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21/10/2008

Oléoduc Tchad Cameroun : la société civile demande des comptes à la Banque européenne d’investissement

Les Amis de la Terre et la coalition Counter Balance demandent aujourd’hui à la Banque européenne d’investissement (BEI) de commissionner une enquête indépendante sur le soutien de la banque de l’Union européenne au projet désastreux d’oléoduc Tchad-Cameroun. En 2000, la BEI a en effet accordé un prêt de 144 millions d’euros à ce projet très controversé, en dépit des avertissement répétés de la société civile sur ses risques majeurs. Fuites de pétrole, conflits au Tchad et au Darfour, appauvrissement des communautés locales : le bilan du projet et l’utilisation des pétrodollars qu’il a générés sont scandaleux, au point que la Banque mondiale s’en est retirée le 16 septembre dernier. La BEI assumera-t-elle ses responsabilités ?

Présenté pendant cinq ans comme le projet de développement « modèle », l’oléoduc devait permettre le développement du Tchad en affectant une proportion importante des revenus pétroliers à des activités directes de lutte contre la pauvreté dans ce pays classé parmi les plus pauvres de la planète. En réalité, après un coup d’Etat sanglant en 1990, la manne pétrolière tchadienne a servi à la construction d’une pétro-dictature de plus sur le continent, cette fois avec l’appui de fonds publics, et sous le couvert cynique de la « lutte pour la réduction de la pauvreté ».

Averties dès 1997 par les ONG des risques du projet, la Banque mondiale et la BEI se sont obstinées à la financer. En janvier 2006 le Président Idriss Deby modifie unilatéralement la loi pour pouvoir utiliser les revenus du pétrole à sa guise, et notamment pour des dépenses de défense, c’est-à-dire l’achat d’armes. Sur le terrain, les violations des droits humains se multiplient, et la confiscation des terres des paysans aggrave la crise alimentaire dans cette région parmi les plus fertiles du pays.

« Nous avons écrit de nombreux courriers à la BEI, en la prévenant clairement, sur la base de faits et de témoignages solides, des risques du projet : elle ne pouvait les ignorer. Dans une résolution de janvier 2000, le Parlement européen lui-même conseillait à la banque de ne pas financer le projet tant que les problèmes environnementaux et sociaux n’étaient pas réglés. La BEI est passée outre. Une telle erreur d’appréciation est inadmissible. C’est une négligence telle qu’elle devrait avoir des répercussions juridiques. » condamne Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes des Amis de la Terre.

Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne des Amis de la Terre, continue « La situation actuelle du projet prouve que les processus d’évaluation et de contrôle de la BEI sont totalement défaillants : il est urgent de se pencher sur les dysfonctionnements qui l’ont conduit à soutenir ce projet désastreux alors qu’elle était informée des risques et de la situation au Tchad, et de prendre les mesures nécessaires pour éviter qu’à l’avenir, la BEI n’utilise des fonds européens pour des projets aussi scandaleux. La crédibilité de la BEI et de l’Union européenne sont en jeu. »

Les Amis de la Terre, avec la coalition Counter Balance, ont écrit au Président de la BEI, Philippe Maystadt, afin de lui demander la mise en place d’une commission indépendante pour enquêter sur les défaillances de la banque dans le cas de l’oléoduc Tchad-Cameroun, les raisons de l’échec du projet malgré les conditions qui y étaient attachées, et les mesures et réformes que doivent engager la BEI et les gouvernements européens pour éviter à l’avenir un revers aussi cuisant dans un projet « modèle ».

Auteur : Anne-Sophie Simpere
Source : Les Amis de la Terre

26/07/2008

Les Amis de la Terre disent non au fichier EDVIGE

Les Amis de la Terre rejoignent le collectif « Non à EDVIGE » en s’opposant catégoriquement à ce nouveau projet d’atteinte aux libertés publiques et individuelles. En tant qu’association écologiste, les Amis de la Terre estiment qu’aucun individu ne doit être fiché pour la liberté de ses choix associatifs, politiques, syndicaux ou religieux. Les Amis de la Terre demandent le retrait du décret.

Le fichier EDVIGE est issu du décret du 27 juin 2008 créant le fichier d’Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information Générale (EDVIGE) : il concerne toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées. Il vise en outre toutes les personnes (ou groupes) "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public". Les données fichées, extrêmement larges, concernent les droits et les libertés publiques et individuelles (fichage des militants), les droits des enfants (fichage des mineurs dès 13 ans, fait sans précédent) et le respect de la vie privée (vie sexuelle, état de santé, relations personnelles, comportements, déplacements, appartenance ethnique, etc.).

