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30/09/2008

Les oiseaux : indicateurs d’une biodiversité en danger

Lors de sa Conférence mondiale*, BirdLife International, dont la LPO est le représentant officiel en France, a présenté son nouveau rapport sur l’Etat des populations d’oiseaux dans le monde**. Cette publication montre le rôle capital des oiseaux comme indicateurs de l’état de la biodiversité, souligne la baisse de leurs effectifs mondiaux et présente les raisons de ce déclin ainsi que les solutions pour y remédier.


Les oiseaux : de précieux indicateurs de biodiversité

Les 10 000 espèces d’oiseaux répertoriées dans le monde sont nos yeux et nos oreilles : ils sont présents et visibles au quotidien pratiquement partout, à terre, en mer et dans quasiment tous les milieux. Ils sont donc un baromètre précis et pratique de la répartition de la biodiversité et du changement de l’environnement mondial.


Un déclin généralisé de l’avifaune

Aujourd’hui, une espèce d’oiseau sur huit est menacée d’extinction (1 226 espèces) et 190 sont « En danger critique d’extinction ». Les espèces les plus menacées sont celles de grande taille ou aux faibles taux de reproduction, comme les albatros (82 %), les grues (60 %), les perroquets (27 %), les faisans (23 %) et les pigeons (20 %).

Les espèces d’oiseaux communs sont également fortement menacées. Ainsi, en Europe, depuis 26 ans, près de la moitié (45 %) d’entre elles subissent un déclin (soit 56 espèces sur 124 étudiées). Les populations de tourterelles des bois Streptopelia turtur ont, par exemple, diminué de 62 % sur cette période. La situation est également difficile pour les oiseaux des régions agricoles, comme le bruant proyé, qui a reculé de plus de 60 % entre 1982 et 2005, et l’outarde canepetière qui a subi un déclin de 90 % durant ces trente dernières années.


Des menaces d’origine humaine

L’expansion et l’intensification des industries agro-alimentaires et halieutiques, l’exploitation forestière, la colonisation des espèces invasives, la pollution, la surexploitation des oiseaux sauvages et le changement climatique constituent des menaces majeures. Les causes de déclin sont également plus profondes : les systèmes économiques qui ne reconnaissent pas l’immense valeur de la nature, les déséquilibres mondiaux en terme de puissance et de richesse, la destruction des ressources naturelles, une démographie et une consommation individuelle en constante augmentation.


Des solutions pour sauver l’avifaune et la biodiversité dans son ensemble

- soutenir d’avantage les travaux de conservation ;
- s’assurer que les engagements internationaux en faveur de la biodiversité sont rapidement mis en pratique ;
- mettre en place une bonne gouvernance environnementale ;
- investir plus et mieux ;
- rattacher la protection de la biodiversité à la subsistance et au bien-être des peuples ;
- développer d’importants groupes d’intérêts pour conduire au changement, comme le font BirdLife et ses représentants dans le monde (c’est le cas de la LPO en France).
- protéger les 10 000 Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux ;
- initier d’avantage de programmes en faveur des espèces menacées…


Bien que les gouvernements du monde se soient engagés à stopper la perte de biodiversité d’ici 2010, un oiseau sur huit est aujourd’hui menacé d’extinction et près de la moitié des oiseaux communs européens sont en déclin. La frilosité des grands mondiaux à engager des sommes souvent insignifiantes au regard de leur budget national indique également que cet objectif ne sera vraisemblablement pas atteint.


Allain Bougrain Dubourg - Président de la LPO



*Conférence mondiale de BirdLife International
Comme tous les quatre ans, elle a rassemblé les représentants internationaux de BirdLife International, alliance mondiale qui réunit plus de 100 associations dans le monde (2,5 millions d'adhérents et 8 millions de sympathisants). Du 22 au 27 septembre, à Buenos Aires en Argentine, parmi les 500 délégués venus de 115 pays, trois représentants de la LPO étaient présents : Michel Métais, son Directeur, Alison Duncan, Chef de la Mission internationale et Julie Riegel, Responsable de programme à la Mission internationale.



**Plus d’informations
Cette publication est le fruit du travail de plusieurs milliers de personnes qui ont récolté des informations sur le terrain, informations qui ont ensuite été traitées par 30 coordinateurs.

