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12/11/2008

Maïs OGM : baisse de la fertilité

Le 11 novembre, les résultats d’une étude de nourrissage avec des produits OGM ont été présentés dans les locaux de l’Agence autrichienne pour la Santé et la Sécurité Alimentaire. Pour Christian Berdot qui suit la campagne OGM pour les Amis de la Terre France, il s’agit d’un avertissement sérieux : « Bien que l’Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire ait toujours certifié que le maïs MON810 ne pose aucun risque, cette étude autrichienne de nourrissage montre des effets physiologiques dus à la nourriture OGM, que l’industrie a toujours niés. Les résultats démontrent des effets négatifs sur la fertilité et des modifications des organes. Cette étude est une preuve supplémentaire que la clause de sauvegarde doit être appliquée au maïs MON810. »

Cette étude de nourrissage a été menée, à la demande du Ministère autrichien de la Santé, sous la direction du professeur de l’Université de Médecine Vétérinaire de Vienne, le Dr Jürgen Zentek. Les résultats de cette étude ont montré que les souris qui ont été nourries en continu pendant 20 semaines avec une variété de maïs OGM - le NK603xMON810 de Monsanto, autorisé comme aliment pour animaux et humains depuis 2007 - avaient, en comparaison avec un groupe de contrôle, un nombre significativement plus bas de portées et de petits, notamment à partir des troisième et quatrième générations. De plus, les petits des souris nourries avec le maïs GM avaient un poids significativement moindre. Cette étude multi-générationnelle (les descendants femelles furent accouplés) démontre des modifications des organes après le nourrissage avec le maïs OGM.

Cette étude met d’autre part, une fois de plus en question le sérieux des avis de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA ou bien EFSA en anglais). La procédure d’autorisation actuelle avait déclaré cet OGM comme ne présentant aucun danger.

Pour Christian Berdot : « L’AESA laisse passer, sans se poser de questions, les demandes d’autorisation d’OGM. Depuis qu’elle existe, elle a systématiquement donné un avis favorable à tous les dossiers qui lui ont été présentés par les industriels. De toute évidence, l’évaluation des risques par l’AESA est basée, sur des erreurs d’appréciation et les avis que l’AESA a prononcés, doivent être revus, les autorisations gelées et réexaminées sous ce nouvel éclairage. Quant à l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, elle même, il est temps de refuser son parti pris pro-industrie (1) et de la réformer en profondeur. »

Nos collègues des Amis de la Terre Autriche (GLOBAL 2000) saluent expressément la décision du ministère autrichien de commander cette étude. Comme le souligne Jens Karg qui suit le dossier OGM : « Une fois de plus, lorsqu’on prend la peine d’aller au-delà des dossiers fournis par l’industrie, les résultats des études montrent un tout autre tableau. Malheureusement, la quasi totalité des études sur les risques liés aux plantes OGM est menée par les industries des biotechnologies et il n’y a pour ainsi dire aucune évaluation des risques indépendante. Cette étude démontre aussi la nécessité de renforcer la recherche indépendante sur les risques afin de protéger la santé des citoyens et l’environnement. »

(1) Voir la traduction en français du rapport des Amis de la Terre/Friends of the Earth Europe dénonçant les conflits d’intérêts qui règnent au sein de l’ASEA. Même si certaines personnes ont changé, les problèmes demeurent : « OGM et Agence européenne : la prudence jetée aux orties », http://www.amisdelaterre.org/article.php3 ?id_article=1341


Nos collègues de Global 2000 (Amis de la Terre Autriche) ont enfin pu obtenir le document en question*. Il semblerait que certains responsables autrichiens ne souhaitaient pas qu’il soit rendu public. Il semble aussi que des pressions fortes soient exercées sur le scientifque pour lui faire "réécrire" ses conclusions.

 

* Biological effects of transgenic maize NK603xMON810 fed in long term reproduction studies in mice. October 2008 par Dr. A. Velimirov, Dr. C. Binter , Univ. Prof. Dr. J. Zentek
Etude de nourrissage de souris avec du maïs NK603xMon810 montrant une baisse de la fertilité et des modifications des organes chez les souris.

 

Source : Les Amis de la Terre

31/03/2008

ROUMANIE - Prochaine interdiction du maïs Mon810 ?

