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05/05/2008

Le biocarburant menace les terres de 60 millions d’autochtones

Selon les participants au Forum permanent des Nations-Unies sur les questions indigènes, qui s’est réuni ces jours-ci à New York, la demande mondiale en biocarburant détruit les terres et les vies des peuples indigènes.

Un rapport présenté au Forum dénonce la recrudescence des ‘violations des droits de l’homme, des déplacements et des conflits provoqués par la spoliation des terres et forêts ancestrales pour y produire du biocarburant’. L’un des auteurs du rapport, Victoria Tauli-Corpuz, présidente du Forum, a déclaré que si elle continue à ce rythme, l’expansion des biocarburants menacera les terres et les modes de vie de 60 millions de membres de communautés indigènes du monde entier.

Le palmier à huile est la plus dévastatrice des plantes utilisées pour produire du biocarburant. En Malaisie, plusieurs millions d’autochtones sont déjà affectés par de telles plantations, tout comme en Indonésie, où plus de 6 millions d’hectares ont été plantés, principalement en territoire indigène. En Colombie, des milliers de familles, la plupart indigènes, ont été violemment expulsées de leur terre pour y cultiver le palmier à huile et autres plantes pour biocarburant.

La Malaisie, l’Indonésie et la Colombie sont en train de planifier l’extension de leurs plantations de palmier à huile. L’Indonésie a annoncé qu’un projet de plantation à Bornéo impliquera le déplacement de près de 5 millions d’autochtones et qu’en Papouasie, 5 millions d’hectares, en majeure partie sur des terres indigènes, ont été réservés à la plantation de palmiers à huile. La Colombie se prépare à en planter 6,3 millions d’hectares, ce qui affectera plus de cent communautés indigènes.

‘Si le gouvernement nous prend nos terres, que nous restera-t-il ? Elles seront détruites par ces plantations’ a déclaré un leader Papou à Survival lors d’une interview.

La canne à sucre, le soja, le maïs, le manioc et la jatropha, une plante d’Amérique centrale, sont également utilisés pour produire du biocarburant. Les Guarani du Brésil ont perdu une grande partie de leur territoire au bénéfice des plantations de canne à sucre, tandis que le gouvernement indien projette de consacrer 13,5 millions d’hectares d’une terre qu’il considère comme ‘vide’ mais dont la majeure partie est habitée par des peuples indigènes.

Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré aujourd’hui : ‘Le boom du biocarburant n’a pas seulement de graves conséquences sur l’environnement, la hausse du prix des denrées alimentaires ou la survie des orang-outang – il a aussi un impact dévastateur sur les peuples indigènes. Les compagnies qui promeuvent cette industrie ont réellement la volonté de se débarrasser des peuples indigènes afin d’accaparer leurs terres’.

27/03/2008

Autoroute A 65 : Protégeons les espèces menacées,

Le Conseil National de Protection de la Nature vient d’émettre un avis négatif à la demande d’autorisation de destruction de plusieurs espèces de faune et de flore protégées, dont le Vison d’Europe, qui serait nécessaire aux 150 kilomètres de l’autoroute A 65 Pau-Langon. Les associations demandent à Jean-Louis Borloo de ne pas passer outre l’avis du CNPN et de s’opposer à une telle destruction.


Philippe Barbedienne, directeur de la SEPANSO souligne « Pour les associations engagées depuis des années contre ce projet d’autoroute, la survie du Vison d'Europe est un argument fort de plus en faveur de l'abandon immédiat d’un projet aussi inutile et destructeur de l'environnement qu'il s'avèrera à terme ruineux pour la collectivité. On fait fausse route… Le Ministre peut et doit porter un coup d'arrêt à cette folie. On ne peut pas attenter ainsi à la biodiversité pour les besoins d’un projet inutile et aujourd’hui complètement obsolète ».

