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28/07/2008

Prolongement de l'A16: les associations enfins écoutées!

Mercredi 16 juillet, le ministre d’Etat de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, a publié la décision concernant le tracé du prolongement de l’A16. Le tracé choisi (dit « tracé B »), prend pleinement en compte les recommandations soulevées par les associations lors du débat public. Ce choix significatif témoigne donc bien de l’importance de la démocratie dans les prises de décision concernant l’aménagement du territoire.

Il convient en effet de rappeler que pour ce projet, il n'y avait pas d'obligation pour le maître d'ouvrage de soumettre à la Commission Nationale du Débat Public (CNDP). Le "tracé A" était décidé à travers l'espace agricole de la Plaine de France. Mais suite à la demande des associations locales, France Nature Environnement et le Conseil Régional ont saisi la CNDP qui a permis un débat public. Il a ainsi été possible, durant l’ensemble des réunions, de mettre en avant nos préoccupations telles que la protection des milieux naturels et agricoles. Les associations, les riverains ainsi que les agriculteurs ont pu enfin être écoutés!

Le choix du « tracé B » , tel que mis en avant par les associations, est de plus pleinement compatible avec le projet de SDRIF (Schéma directeur de la région Ile de France) et indique bien un front urbain d’intérêt régional. On peut néanmoins regretter la non prise en compte de l’amélioration nécessaire des liaisons ferroviaires ainsi que la mention faite, une fois de plus, à une possible troisième plateforme aéroportuaire.
 
Source : FNE

16/06/2008

Monsieur Fillon, le nucléaire ne fait pas rouler les voitures !

Paris, France — Greenpeace s'insurge contre l'idée absurde et saugrenue de construire un nouveau réacteur nucléaire EPR en réponse à la crise du pétrole, avancée par le Premier ministre François Fillon, invité de l'émission À vous de juger, jeudi 12 juin, sur France 2. « François Fillon et tous ceux qui présentent le nucléaire en réponse à la crise du pétrole ne savent pas que le nucléaire ne produit que de l'électricité. Ou alors, ils se moquent des Français au lieu de répondre à leurs inquiétudes concernant la flambée du prix du pétrole et leur pouvoir d'achat », déclare Frédéric Marillier, de Greenpeace France. Greenpeace tient à rappeler quelques vérités au Premier ministre...

Pétrole et atome ne sont pas interchangeables. Les besoins couverts par le nucléaire ne concernent donc que l'électricité, soit environ 17 % de la consommation d'énergie en France (2 à 3 % au niveau mondial). Il est inopérant dans d'autres secteurs fortement émetteurs de CO2. Ainsi les transports, qui représentent plus de la moitié de la consommation française de pétrole. Pour l'instant, le nucléaire ne fait pas avancer les voitures. Et ce n'est a priori pas demain la veille : sur plus de 2 millions de véhicules particuliers neufs immatriculés en 2006, seuls 14 sont électriques.

La déclaration de François Fillon est d'ailleurs d'autant plus scandaleuse qu'elle survient trois jours après que Nicolas Sarkozy a cédé à Angela Merkel au sujet de la réglementation visant à limiter les émissions de CO2 des voitures neuves, que l'Europe devrait voter d'ici la fin de l'année. Le président de la République a accepté un compromis qui reflète davantage les intérêts des constructeurs automobiles européens, et en premier lieu allemands, que le souci de développer le marché des voitures efficaces, peu gourmandes en carburant et faiblement émettrices de CO2.

Pour l'instant, on ne sait pas construire d'EPR. Les deux seuls EPR qu'Areva tente actuellement de construire rencontrent de grosses difficultés. Le chantier finlandais, entamé en 2005, affiche un dépassement budgétaire global de 1,3 à 2,2 milliards d'euros (pour un prix initial de 3,3 milliards) et se sera terminé qu'avec deux ans de retard au moins (2011 et non 2009). Quant à l'EPR de Flamanville (Manche), tous les travaux ont été stoppés jusqu'à nouvel ordre, le 21 mai, sur injonction de l'Autorité de sûreté nucléaire qui avait relevé de nombreuses anomalies et malfaçons. Par ailleurs, pour la première fois, les responsables du chantier ont reconnu devant la Commission locale d'information, qui s'est réunie jeudi 12 juin, que le chantier prenait du retard.

