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03/07/2008

2e EPR en France : une décision stupide qui disqualifie Nicolas Sarkozy sur les dossiers énergétiques et climatiques

Greenpeace condamne l'annonce faite aujourd'hui par le président de la République qui, en visite au Creusot, a annoncé la construction d'un deuxième réacteur nucléaire EPR sur le territoire français. « Cette décision est aberrante et stupide. Il s'agit d'une faute lourde sur le plan énergétique, économique, industriel et environnemental, déclare Yannick Jadot, responsable des campagnes de Greenpeace France. La France est une "république nucléaire", comme d'autres sont des républiques bananières. La présidence française de l'Europe commence à peine, le lobby nucléaire est de nouveau aux manettes et le Président français, totalement disqualifié. »

Un réacteur totalement inutile. Le réacteur EPR en construction à Flamanville ne se justifiait déjà pas en termes de besoins énergétiques, la France étant en forte surcapacité nucléaire. Pour justifier ce premier EPR, l'industrie et les autorités n'ont cessé de dire qu'il fallait un prototype à tester d'ici à 2015, avant de décider d'un éventuel remplacement du parc existant à partir de 2020. C'est encore la position défendue par EDF aujourd'hui, qui répète ne pas voir l'utilité de construire de nouvelles tranches nucléaires avant 2020. « Cette décision de construire un 2e EPR tombe du ciel sans la moindre justification énergétique », déclare Frédéric Marillier, en charge de la campagne Énergie à Greenpeace France.

Un réacteur dangereux. L'EPR est le plus puissant des réacteurs au monde (1 600 MW), il concentrera plus de radioactivité que ces prédécesseurs. De plus, l'utilisation d'un combustible spécifique à base de plutonium (le Mox), renforcera la radioactivité et la toxicité des rejets éventuels. Et concernant les déchets, ils seront certes un peu moins nombreux, mais plus radioactifs.

Un réacteur trop cher, qu'on ne sait pas construire. Les deux seuls EPR qu'Areva tente actuellement de construire rencontrent de grosses difficultés. Le chantier finlandais, entamé en 2005, affiche un dépassement budgétaire global de 1,3 à 2,2 milliards d'euros (pour un prix initial de 3,3 milliards) et ne sera terminé qu'avec deux ans de retard au moins (2011 et non 2009). Quant à l'EPR de Flamanville (Manche), il a déjà pris du retard, les travaux ayant été stoppés pendant plus d'un mois sur ordre de l'Autorité de sûreté nucléaire, suite à de nombreuses anomalies et malfaçons.

Il existe une bien meilleure solution : l'efficacité énergétique. Pourquoi investir dans le nucléaire, alors qu'il existe des solutions plus efficaces, plus économiques, plus sûres et plus rapides ? Isoler les logements, limiter les consommations des voitures, favoriser l'achat de produits efficaces, etc. : de telles mesures permettant de maîtriser la consommation répondent à la fois aux enjeux des changements climatiques, de la sécurité énergétique et du pouvoir d'achat des Français. Juste un exemple simple, que le gouvernement refuse de mettre en place – alors qu'il s'agit de l'une des mesures phares du Grenelle de l'environnement : l'interdiction des ampoules à incandescence d'ici à 2010. Une telle mesure permettrait à la France d'économiser une quantité d'électricité équivalente à ce que devrait produire le réacteur EPR.

« Face à l'envolée des prix de l'énergie liée au pétrole et dans un contexte de crise budgétaire, comment accepter que le président de la République fasse un cadeau de plus de 3 milliards d'euros à Areva au lieu d'investir au service des Français, s'interroge Yannick Jadot. On ne sait même pas combien coûte un EPR, vendu pour plus de 3 milliards d'euros mais dont le prix est en train de doubler en Finlande. En revanche, on sait qu'un euro investi dans l'efficacité permet d'économiser sept fois plus d'énergie qu'un euro investi dans le nucléaire n'en produit. »
 
Source : Greenpeace France 

24/06/2008

Greenpeace dénonce le grand bluff de l'EPR et empêche la reprise des travaux

Ce matin, une vingtaine d'activistes de Greenpeace ont bloqué l'entrée des trois carrières de Montebourg, Lieusaint et Doville (La Haye-du-puits), trois sites qui approvisionnent en sable et en graviers le chantier de construction du réacteur EPR de Flamanville (Manche), afin d'empêcher le redémarrage des travaux autorisé le 19 juin par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) alors qu'aucun problème touchant à la sûreté du futur réacteur n'a été résolu. *

Vers 5 heures du matin, les activistes de Greenpeace se sont rendus devant chacune de ces trois carrières. À l'aide de chaînes, de cadenas et de fûts lestés, ils ont bloqué les accès et étendus des banderoles dénonçant : « EPR : le grand bluff ».