Arnaud Gossement, porte parole de FNE ajoute « L’A65 est une folie qu’il faut arrêter ! Autoriser la destruction d’une espèce protégée pour les besoins d’une autoroute inutile serait un mauvais coup porté à une gouvernance soucieuse de l’avenir du vivant dans notre pays. Arrêter cette autoroute serait une décision courageuse de nature à redonner du souffle au Grenelle dont la crédibilité serait renforcée. Nous devons remettre à plat la politique des transports de ce pays : des alternatives existent comme au goudron en général et à l’A65 en particulier ! »

Pour la Ligue Roc : « alors que l'aménagement intelligent de l'itinéraire actuel Pau-Langon est une alternative réaliste, l’élimination par l'A 65 de milliers d’hectares d'espaces naturels et d’espèces est une atteinte manifeste à la biodiversité dont les humains font partie et dépendent. La poursuite de tels projets destructeurs est comme une fuite en avant qui emmène les humains vers l’appauvrissement de la nature donc de leurs conditions de vie. »

En tout état de cause, le coût de l’abandon de ce mauvais projet restera toujours largement inférieur à celui de sa poursuite jusqu’au bout…

Pour FNE et toutes ses associations, il est inimaginable que les intérêts privés du lobby des constructeurs d’autoroutes puissent encore aujourd’hui seul primer, comme au siècle dernier.


Quand on veut mettre en place un développement durable, c’est l’intérêt général bien compris qui doit prévaloir.

 

Communiqué de presse de la fédération France Nature Environnement 

 

15/03/2008

Le Salon de l'auto de Genève est tout sauf vert !

Paris, France — Alors que le salon de l'automobile de Genève se veut celui de la voiture verte, Greenpeace a voulu en avoir le cœur net et a calculé la moyenne des émissions de CO2 des modèles exposés. Résultat : 201 g/km. C'est largement au-delà de la moyenne de 120 g de CO2/km qu'il faut atteindre d'ici à 2012, et bien plus encore que celle des véhicules aujourd'hui mis sur le marché (160 g/km).
 
« Les salons, comme celui de Genève, sont des vitrines affichant l'avenir que l'on nous réserve en matière d'automobile. Et bien nous sommes fixés : cet avenir est dramatique pour l'environnement et les constructeurs en sont responsables, déclare Anne Valette, chargée de la campagne Climat de Greenpeace France. Le greenwashing tourne à fond. Campagnes de pub omniprésentes et communication institutionnelle agressive : tout est là pour nous faire croire qu'ils font le maximum afin de réduire l'impact des voitures sur le climat. En réalité, à l'heure où le Conseil européen réaffirme l'urgence, ils font tout pour saboter le projet de réglementation. »

Certes, la présence au salon de Genève de Ferrari ou Lamborghini, spécialisées dans les voitures de sport très polluantes, fait exploser la moyenne. Mais Greenpeace dispose du détail par constructeur. Ainsi, BMW vante les mérites de ses moteurs diesel les plus efficaces mais atteint 187 g de CO2/km. Renault, autoproclamé champion des voitures moins polluantes, promeut son nouveau 4x4 Koleos et récolte 186 g/km. Volkswagen a beau communiquer sur son label Blue Motion, son coupé Passat et le Tiguan montent la moyenne à 196 g/km.

Le 6 mars, Greenpeace a lancé un concours et proposé au grand public d'élire la pire voiture de l'année sur www.greenpeace.fr/voitures. La Toyota Land Cruiser 4.0 v6 Executive est placée en tête du palmarès par une majorité (53 %), devant la BMW 135i Coupé (23 %), la Volvo 70F 2.0 (11 %), la Renault Clio RS F1 2.0 (9 %) et la Volkswagen Golf Plus Comfortline 1.4 (4 %). « Les résultats de ce petit jeu reflètent le niveau de conscience des gens, qui ont bien compris qu'un 4x4 est très polluant, mais aussi l'impact des stratégies marketing développées par les constructeurs, analyse Anne Valette. En réalité, chacun des modèles nominés est une catastrophe environnementale. Ainsi la "petite" Renault sport, par exemple, rejette 197 g de CO2/km, alors qu'une Clio classique émet entre 110 et 140 g/km. »

