà de cette condamnation symbolique, Eau & Rivières de Bretagne insiste sur les deux mesures urgentes à mettre en oeuvre : limiter la vente des pesticides destinés aux jardiniers amateurs aux seuls magasins spécialisés offrant un conseil aux consommateurs, et interdire leur publicité .

Jean-François PIQUOT, porte parole de l’association estime que « l’engagement du Grenelle de réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 2015 ne sera tenu que si le consommateur est dissuadé d’employer ces poisons et encouragé à désherber autrement ».

 

Communiqué : Eau et rivières de Bretagne

28/10/2008

Pollution de l’estuaire de la Loire par TOTAL : FNE désespère

6 mois après une première pollution très importante liée à la rupture d’une canalisation (déversement de plus de 400 tonnes de fuel lourd), un nouvel incident technique survenu le 22 octobre vers 20h30 sur le site Total a entraîné le rejet dans la Loire d’environ 10 m3 de fuel. C'est la goutte de fuel qui fait déborder le vase. Sentiment de RAS LE BOL des associations.

Encore un coup dur pour la nature. Ce nouveau rejet dans ce site d’importance internationale pour l’hivernage et les haltes migratoires des oiseaux, est inadmissible pour les associations de protection de l’environnement qui désespèrent de voir ce groupe changer d’attitude.

Bernard Rousseau, responsable des politiques Eau à FNE, rappelle que « ces déversements ponctuels ont un impact considérable, et pas uniquement local, sur tout l’écosystème. Ils viennent annuler les efforts financiers et de lutte contre la pollution entrepris sur tout le bassin de la Loire depuis de très nombreuses années. »

La stratégie du Greenwashing. Malgré les incidents qui se succèdent, Total ne semble toujours pas mesurer toujours pas la nécessité d’investir durablement dans des installations permettant ainsi d’éviter les pollutions.

Sophie Bardet, chargée de mission au réseau juridique de FNE, souligne : « La société Total ferait mieux d’investir dans la sécurité industrielle plutôt que dans la publicité verte ! Le discours de cette société sur ses efforts entrepris pour l’environnement est à nouveau démenti d’une façon tragique. Ce nouvel incident technique démontre que toutes les précautions n’ont pas été prises et que le groupe ne tient pas compte des erreurs passées et des précédentes pollutions dont il est à l’origine. »

TOTALement irresponsable ! Marc Sénant, chargé de mission sur les risques industriels à FNE, souligne : « Comment accepter de la part d’un groupe avec un chiffre d’affaires de 43 Milliards d’euros en 2007 une absence manifestement insuffisante d’investissement dans la prévention ? Cette pollution rappelle tristement la catastrophe de l’Erika, dont la cause principale était, une fois encore, la vétusté du navire affrété par Total. Cette attitude est « TOTALement » irresponsable et inacceptable ».

Quel contrôle ? Quelle information ? FNE note que, comme d’habitude, nous sommes dépendants des communiqués de presse de la Société Total et des informations que celle-ci veut bien dispenser. FNE attend que l’Etat assume réellement et fermement ses pouvoirs de police et de contrôle et en rende compte.

Source : FNE

 
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