 




« Nous nous opposons aujourd'hui à la reprise du chantier, en particulier à celle des opérations de bétonnage, pointées du doigt par l'ASN, et pour dénoncer le gigantesque coup de bluff que tentent Areva et EDF avec l'EPR, déclare Yannick Rousselet, chargé de la campagne Énergie à Greenpeace France. EDF et Areva prétendent pouvoir tenir des coûts et des délais irréalistes et être capables de mener à bien un tel chantier. Résultat : devant l'accumulation des malfaçons, l'ASN a fini par stopper le chantier de Flamanville le 21 mai. Mais le bluff continue : il y a une semaine, EDF a été autorisé à reprendre les travaux sur la base de déclarations de bonnes intentions concernant la seule amélioration des contrôles, et sans qu'aucun des problèmes qui avaient entraîné l'arrêt du chantier n'a été réglé sur le fond. »

À ce jour, de nombreuses questions demeurent sans réponse :
- Le béton coulé sans ferraillage a-t-il été cassé et va-t-il être remplacé ?
- Les gâchées (coulées) de béton présentant des défauts de composition (teneur en eau, granulométrie, température) ont-elles été reprises ?
- L'atelier de soudure du « liner » a t-il été dûment homologué ? Les soudures mises en cause par l'ASN pour non-conformité ont-elles été rebutées ?
- Les fissures, qui avaient dans un premier temps été réparées dans des conditions non conformes, ont-elles été finalement rebouchées de manière correcte ?
- Les personnes et entreprises travaillant sur le chantier sont-elles dûment habilitées ?
- Le tableau de bord permettant un suivi de ces incidents, dont Greenpeace a proposé la création à la Commission locale d'information du 12 juin, va-t-il être mis en place ?

« Greenpeace considère que l'ASN, qui avait fait preuve de sérieux en contraignant EDF à stopper les travaux de l'EPR, n'aurait jamais dû autoriser un redémarrage dans de telles conditions, conclut Yannick Rousselet. Le lobby industriel et politique du nucléaire aurait-il eu raison de la volonté affichée de transparence de l'ASN ? »

« En Finlande comme en France, l'industrie nucléaire prétend qu'elle peut mener à bien la construction d'un réacteur EPR, conclut Yannick Rousselet. Nous demandons la France d'abandonner ce projet inutile, hors de prix et dangereux, et de mettre le paquet sur le développement de l'efficacité énergétique et des renouvelables. »

Pour plus de détails, consultez la note de synthèse
 
Source : Greenpeace France

 

 

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22/06/2008

François Fillon en Algérie et Nicolas Sarkozy en Israël : la France doit cesser sa diplomatie nucléaire

Alors que le Premier ministre François Fillon et le président de la République Nicolas Sarkozy s'apprêtent à se rendre respectivement en Algérie et en Israël dans les jours qui viennent, Greenpeace dénonce l'irresponsabilité de la France, qui joue avec le feu en mettant le nucléaire au cœur de sa diplomatie dans une région aussi sensible que le pourtour méditerranéen.

Alors que le Premier ministre François Fillon et le président de la République Nicolas Sarkozy s'apprêtent à se rendre respectivement en Algérie et en Israël dans les jours qui viennent, Greenpeace dénonce l'irresponsabilité de la France, qui joue avec le feu en mettant le nucléaire au cœur de sa diplomatie dans une région aussi sensible que le pourtour méditerranéen.

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, la France signe des accords de coopération ou vend du nucléaire, le présentant comme le nouveau gage de modernité, de développement, voire même de libération des peuples, en Afrique du nord – Algérie, Maroc, Égypte ou encore Libye, pays encore récemment mis au ban des nations – et au Moyen-Orient, zone où le nucléaire est un sujet particulièrement sensible, comme l'a récemment montré l'affaire du bombardement du site syrien d'Al-Kibar, en septembre 2007 par Israël, qui soupçonnait la Syrie d'y construire un réacteur nucléaire clandestin avec l'aide de la Corée du Nord.

« Greenpeace rappelle que tous les pays qui détiennent du nucléaire civil peuvent mener un programme militaire. Vouloir du nucléaire un peu partout dans le monde revient à accepter le risque que tous les pays aient la bombe atomique, déclare Frédéric Marillier, en charge de la campagne Énergie à Greenpeace. La France a déjà contribué au développement du nucléaire en Israël, en Iran, en Irak, avec les conséquences que l'on sait. Aujourd'hui, loin de tirer les leçons de ce passé peu glorieux, Nicolas Sarkozy et François Fillon cherchent à nouveau à vendre du nucléaire à toute les sauces et font fi des risques de dissémination du nucléaire. »

La France feint d'ignorer que vendre une centrale à un État suscite presque inévitablement une demande semblable chez ses voisins. Ensuite, que nucléaire civil et militaire sont intrinsèquement liés. Au nom de son indépendance énergétique, un pays qui se lance dans le nucléaire civil se doit de développer la technologie de l'enrichissement de l'uranium, qui est à la base d'un programme nucléaire militaire : c'est ce qui se passe aujourd'hui en Iran. Autre risque de prolifération : la technologie du retraitement du combustible irradié avec production de plutonium, méthode utilisée notamment par la Corée du Nord pour acquérir l'arme atomique qu'elle a testée en 2006.