Toute la vérité sur chaque constructeur sur www.greenpeace.fr/voitures

Pendant plus de dix ans, les constructeurs automobiles européens ont fait des promesses mensongères sur les efforts qu'ils étaient prêts à consentir pour être responsables. Non contents d'avoir délibérément fait perdre du temps à la lutte contre les changements climatiques, les constructeurs automobiles européens développent depuis plusieurs mois une campagne massive de lobbying pour vider de toute contrainte le projet de réglementation européenne visant à réduire les émissions de CO2 des véhicules particuliers. Greenpeace affirme que l'ambition climatique européenne doit se traduire par un double objectif : 120 g de CO2/km d'ici à 2012 et 80 g de CO2/km à l'horizon 2020.

« Au fil du temps, les automobilistes ont obtenu que les constructeurs leur proposent des voitures plus confortables et plus sûres, conclut Anne Valette. Exigeons désormais des modèles plus respectueux de l'environnement, d'autant que les technologies rendant les moteurs plus efficaces existent déjà. Au lieu de tout faire pour saper les négociations européennes en cours, les constructeurs doivent prendre leurs responsabilités face à l'urgence climatique. »

En Europe, le secteur des transports est le seul à voir ses émissions de CO2 augmenter depuis 1990 (+26 %). À elles seules, les voitures sont responsables de 12 % des rejets. En France, à l'origine de 26 % de nos émissions (dont 14 % pour les véhicules particuliers), les transports forment le secteur le plus polluant. 
 
Communiqué de Greenpeace France - 14 mars 2008

13/03/2008

La voiture électrique n'est pas "propre" (sauf si ses batteries sont rechargées avec des énergies renouvelables)

Chaque fois que l'occasion se présente, comme actuellement avec le salon de l'automobile de Genève, la voiture électrique est présentée comme une option propre et économique. C'est un point de vue qui mérite très largement d'être reconsidéré.

En effet, le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que, si ses batteries sont rechargées avec de l'électricité nucléaire, une voiture électrique contribue à toutes les tares de l'industrie atomique : production de déchets radioactifs, risques d'accident nucléaire, rejets de produits radioactifs et chimiques dans l'environnement, etc.

Qui plus est, contrairement à une idée reçue, l'électricité produite par EDF est fortement responsable d'émissions de gaz à effet de serre (*), ce qui vient d'être reconnu par une étude de l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) à propos du chauffage électrique : ce serait inévitablement aussi le cas si les batteries d'un parc de voitures électriques étaient rechargées en se branchant sur le secteur.

Par ailleurs, il faut aussi se poser quelques questions de bon sens :
- est-il acceptable de consacrer à des véhicules électriques d'immenses quantités d'électricité... quand celle-ci commence déjà à manquer à des milliards de gens pour leurs besoins fondamentaux ?
- un embouteillage n'est-il pas toujours absurde, qu'il soit constitué de voitures à essence ou de véhicules électriques ?

Le Réseau "Sortir du nucléaire" souligne néanmoins qu'il est possible, comme c'est le cas par exemple à Clermont-Ferrand ou à Montmelian (**), de recharger avec des énergies renouvelables les batteries des véhicules électriques.


(*) Pour "justifier" le nucléaire, la consommation française d'électricité a volontairement été démultipliée depuis des années par EDF et l'Etat. A tel point que, de plus en plus souvent, malgré 58 réacteurs, le parc nucléaire français est dépassé : sont alors des centrales thermiques (gaz, fuel, charbon), françaises ou étrangères, qui sont mises en service, dégageant de grandes quantités de CO2.

(**) http://www.montmelian.com/solaire/lasolaire%20ateliers%20...
 
Communiqué du Réseau "Sortir du nucléaire"

 
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