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23/03/2010

Caisses d’Epargne : les Amis de la Terre condamnent la suspension de l’étiquetage Développement Durable

Les Amis de la Terre condamnent fermement la suspension de l’étiquetage Développement Durable par les Caisses d’Epargne, qui s’étaient engagés dans cette initiative innovante en juin 2007. Cette décision va totalement à l’encontre des engagements pris, au beau milieu d’une crise financière majeure qui a révélé l’absence de transparence du secteur financier, et juste avant la généralisation de l’étiquetage environnemental aux produits grand public, dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Les Amis de la Terre demandent au groupe BPCE de revenir immédiatement sur sa décision.

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31/10/2008

Principes d’Equateur : BNP Paribas va-t-il s’améliorer ?

BNP Paribas vient d’adopter les Principes d’Equateur, des normes volontaires environnementales et sociales applicables au financement de projets. Les Amis de la Terre se félicitent de ce revirement positif alors que, comme l’a encore prouvé récemment l’implication du groupe bancaire dans plusieurs projets controversés, beaucoup reste à faire. Les Amis de la Terre appellent donc BNP Paribas à élaborer des politiques sectorielles en matière énergétique et climatique (notamment), et à mettre en place un mécanisme de recours pour les populations locales affectées par les projets.

Comme on peut le lire dans le rapport de développement durable 2007 de la banque, BNP Paribas refusait jusqu’alors d’adopter les Principes d’Equateur, signés à ce jour par une soixantaine d’institutions financières dans le monde : « Selon l’analyse faite par le Groupe, les Principes présentent en particulier le risque pour les parties prenantes de confondre un financement de projet proprement dit, dans lequel la banque est en mesure de négocier un grand nombre des conditions liées à l’utilisation des fonds, avec d’autres modes de financement pour lesquels la banque ne dispose pas de cette possibilité. Cette confusion peut être utilisée par certaines organisations pour reprocher aux établissements signataires de ne pas appliquer les Principes à ces autres types de financements, alors même que ces banques ne disposent pas de la faculté d’imposer aux emprunteurs des obligations de respect, ni des moyens de suivi des normes environnementales et sociales conformes aux Principes » (1).

Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, précise : « BNP Paribas est le dernier acteur majeur dans l’activité spécifique de financement de projets à adopter les Principes d’Equateur, cinq ans après leur lancement (2). Si ce revirement est bien tardif pour le leader mondial de cette activité pour les prêts octroyés en 2007, il est le bienvenu et constitue une victoire due notamment à la pression de la société civile, qui a isolé la banque dans plusieurs projets controversés comme la centrale nucléaire de Belene, en Bulgarie. BNP Paribas s’est tristement illustré récemment dans d’autres projets controversés comme le projet pétrolier et gazier de Sakhaline II en Russie et le projet d’expansion du barrage de Theun-Hinboun au Laos ».

Le respect des Principes d’Equateur est cependant loin de constituer une réponse suffisante aux enjeux sociaux et environnementaux auxquels BNP Paribas doit répondre. Sébastien Godinot, coordonnateur des campagnes aux Amis de la Terre, analyse : « Les Principes d’Equateur ne couvrent que l’activité de financement de projets, soit 1 % environ des activités de la Banque de Financement et d’Investissement. En outre, ils pêchent en matière de transparence, ne correspondent pas aux meilleures pratiques internationales, et n’offrent aujourd’hui aucun recours supplémentaire aux populations affectées par les projets financés (3). La priorité est surtout l’adoption de politiques spécifiques dans les secteurs à risque. Nous proposons depuis un an une politique sectorielle climat-énergie (où les Principes d’Equateur n’apportent rien), incluant le calcul des émissions de gaz à effet de serre induites par les activités bancaires (4). Plusieurs banques ont déjà agi en la matière, comme la Caisse d’Epargne avec l’élaboration de la méthodologie de l’étiquetage « climat » de ses produits aux particuliers. Nous invitons BNP Paribas à rejoindre cette initiative qui va s’étendre rapidement à d’autres acteurs financiers ».


(1) Rapport développement durable 2007 de BNP Paribas.

(2) D’après le dernier classement annuel des League Tables du magazine Project Finance International.