La nouvelle publication « Etat des populations d’oiseaux dans le monde : des indicateurs pour un monde qui change » est disponible en brochure (en Anglais, Français et Espagnol) ou consultable sur : http://www.biodiversityinfo.org/sowb/userfiles/docs/SOWB2008_fr.pdf

 

Communiqé : LPO

17/09/2008

Les associations de protection de la nature déposent un recours au Conseil d'Etat : A 45, inutilité publique!

logoSCL.JPGSuite à la déclaration d'utilité publique de l'autoroute A45 en juillet 2008, la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature), le CORA (Centre Ornithologique Rhône-Alpes), la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et le GPBR (Groupement de Protection des Busards du Rhône) déposent un recours au Conseil d'Etat afin de faire admettre l'inutilité publique de cet aménagement dispendieux.

 

Soucieuses de ne pas voir la destruction de cet ensemble de milieux naturels et de paysages exceptionnels qu’est le Plateau Mornantais, les associations de protection de la nature plaident pour l'amélioration de la fluidité des transports entre Saint-Etienne et Lyon qui doit demeurer prioritaire pour les usagers autant que pour les riverains de l'A47. Mais au lieu d'appliquer les engagements du Grenelle de l'environnement (réduction des émissions de gaz à effet de serre, abandon du "tout autoroutier", développement des transports en commun…), l'Etat opte pour la moins efficace, la plus coûteuse et la plus polluante des solutions, la construction d'une troisième autoroute reliant la Loire et le Rhône.

 

Parmi les nombreuses atteintes à l'environnement dénoncées dans leur recours, les associations de protection de la nature insistent sur le caractère irréversible et incompensable des impacts sur la biodiversité, en particulier sur des espèces protégées sur le plan européen comme le busard cendré.

 

Source : FRAPNA

12/09/2008

Thon rouge : des experts indépendants demandent la fermeture immédiate de la pêche

Paris, le 11 septembre 2008. Confirmant ce que demande Greenpeace depuis plusieurs années, un comité d'experts indépendants mandaté par l'ICCAT (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique) pour évaluer la gestion de la pêcherie du thon rouge de Méditerranée, recommande la fermeture immédiate de cette pêche.

Dans leurs conclusions rendues publiques cette semaine par l'ICCAT, ces experts ont qualifié de « honte internationale » la gestion de la pêcherie. Le comité demande « la suspension de la pêche au thon rouge dans l'Atlantique et en Méditerranée jusqu'à ce que les pays se mettent en conformité avec les recommandations de l'ICCAT». Pour les experts, une telle fermeture est reconnue comme étant « le seul moyen de mettre un terme à ce que les observateurs et les Etats contractants reconnaissent comme étant une parodie de gestion ».

Cette gestion, poursuivent les experts, « est inacceptable et incompatible avec les objectifs de l'ICCAT, notamment avec le fait que les stocks ne doivent pas diminuer au point de s'épuiser ».

En plus de la fermeture immédiate de la pêcherie, le comité d'experts recommande également la protection de toutes les frayères, au moins lors des périodes de reproduction.

Toutes ces recommandations correspondent à ce que demande Greenpeace, à savoir un moratoire de 3 à 5 ans sur la pêche au thon rouge et la création de réserves marines où toute pêche serait interdite pour protéger les nurseries de Méditerranée indispensables à la régénération des stocks. Parmi les préconisations des experts figurent également la définition de tailles minimales de prise de certaines espèces, la diminution de la capacité des navires de pêche et des fermes d'engraissement mais aussi la fin de la pêche pirate.

Le comité d'experts attribue l'échec de la gestion de l'ICCAT principalement à ses Etats membres coupables de carences dans l'application des réglementations existantes. Mais, selon eux, l'attribution par l'ICCAT d'un quota de 28 500 tonnes à l'ensemble de ses membres - soit le double des préconisations des scientifiques – est, elle aussi, en cause.

« Les ministres des Pêches ont échoué à protéger certaines espèces, dénonce Stéphan Beaucher, responsable de la campagne Océans de Greenpeace France. Ce rapport est le signe qu'il est temps pour les membres de l'ICCAT de prendre leurs responsabilités et de sauver cette pêcherie qu'ils ont menée dans l'impasse. Ce qui est à déplorer à l'ICCAT peut être étendu à l'ensemble des instances chargées de la gestion des pêcheries. Nous sommes confrontés à une crise globale de gouvernance ».

En novembre, les membres de l'ICCAT se réuniront pour décider du prochain plan de gestion du thon rouge. Greenpeace demande qu'ils suivent les recommandations des experts et ferment la pêche jusqu'à la régénération des stocks. « Sans cela, l'ICCAT continuera d'échouer dans son rôle et ne servira que les intérêts à courts terme d'une industrie condamnée à mourir du fait de l'épuisement des stocks », ajoute Stéphan Beaucher.