Il existe une bien meilleure solution : l'efficacité énergétique. Experts du Giec, Agence internationale de l'énergie, Union européenne : tout le monde s'accorde à reconnaître que la priorité des priorités, c'est de mettre en œuvre une politique de maîtrise de la consommation d'énergie beaucoup plus ambitieuse qu'elle ne l'est aujourd'hui. L'efficacité constitue non seulement le meilleur moyen de lutter contre les changements climatiques, mais c'est aussi de répondre aux enjeux d'indépendance énergétique et de réduire la facture des ménages et des États.

Faire des économies est bien plus rentable que d'investir dans le nucléaire. Le Rocky mountain institute a ainsi calculé qu'un euro investi dans des mesures de maîtrise de la consommation et d'économies d'énergie permet d'économiser 7 fois plus d'énergie que ne peut en produire un euro investi dans le nucléaire. « Trente ans après les chocs pétroliers et alors qu'elle s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne, la France doit se dégager de son obsession du nucléaire, aussi irresponsable qu'irrationnelle, et faire de l'efficacité énergétique et de la maîtrise de la consommation sa seule et unique priorité », demande Frédéric Marillier.
 
Source : Greenpeace France 

12/06/2008

Accord franco-allemand sur les émissions de CO2 des voitures : la France brade le climat

Greenpeace condamne l'accord franco-allemand annoncé lundi 9 juin par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel concernant la future réglementation européenne visant à limiter les émissions de dioxyde de carbone (CO2) des véhicules particuliers. Leurs déclarations reflètent ce qu'on pouvait attendre de pire concernant l'efficacité des voitures et laissent augurer d'une éventuelle collaboration franco-allemande sur le nucléaire.

« Avec un tel deal, non seulement Nicolas Sarkozy lâche sur une réforme ambitieuse de l'industrie automobile en échange de perspectives commerciales pour Areva, déclare Anne Valette, de Greenpeace France, mais en plus, en une période de tension sur les prix du pétrole, il sacrifie le pouvoir d'achat des ménages, qui réclament des voitures peu gourmandes en carburant, au profit des intérêts financiers de quelques industriels de l'automobile. »

138 g/km au lieu de 120 g
La France devait défendre un texte à la hauteur du défi climatique, limitant les émissions de CO2 des voitures neuves à 120 g/km d'ici à 2012. Au lieu de cela, elle cède à la pression d'Angela Merkel, porte-drapeau de l'industrie automobile allemande, en prenant en compte des émissions évitées grâce à des « éco-innovations ». En clair, la réglementation va donner une large marge de manoeuvre aux constructeurs qui seront autorisés à commercialiser des véhicules dont les moteurs émettront en moyenne 136 à 138g CO2/km, au lieu de 120 g/km.

« On est très loin de ce qu'il faut faire, affirme Anne Valette. Avec un objectif aussi faible, l'Union européenne risque de ne pas être en mesure de respecter les engagements de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre qu'elle s'est fixés dans le cadre du protocole de Kyoto. »

2012 n'existe plus
Deux éléments laissent penser que l'objectif de réduction des émissions de CO2 - même revu à la baisse - ne sera pas atteint pour 2012. D'abord, cet objectif risque de n'être appliqué que progressivement à l'ensemble de la flotte. Ensuite, au lieu d'introduire d'un système de pénalités dissuasives (150 euros pour chaque gramme de CO2 supplémentaire pour chaque véhicule vendu), seule garantie que tous les constructeurs respecteront les nouvelles normes, la France et l'Allemagne se sont accordé pour différencier le montant des sanctions : ainsi, un léger dépassement de la norme ne sera que faiblement pénalisé.