(3) Voir notamment les rapports du réseau BankTrack, dont les Amis de la Terre sont membres : « Equator Principles Re-Launched on 6 July 2006 », Juillet 2006, « Unproven Principles ; the Equator Principles at year two », Juin 2006, et « Principles, Profits or just PR ? », Juin 2004, accessibles en ligne sur la page Internet du site de BankTrack.

(4) Rapport « Banques françaises, banques fossiles ? », Les Amis de la Terre, Mars 2007.

Source : Les Amis de la terre

21/10/2008

Oléoduc Tchad Cameroun : la société civile demande des comptes à la Banque européenne d’investissement

Les Amis de la Terre et la coalition Counter Balance demandent aujourd’hui à la Banque européenne d’investissement (BEI) de commissionner une enquête indépendante sur le soutien de la banque de l’Union européenne au projet désastreux d’oléoduc Tchad-Cameroun. En 2000, la BEI a en effet accordé un prêt de 144 millions d’euros à ce projet très controversé, en dépit des avertissement répétés de la société civile sur ses risques majeurs. Fuites de pétrole, conflits au Tchad et au Darfour, appauvrissement des communautés locales : le bilan du projet et l’utilisation des pétrodollars qu’il a générés sont scandaleux, au point que la Banque mondiale s’en est retirée le 16 septembre dernier. La BEI assumera-t-elle ses responsabilités ?

Présenté pendant cinq ans comme le projet de développement « modèle », l’oléoduc devait permettre le développement du Tchad en affectant une proportion importante des revenus pétroliers à des activités directes de lutte contre la pauvreté dans ce pays classé parmi les plus pauvres de la planète. En réalité, après un coup d’Etat sanglant en 1990, la manne pétrolière tchadienne a servi à la construction d’une pétro-dictature de plus sur le continent, cette fois avec l’appui de fonds publics, et sous le couvert cynique de la « lutte pour la réduction de la pauvreté ».

Averties dès 1997 par les ONG des risques du projet, la Banque mondiale et la BEI se sont obstinées à la financer. En janvier 2006 le Président Idriss Deby modifie unilatéralement la loi pour pouvoir utiliser les revenus du pétrole à sa guise, et notamment pour des dépenses de défense, c’est-à-dire l’achat d’armes. Sur le terrain, les violations des droits humains se multiplient, et la confiscation des terres des paysans aggrave la crise alimentaire dans cette région parmi les plus fertiles du pays.

« Nous avons écrit de nombreux courriers à la BEI, en la prévenant clairement, sur la base de faits et de témoignages solides, des risques du projet : elle ne pouvait les ignorer. Dans une résolution de janvier 2000, le Parlement européen lui-même conseillait à la banque de ne pas financer le projet tant que les problèmes environnementaux et sociaux n’étaient pas réglés. La BEI est passée outre. Une telle erreur d’appréciation est inadmissible. C’est une négligence telle qu’elle devrait avoir des répercussions juridiques. » condamne Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes des Amis de la Terre.

Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne des Amis de la Terre, continue « La situation actuelle du projet prouve que les processus d’évaluation et de contrôle de la BEI sont totalement défaillants : il est urgent de se pencher sur les dysfonctionnements qui l’ont conduit à soutenir ce projet désastreux alors qu’elle était informée des risques et de la situation au Tchad, et de prendre les mesures nécessaires pour éviter qu’à l’avenir, la BEI n’utilise des fonds européens pour des projets aussi scandaleux. La crédibilité de la BEI et de l’Union européenne sont en jeu. »

Les Amis de la Terre, avec la coalition Counter Balance, ont écrit au Président de la BEI, Philippe Maystadt, afin de lui demander la mise en place d’une commission indépendante pour enquêter sur les défaillances de la banque dans le cas de l’oléoduc Tchad-Cameroun, les raisons de l’échec du projet malgré les conditions qui y étaient attachées, et les mesures et réformes que doivent engager la BEI et les gouvernements européens pour éviter à l’avenir un revers aussi cuisant dans un projet « modèle ».

Auteur : Anne-Sophie Simpere
Source : Les Amis de la Terre

 
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