Comminiqué de Greenpeace France

20/08/2008

Grâce à un programme européen « LIFE Nature », le vautour percnoptère regagne du terrain dans le Sud-est de la France

Alors que l’avenir des vautours en Europe semble aujourd’hui plus qu’incertain, le vautour percnoptère fait figure d’exception. Sur notre territoire, ses effectifs gagnent du terrain, grâce, notamment, à un programme LIFE Nature engagé en sa faveur dans le Sud-est de la France. Arrivé à son terme, ce dernier présente des résultats encourageants.


Ce programme européen a été mis en œuvre pour éviter la disparition d’un des deux noyaux (Sud-est) de la population française de vautours percnoptères, encourager le retour d’individus et l’installation de couples dans les sites où il avait disparu. En effet, alors que le noyau pyrénéen semblait stable avec 50 à 60 couples, celui situé dans le Sud-est a connu un déclin de 50 % en 50 ans. Il était donc urgent d’agir.


Au terme de cinq d’actions, ce programme financé par la Commission Européenne et coordonné par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), avec la participation de partenaires techniques, scientifiques et financiers, a atteint tous ses objectifs avec :

- l’installation de 13 nouveaux couples dans le sud est de la France, dont 8 dans les zones d’intervention du LIFE, ce qui porte leur nombre de 23 en 2002 à 36 en 2007 ;

- la restauration des ressources alimentaires de l’espèce : avec la construction de 42 placettes d’alimentation et la distribution de plus de 143 000 kg de denrées alimentaires sur les 54 aires de nourrissage présentes dans les zones d’intervention du Life ;

- la pérennisation des actions : avec la désignation de deux nouvelles Zone de Protection Spéciale (ZPS) (« Garrigues de Lussan », « Alpilles ») et l’extension de trois autres (« Basse Ardèche », « Marais entre Crau et Grand Rhône », « Pays de Sault) ;

- la valorisation des actions : avec plus de 440 animations sur les enjeux de préservation de l’espèce (soit 15 animations par an et par site en moyenne) pour un auditoire de plus de 10 000 personnes ;

- les opérations de suivi et de surveillance : de l’attractivité des placettes d’alimentation (plus de 5 400 photographies du vautour percnoptère), des aires de reproduction (plus de 11 300 heures de mobilisation assurées par plus de 120 surveillants).


Ce programme a donc permis d’enrayer la baisse des effectifs du vautour percnoptère, de favoriser son retour dans le Sud-est de la France, et de lui permettre de regagner du terrain en France. En l’espace de 8 ans, l’espèce a ainsi enregistré une progression de 22 %. En 2007, elle comptait 87 couples contre environ 70 en 1999.

Contrairement aux populations françaises, celles situées ailleurs en Europe ont connu, ces 40 dernières années, un déclin supérieur à 50 %, notamment dans le Sud-est du continent (Bulgarie, Italie, Yougoslavie, Croatie, Macédoine). En Grèce, sa population s’est effondrée de plus de 80 %, ces dernières années. Il a aujourd’hui disparu de Bosnie et de Serbie.


Le vautour percnoptère doit donc être globalement protégé au niveau de son aire endémique de répartition. C’est pourquoi, la LPO envisage de poursuivre son action en renforçant les liens entre experts au niveau international et en lui consacrant un nouveau plan d’actions national, et un plan d’actions international.


Allain Bougrain Dubourg

Président de la LPO


[...]


Le vautour percnoptère : un rapace migrateur mondialement menacé

Seul vautour migrateur, il passe l’hiver en Afrique sahélienne avant de rejoindre les Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Aveyron, de la Lozère, du Gard, de l’Hérault, de l’Ardèche, des Bouches-du-Rhône, de la Drôme et du Vaucluse où 87 couples nichaient en 2007. Ce petit nécrophage figure désormais dans la catégorie des espèces « en danger » de disparition, sur la Liste Rouge de l’UICN, car il est mondialement menacé par la disparition de son alimentation, l’empoisonnement, la chasse aux trophées, le pillage de nids et les dangers rencontrés lors de sa migration et de son hivernage en Afrique.


Plus d’informations sur les vautours :

Plaquette "Bilan et perspectives. LIFE vautour percnoptère ", téléchargeable sur le site Internet de la LPO.

Dossier de presse : "Les vautours, alliés indispensables et fragiles du pastoralisme " , téléchargeable sur le site Internet de la LPO : http://www.lpo.fr/docs/DPLPOLesvautoursalliesindispensablesetfragilesdupastoralisme.pdf

 
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