Le fichier EDVIGE représente une nouvelle régression des droits et des libertés publiques et individuelles. Il entérine même un principe d’anticipation des délits, basé sur de pures suppositions. Claude Bascompte, président des Amis de la Terre, analyse : « Ce fichier prépare la répression potentielle envers tout militant exerçant ses choix écologistes, syndicalistes, politiques,etc. Le gouvernement est passé outre les réserves émises par la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL), et sans aucun débat public préalable. C’est tout simplement inacceptable. »

Il ajoute : « Le Grenelle de l’Environnement affichait un principe de négociation à cinq partenaires avec notamment les associations écologistes et les syndicats. Le Président de la République s’engageait donc à les considérer officiellement comme des partenaires à part entière : aujourd’hui il les fiche. C’est une nouvelle violation grave de l’esprit du Grenelle. Lorsque les ONG acceptent de négocier, elles sont fréquentables, mais lorsque leurs militants manifestent, ils sont fichés ! »

Les Amis de la Terre demandent le retrait du décret, rejoignant en cela la Ligue des Droits de l’Homme, la CGT, le Syndicat de la Magistrature, la Confédération Nationale du Logement ou 300 autres organisations et 40 000 citoyens, une mobilisation record en quinze jours de période estivale.

Notes :
(1) Extrait du site officiel du service public ici
(2) Pétition en ligne ici

Source : Les Amis de la Terre

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18/03/2008

Les nanotechnologies ou la chronique d’une invasion programmée

Les Amis de la Terre Europe ont publié le 15 mars 2008 un rapport dans lequel on apprend que des produits nanométriques non testés et potentiellement dangereux peuvent être trouvés, partout en Europe, dans les aliments, les emballages alimentaires et d’autres produits des rayons de supermarchés.

« Nanotechnologies » est le nom donné aux techniques de manipulations de la matière au niveau de l’atome et des molécules. Elles sont utilisées pour la fabrication de compléments nutritifs, de films plastiques alimentaires, d’emballages, de récipients, d’outils de cuisine antibactériens, mais aussi pour la transformation de la viande. On en trouve également dans l’agriculture, dans des boissons chocolatées, et même dans des produits pour bébés. Malgré les craintes que soulèvent les nano-matériaux à cause de leurs risques de toxicité, les citoyens en consomment déjà, des ouvriers les manipulent sans aucune protection et les législateurs sont à la traîne d’une industrie en pleine expansion [1]. En effet, les Amis de la Terre -Europe révèlent dans leur rapport « Du Labo, dans nos assiettes : les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture » qu’il existe au moins 104 produits agricoles et alimentaires contenant des nanomatériaux - ou fabriqués par nanotechnologie - en vente actuellement dans l’Union européenne, plusieurs centaines de ces produits étant même en vente sur le marché mondial.

Dans l’Union européenne, comme ailleurs, les règlements et les lois sont totalement inadaptés aux propriétés particulières des nano-matériaux. Les Amis de la Terre-France s’associent à la demande de leurs collègues européens pour que les responsables politiques de l’Union européenne mettent enfin en place une législation complète et réellement basée sur le principe de précaution, pour protéger les citoyens et l’environnement. Nous demandons aussi que l’Union Européenne favorise les agricultures biologiques et paysannes, seules garantes de la protection des citoyens et de l’environnement.

Pour Helen Holder, coordinatrice de la campagne « Alimentation et Agriculture » des Amis de la Terre-Europe : « Il est choquant que les citoyens européens puissent être exposés à des produits potentiellement toxiques, présents dans les aliments ou les emballages alimentaires sans qu’aucune réglementation n’assure leur sécurité. Les responsables politiques doivent arrêter de nous dire que les règlements actuels suffisent et doivent combler de toute urgence les lacunes réglementaires. »

Pour Christian Berdot des Amis de la Terre-France : « D’un côté, on étouffe les petits producteurs avec des règlements sanitaires toujours plus tatillons et coûteux, de l’autre les industriels ont toute latitude pour mettre en danger la santé des citoyens avec des produits potentiellement toxiques sans que le moindre étiquetage, la moindre réglementation ne soient mise en place. Comme pour les OGM, on commercialise d’abord et on fera les études après, l’intérêt des industriels passe avant la protection des citoyens et de l’environnement. »

(1) Voir le rapport complet en anglais à l’adresse suivante : http://www.foeeurope.org/activities/nanotechnology/Docume...Nano_food_report.pdf ou notre traduction partielle à la suite :

(2) Les Amis de la Terre /Friends of the Earth Europe ont analysé les textes juridiques européens suivants : Food Law Regulation 178/2002, Novel Foods Regulation 258/97, Food Additive Use Directive 89/107, Food Packaging Regulation (EC 1935/2004ainsi que les règlements sur les pesticides et biocides (Directive 91/414, Council Directive 79/117, Regulation 396/2005 and Directive 98/8/EC, Directive 76/769/EEC) et ont trouvé qu’ils étaient inadaptés pour gérer les risques liés aux nano-aliments. Pour plus d’informations, voir le rapport en anglais.

Communiqué Les Amis de la Terre 

 
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