Dans le cas ou l’évaluation des risques environnementaux et sanitaires [liés au maïs Mon810] conduite par la Commission de Biosécurité concluerait à des risques réels pour l’environnement et la santé humaine, nous prendrons une décision gouvernementale visant à interdire la culture de maïs Mon810", a déclaré officiellement le ministre roumain de l’Environnement le 17 mars 2008. Au cours d’une rencontre sur l’agriculture biologique organisée conjointement par la Fédération roumaine des agriculteurs biologiques et Greenpeace, le ministre de l’Environnement roumain a donc rendu publique une démarche nationale qui rappelle celle annoncée par le Président Sarkozy en France en décembre 2007. Précisant les choses, le ministre a affirmé être en possession d’études scientifiques récentes "soulevant de sérieux doutes sur la sécurité pour l’environnement et la santé humaine du maïs génétiquement modifié Mon810". Ces études ont déjà servi à d’autres pays européens comme la France, la Hongrie, l’Autriche, la Grèce, la Pologne et l’Italie. Ces pays ont depuis annoncé un moratoire sur ce maïs transgénique. Sur base de ces études, et bien que le maïs Mon810 soit déjà autorisé à la culture dans l’Union européenne, le ministre a annoncé qu’il allait "demander à la nouvelle Commission de Biosécurité, qui sera opérationnelle après le 15 avril 2008, d’étudier les impacts que la culture du Mon810 pourrait avoir sur l’environnement et la santé humaine. Nous avons de gros doutes quant à la culture de ce maïs et, dans ces circonstances, nous ne pouvons donc pas y être favorables". Cette décision correspond à un pouvoir dont disposent les Etats-membres , en s’appuyant sur l’article 23 de la directive 2001/18. Mais le ministre a également voulu aller plus loin en indiquant demander "aux agriculteurs et aux entreprises semencières d’éviter la culture de maïs génétiquement modifié", en 2008, cette demande n’ayant évidemment pas d’obligation légale en l’absence de décision gouvernementale d’interdiction de mise en culture. Au-delà de cette annonce, la question reste posée de savoir si la Commission de biosécurité et le gouvernement auront le temps suffisant d’émettre une opinion scientifique et de prendre une décision en conséquence avant avril ou mai, date de semis des maïs. En 2007, 332 hectares de maïs GM ont été cultivés dans ce pays, ce qui pour le ministre montre "l’absence de motivation spectaculaire" pour cette culture.
 
Communiqué d'Inf'OGM 

09/02/2008

Vote du projet de loi OGM au Sénat : le pire est arrivé

Le pire était à craindre. Projet lacunaire, volonté de revanche sur le Grenelle de la majorité UMP la plus conservatrice, perméabilité du Sénat aux lobbies des biotechnologies et de l’agriculture productiviste… En conclusion de la session parlementaire d’hiver, le pire est arrivé : le texte voté ce vendredi soir par une clique de papis archaïques UMP et centristes impose des OGM partout, jusque dans les parcs nationaux, et en cachette.

Sauf reprise en main du Premier Ministre et du Président d’ici l’examen du texte début avril à l’Assemblée Nationale, le Grenelle ne passera pas le cap du premier examen au Parlement.

« Pas de conformité avec la directive européenne, pas de conformité avec l’opinion publique, pas de conformité avec le Grenelle ! déclare Arnaud Apoteker. Le texte voté est une triple trahison. On est pour l’instant bien loin de la loi de protection des producteurs et des consommateurs attachés au sans OGM que tout le monde attendait en France. Si protection il y a, c’est celle des OGM. On a donc une loi qui protège le fort contre le faible. »

Le sans OGM n’existe plus. L’agriculture française est sacrifiée sur l’autel des profits de quelques industriels. Une récolte contaminée à 0,9% sera considérée comme sans OGM. Contrairement au mandant de la directive 2001/18 (article 26 bis) et de toute justification scientifique, c’est ainsi le seuil d’étiquetage européen (0,9%) qui a été entériné au mépris complet de l’avenir des filières agricoles conventionnelles et de qualité en France.

