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02/12/2008

Climat : Les populations affectées par le changement climatique s’expriment

logo_amis_de_la_terre.gifAlors que les rencontres des Nations Unies sur le climat se préparent à Bali (Indonésie), les Amis de la Terre ont publié le rapport « La voix des populations affectées par le changement climatique » [1]. Basé sur les témoignages de populations de 9 pays différents, il relate leurs expériences face aux impacts dévastateurs des changements climatiques.


Au Honduras, au Pérou, au Brésil, au Mali, au Swaziland, aux Etats-Unis, en Australie, en Malaisie et sur l’île Tuvalu, différentes populations (peuples indigènes, femmes, autorités locales, agriculteurs et petits pêcheurs...) décrivent leur vécu face aux dérèglements climatiques. Les transformations radicales de leur territoire, de leurs écosystèmes et de leur mode de vie, provoquées par les dérèglements climatiques les ont obligés à élaborer des stratégies d’adaptation dont ils font part dans le rapport.

Tatiana Roa Avendano, des Amis de la Terre - Colombie, témoigne : « La catastrophe climatique globale est imminente, et bien qu’elles en soient les moins responsables, les populations les plus vulnérables et les plus pauvres, en font déjà les frais. Les changements climatiques ont de lourdes conséquences sociales et environnementales, provoquant déplacements, maladies et destruction des écosystèmes. Pourtant, ces populations font preuve d’une remarquable résistance. » « Peu de mesures concrètes et ambitieuses sont mises en place pour lutter contre les racines-mêmes des changements climatiques. La sur-consommation, tout particulièrement dans les pays industrialisés, est peu remise en cause. Les industries automobiles, minières ou pétrolières genèrent des profits record. Les programmes ambitieux qui permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre et le pillage des ressources naturelles sont rangés au placard. Seule une remise en cause de nos modes de production et de consommation non soutenables, et la promotion d’alternatives telles que les énergies renouvelables et la réduction de la consommation d’énergie pourront avoir des impacts réels et significatifs. »

Joe Zacune, Chargé de campagne Changements climatiques aux Amis de la Terre - International, précise : « Le sort de ces peuples doit être reconnu par la communauté internationale. Nous faisons pression pour que cette dimension fasse partie intégrante de l’accord post-Kyoto de 2012, qui commencera à être débattu à Bali. Les pays industrialisés doivent accepter leur responsabilité. Pour cela, ils doivent réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre pendant les 50 prochaines années et aider les pays pauvres à s’adapter aux changements climatiques. Cette aide à l’adaptation devra s’adresser en premier lieu aux plus pauvres et préserver les écosystèmes et les moyens de subsistance. Elle devra s’appuyer sur les populations locales pour s’assurer que les projets d’adaptation correspondent bien culturellement, socialement et techniquement à leurs besoins. »

Les pays industrialisés devraient évaluer le coût de l’adaptation aux dérèglements climatiques et produire une analyse détaillée sur des nouveaux modes de financement, qui pourraient être basés sur des taxes et des financements publics. Selon la Convention Cadre des Nations Unis sur le Changement Climatique, les pays riches doivent en effet financer l’adaptation des pays en voie de développement (2). Le coût de l’adaptation des pays en voie de développement aux dérèglements climatiques s’élèvera à plusieurs milliards de dollars par an.

(1) Ce rapport est disponible en ligne : http://www.foei.org/fr/publications/pdfs/climate-testimon...

(2) L’article 4.3 de la Convention Cadre des Nations Unis sur le Changement Climatique stipule que « Les pays développés Parties et les autres Parties développées figurant à l’annexe II fournissent des ressources financières nouvelles et additionnelles pour couvrir la totalité des coûts convenus encourus par les pays en développement » et l’article 4.4 précise que « Les pays développés Parties et les autres Parties développées figurant à l’annexe II aident également les pays en développement parties particulièrement vulnérables aux effets néfastes des changements climatiques à faire face au coût de leur adaptation auxdits effets. »

Source : Les Amis de la Terre

30/10/2008

L'urgence écologique balayée par la crise financière

Ces dernières années, l'Union européenne était presque parvenue à se construire une image de premier de la classe dans le domaine de la protection de l'environnement. Face à une position inflexible des Etats-Unis et de pays en développement qui refusent toujours la moindre contrainte de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, les négociateurs européens étalaient sommet après sommet leurs bonnes intentions. Le plan d'action de l'Union, appelé « paquet climat-énergie », prévoit d'atteindre un triple objectif d'ici 2020 : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20%, gagner 20% d'efficacité énergétique et faire passer la part des renouvelables à 20% de la consommation totale. Applaudie par les médias, cette apparente conversion à l'écologie constituait un véritable tour de force : celui de masquer aux yeux du grand public la liste interminable des choix politiques de l'Union européenne contribuant à détruire la planète, qu'il s'agisse d'agriculture, de transport ou de commerce1. Elle possédait par ailleurs l'immense avantage de redorer à peu de frais son blason. Le Président de la Commission en personne avouait en mars 2007 qu'il était possible ainsi de « réconcilier l'Europe avec les nouvelles générations qui parfois ne se reconnaissent pas dans notre action »2. Autrement dit, nous étions les témoins d'un « green washing » digne des meilleures multinationales.