Par ailleurs, le nucléaire reste une technologie complexe, dangereuse et difficilement exportable, comme l'a rappelé l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) elle-même. Dans un communiqué daté du 16 mai 2008, l'ASN souligne qu'il est nécessaire d'« assurer la sûreté des nouveaux projets de construction de réacteurs nucléaires dans le monde ». Ainsi, « de longs délais sont nécessaires pour acquérir des compétences et une véritable culture de sûreté avant d'exploiter une centrale nucléaire », soit « un délai minimum d'une quinzaine d'années ».

« Nous condamnons l'irresponsabilité de la France, qui instrumentalise les enjeux des changements climatiques ou de l'indépendance énergétique pour justifier un accès prétendument légitime de certains pays à la technologie atomique et vendre son nucléaire partout dans le monde, soumettant les impératifs de la sécurité internationale aux intérêts commerciaux d'Areva », reprend Frédéric Marillier.

Par ailleurs les accords tels que celui que François Fillon s'apprête à signer avec l'Algérie ne sont jamais débattus, leur contenu n'est jamais précisé, ni dans les pays signataires, ni en France. Greenpeace dénonce cette opacité et réclame que les accords de coopération nucléaires et l'exportation de technologie soient soumis à un vote du Parlement français, vu le caractère stratégique et sensible de ce secteur.

 

Source : Greenpeace France

30/05/2008

Climat, indépendance énergétique, pouvoir d'achat : tous les chemins mènent à l'efficacité, pas au nucléaire !

Paris, France — L'envolée du prix du pétrole relance le débat sur notre dépendance aux hydrocarbures. Trente ans après les chocs pétroliers, Greenpeace s'inquiète des orientations de la politique énergétique de la France, à l'heure où celle-ci doit mettre en application les engagements du Grenelle et présider l'Union européenne. Législation sur l'efficacité des voitures et sur les produits consommateurs d'électricité : la France doit faire de l'efficacité sa seule priorité.

Le 27 mai, Nicolas Sarkozy sur RTL et François Fillon à l'Assemblée nationale, ont insisté sur le nucléaire comme solution pour faire face à la hausse du prix du pétrole. « Voilà le président de la République et son Premier ministre au moins d'accord sur un point ! Malheureusement, il s'agit d'une erreur fondamentale, déplore Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace France. Depuis quand le nucléaire, qui ne représente que 2 % de la consommation d'énergie mondiale, va sauver le climat ? Depuis quand l'uranium est une ressource renouvelable et locale ? Depuis quand l'atome fait rouler les voitures ? »

L'efficacité énergétique a déjà fait ses preuves
Selon Rocky mountain institute, un euro investi dans l'efficacité permet d'économiser 7 fois plus d'énergie que ne peut en produire un euro investi dans le nucléaire. Avec une facture énergétique de 50 milliards d'euros en 2007 (soit environ 2 000 € par ménage), qui risque de s'envoler dans les années à venir, la France doit faire des économies d'énergie sa nouvelle « obsession ».

À l'époque des chocs pétroliers, la France a instauré avec succès une politique d'économies d'énergie trois fois plus rentable que le nucléaire. Entre 1973 et 1987, elle a économisé 34 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) par an, pour un investissement de 100 milliards de francs. Dans le même temps, elle a produit 56 Mtep par an, pour un investissement dans le nucléaire de 500 milliards de francs. Malgré son succès, la France a abandonnée cette politique d'efficacité dès 1985, quand le prix du baril s'est effondré.

L'efficacité : tout le monde en parle, personne n'agit
Le volet « efficacité » est le parent pauvre du paquet « énergie climat » qui doit être voté par l'UE d'ici la fin de l'année. Pour l'instant, contrairement aux objectifs de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre et de développement de 20 % des renouvelables, l'objectif de réduire de 20 % la consommation d'énergie par la mise en place d'une politique d'efficacité ne revêt aucun caractère juridiquement contraignant. Or sans cadre réglementaire contraignant, les industriels continuent de mettre sur le marché des produits qui gaspillent de l'énergie, poussant ainsi les ménages à surconsommer.

« À Bruxelles, les industriels de l'automobile, de l'éclairage ou encore de l'électroménager, se battent contre l'imposition de normes ambitieuses, qui les obligeraient à vendre des produits plus économes, conclut Karine Gavand. La France va présider l'Europe : le Président Sarkozy dispose d'une occasion unique de mettre l'Europe sur la voie des économies, réponse la plus efficace, la moins coûteuse et la plus propre aux enjeux du climat et de facture énergétique ! »

En se dotant d'une réglementation contraignante sur l'efficacité, l'UE pourrait économiser au moins 20 % de sa consommation d'énergie actuelle d'ici à 2020, et alléger sa facture énergétique de plus de 100 milliards d'euros chaque année, ce qui représente une économie d'environ 1 000 € par an et par ménage.
 
Source Greenpeace 
 
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