Transparence et information du public niées. Pas d’étiquetage des produits animaux nourris aux OGM, pas d’information des mairies, des partenaires agricoles, pas non plus d’information des voisins en temps et en heure, protection du secret industriel, refus de l’implication des collectivités locales… Les cultures d’OGM peuvent donc s’implanter partout et dans le secret. Si l’information se fera bien au niveau de la parcelle, il n’existe aucune garantie que celle-ci se fera à temps, c’est-à-dire avant les semis. On ne donne pas même à la victime la possibilité de prendre ses ruches ou ses champs et d’aller voir ailleurs !

Seul avec sa contamination. Un régime de responsabilité défaillant est pour l’instant entériné. L’agriculteur conventionnel ou bio devra se débrouiller seul. Le champ de la responsabilité « hors champ » (transport ou stockage) n’est pas entériné. Le niveau d’indemnisation prévu, basée sur la dépréciation du prix, est ridicule par rapport à la réalité des contaminations : coûts écologiques, coûts liés à la traçabilité.

Evaluation biaisée. Au Haut Conseil, la primauté du scientifique sur la société civile est affirmée, alors que les lanceurs d’alerte ont prouvé leur importance ; il est à noter que cet amendement rétrograde est l’un des nombreux imposés par la Commission économique de M.Bizet.

Tous les observateurs de ces quelques jours de débat auront noté les grosses divergences apparues entre le gouvernement et la Commission économique. Une dizaine d’amendements de la Commission ont ainsi été adoptés en dépit de l’avis défavorable du gouvernement. « Il est sidérant de voir des sénateurs UMP se trouver en telle opposition avec le gouvernement, note Arnaud Apoteker. Durant ce débat, c’est bien l’opposition PS et Verts qui a soutenu des propositions en accord avec le Grenelle de M.Sarkozy ! »

Face à ce projet et à son avalanche d’amendements réactionnaires, l’extension de l’indemnisation à l’apiculture fait figure d’aumône. L’affirmation de M.Borloo en conclusion «cette loi est une loi de responsabilité » tient donc de la méthode Coué.
 
Communiqué de Presse - 08 février 2008 - Greenpeace France 

03/02/2008

Loi OGM : Jean-Pierre Raffarin et Alain Fouché vont-ils trahir les décisions du Grenelle de l’environnement ?

b3a788d931fe8f94a3d5285cf959830b.jpgPrenant compte de l’avis de la Haute Autorité sur les OGM, le gouvernement français a activé la clause de sauvegarde sur le MON 810 : la culture de ce maïs OGM est donc provisoirement suspendue en France. Après un premier report, les 5, 7 et 8 février 2008, le Sénat examine le projet de loi sur les OGM toujours soumis à la procédure d’urgence.

Selon le Collectif Vigilance OGM, le texte proposé par le gouvernement "légalise la contamination génétique généralisée de notre environnement, de notre agriculture et de notre alimentation. Il ne garantit pas la liberté et le droit de produire et consommer sans OGM. Ce texte, en organisant la « coexistence » entre OGM et non OGM - pourtant reconnue comme impossible - va à l’encontre des engagements du Grenelle de l’Environnement."

Le Collectif Vigilance OGM de la Vienne a souhaité interpeller ces dernières semaines les sénateurs de la Vienne, Messieurs Jean-Pierre Raffarin et Alain Fouché : invitation à une conférence-débat, envoi de nombreuses lettres pétitions et demande de rendez-vous auprès de leur permanence. Malgré leurs nombreuses relances, les deux élus n’ont donné aucune suite.

Toujours selon le collectif Vigilance OGM, la proposition de loi, votée en l’état, "condamnerait à terme l’agriculture et l’alimentation sans OGM et n’aboutirait nullement à apaiser le débat sur la question". Le collectif regrette que les sénateurs Jean-Pierre Raffarin et Alain Fouché n’aient pas accepté le dialogue : il espère que les deux élus respecteront les décisions du Grenelle de l’environnement. 

Par ailleurs, le Collectif Vigilance OGM rappelle que des propositions d’amendements, notes juridiques et documents de position très détaillés ont été communiquées à l’ensemble des sénateurs, afin de faire de cette loi une loi qui respecte l’environnement, les consommateurs, et l’agriculture de qualité.

Ecolopresse

 
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