Mais, en dépit de ses atouts, cette imposture écologique a fait long feu. Il aura suffit que le système financier international tremble sur ses fondations pour que le climat redevienne le cadet des soucis de nos dirigeants européens. Même l'Allemagne, pays « vert » par excellence dans l'imaginaire collectif, préfère sauver la compétitivité de ses entreprises plutôt que réduire son empreinte écologique. Dès la fin septembre, Angela Merkel annonçait qu'elle ne cautionnerait pas « la destruction d’emplois allemands du fait d’une politique inappropriée sur le climat ». On appréciera que le programme de lutte contre le changement climatique soit d'un coup relégué au rang de « politique inappropriée » sous l'effet de la crise financière... Les polonais ont commencé par considéré qu'il n'y avait plus d'urgence à conclure un accord sur le paquet climat-énergie, avant de hausser le ton et de menacer d'opposer leur véto à ce plan. Ce chantage est particulièrement gênant, puisque la Pologne est le pays d'accueil du prochain sommet de l'ONU sur le climat, qui aura lieu en décembre à Poznan, et qui est censé permettre d'aboutir à un accord post-Kyoto dès la fin 2009. A la veille de la réunion des ministres de l'environnement des 20 et 21 octobre, les dernières discussions s'orientaient, sous la pression de l'Italie et des pays de l'Est, vers l'ajout d'une clause de révision permettant de revenir sur le paquet climat-énergie dès la fin 2009, et vers un vote à l'unanimité pour finaliser la position européenne. Des changements de nature à vider la proposition initiale du peu de substance qu'elle possédait, voire à l'enterrer si la « compétitivité européenne sur le marché mondial » se trouve menacée. Quant aux Etats qui demeurent plutôt discrets, il suffit d'observer l'actualité pour comprendre où se situent leurs vraies priorités.

 

1 Lire « En finir avec l'eurolibéralisme », sous la direction de Bernard Cassen, éd. Mille-et-une-Nuits

2 Le plan d'action de la Commission européenne, 13 mars 2007, http://www.touteleurope.fr

Auteur : Aurélien Bernier

Suite de l'article >>>

01/10/2008

Règlement européen « Automobile et CO2 » : La France opte pour l'échec de l'Europe !!!

La Présidence française de l'Union européenne vient de proposer aux Etats membres un nouvel assouplissement des objectifs contenus dans le règlement européen « automobile et CO2 » visant, sous couvert d'arguties techniques, à réduire à néant toute ambition en matière climatique.

Ce nouveau renoncement, après l'enterrement du bonus-malus, démontre qu'à l'heure des choix concrets, le Président de la République française opte systématiquement pour les options les plus conservatrices.

Alors que la Commission européenne proposait un projet tablant sur un rejet moyen de 130g de CO2 pour les véhicules commercialisés en 2012, la Présidence française de l'Union européenne propose de repousser à 2015 la mise en ouvre réelle de ce règlement tout en rehaussant constamment les seuils d'émission envisagés.

A l'heure où l'industrie automobile doit se réformer ou sombrer, le renoncement proposé par la France ne rend service ni aux constructeurs ni aux consommateurs qui continueront à payer très cher un carburant en voie de raréfaction, prix de l'inaction politique.

Agir pour l'Environnement déplore que la Présidence française de l'Union européenne privilégie les constructeurs automobiles aux parlementaires européens qui ont eu le courage de tenir tête aux pressions du lobby automobile.

Selon Stéphen Kerckhove, délégué général d'Agir pour l'Environnement, « Nicolas Sarkozy, par cette proposition, révèle sa véritable nature, bien loin de l'image véhiculée pendant le Grenelle de l'environnement. »

Source : Agir pour l'environnement

26/09/2008

Législation sur le CO2 des automobiles : le Parlement européen évite le pire selon Greenpeace

Important revirement à Bruxelles sur le projet de réglementation visant à limiter les émissions de CO2 des automobiles en Europe. Les députés membres de la Commission Environnement du Parlement européen, appelés à se prononcer aujourd'hui sur le texte, ont résisté au lobby automobile et soutenu les propositions initiales de la Commission européenne.

Les députés ont adopté l'objectif de 130 g CO2/km dès 2012 pour l'ensemble de la flotte et ont donc refusé tout délais supplémentaires. Ils sont également revenus sur la proposition de la Commission en matière de pénalités en votant 95 € par gramme supplémentaire et véhicule vendu en 2015. Enfin, ils ont introduit un objectif de 95 g de CO2/km à l'horizon 2020.

Certaines zones d'ombres subsistent néanmoins, dont :
- le fait que l'objectif de 2020 pourrait être renégocié en 2014,
- et l'adoption du principe des éco-innovations, qui pourraient permettre aux constructeurs de contourner les normes.

« Ce vote est une bonne surprise mais nous pouvons et nous devons mieux faire, affirme Anne Valette, chargée de campagne Climat de Greenpeace France. Les scientifiques du Giec nous recommandent d'inverser la courbe de nos émissions de gaz à effet de serre en 2015. Cela nécessite des décisions plus ambitieuses encore. »

La balle est à présent dans le camp du Conseil des ministres présidé par la France jusqu'à la fin de l'année. Jean-Louis Borloo et Nicolas Sarkozy qui, en juin dernier, affaiblissait considérablement l'ambition du texte législatif en acceptant le lamentable compromis proposé par l'Allemagne, doivent aujourd'hui écouter les parlementaires et les citoyens européens qui demandent des véhicules moins gourmands en carburant.

Pour être à la hauteur du défi climatique, la future réglementation européenne doit :
- limiter la moyenne des émissions à 120 g de CO2/km d'ici à 2012 pour l'ensemble de la flotte ;
- fixer dès aujourd'hui un objectif contraignant et ambitieux à l'horizon 2020 et exclure toute révision à la baisse de cet objectif.

Communiqué de Greenpeace France

 
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