2020 : objectif nul...
La France se vantera sans doute d'avoir faire accepter à l'Allemagne la définition d'un objectif de long terme à 2020. Une victoire bien facile puisque cet objectif est défini ainsi : 95 à 110 g de CO2/km. Soit bien loin des 80 g que Greenpeace réclamait et sachant que le Parlement européen avait déjà proposé 95 g ! Avec l'accord franco-allemand, l'UE a toutes les chances de sortir de la fourchette préconisée par l'Agence européenne de l'environnement, qui estime que l'Europe soit se doter d'une limitation de 80 à 95 g/km en 2020 pour être en mesure de respecter ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
« En octobre dernier, à l'issue du Grenelle de l'environnement, la France s'était engagée à défendre 120 g de CO2/km. Mais le président de la République a prouvé hier que son engagement en faveur de la lutte contre les changements climatiques n'était qu'un beau discours, rappelle Anne Valette. Sur ce dossier majeur, l'échec est patent. Voilà qui promet pour la présidence française de l'Union européenne ! En attendant, Greenpeace va pousser les autres États membres de l'UE et les parlementaires européens à rejeter ce compromis déplorable. »

Source : Greenpeace France

30/05/2008

Climat, indépendance énergétique, pouvoir d'achat : tous les chemins mènent à l'efficacité, pas au nucléaire !

Paris, France — L'envolée du prix du pétrole relance le débat sur notre dépendance aux hydrocarbures. Trente ans après les chocs pétroliers, Greenpeace s'inquiète des orientations de la politique énergétique de la France, à l'heure où celle-ci doit mettre en application les engagements du Grenelle et présider l'Union européenne. Législation sur l'efficacité des voitures et sur les produits consommateurs d'électricité : la France doit faire de l'efficacité sa seule priorité.

Le 27 mai, Nicolas Sarkozy sur RTL et François Fillon à l'Assemblée nationale, ont insisté sur le nucléaire comme solution pour faire face à la hausse du prix du pétrole. « Voilà le président de la République et son Premier ministre au moins d'accord sur un point ! Malheureusement, il s'agit d'une erreur fondamentale, déplore Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace France. Depuis quand le nucléaire, qui ne représente que 2 % de la consommation d'énergie mondiale, va sauver le climat ? Depuis quand l'uranium est une ressource renouvelable et locale ? Depuis quand l'atome fait rouler les voitures ? »

L'efficacité énergétique a déjà fait ses preuves
Selon Rocky mountain institute, un euro investi dans l'efficacité permet d'économiser 7 fois plus d'énergie que ne peut en produire un euro investi dans le nucléaire. Avec une facture énergétique de 50 milliards d'euros en 2007 (soit environ 2 000 € par ménage), qui risque de s'envoler dans les années à venir, la France doit faire des économies d'énergie sa nouvelle « obsession ».

À l'époque des chocs pétroliers, la France a instauré avec succès une politique d'économies d'énergie trois fois plus rentable que le nucléaire. Entre 1973 et 1987, elle a économisé 34 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) par an, pour un investissement de 100 milliards de francs. Dans le même temps, elle a produit 56 Mtep par an, pour un investissement dans le nucléaire de 500 milliards de francs. Malgré son succès, la France a abandonnée cette politique d'efficacité dès 1985, quand le prix du baril s'est effondré.

L'efficacité : tout le monde en parle, personne n'agit
Le volet « efficacité » est le parent pauvre du paquet « énergie climat » qui doit être voté par l'UE d'ici la fin de l'année. Pour l'instant, contrairement aux objectifs de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre et de développement de 20 % des renouvelables, l'objectif de réduire de 20 % la consommation d'énergie par la mise en place d'une politique d'efficacité ne revêt aucun caractère juridiquement contraignant. Or sans cadre réglementaire contraignant, les industriels continuent de mettre sur le marché des produits qui gaspillent de l'énergie, poussant ainsi les ménages à surconsommer.

« À Bruxelles, les industriels de l'automobile, de l'éclairage ou encore de l'électroménager, se battent contre l'imposition de normes ambitieuses, qui les obligeraient à vendre des produits plus économes, conclut Karine Gavand. La France va présider l'Europe : le Président Sarkozy dispose d'une occasion unique de mettre l'Europe sur la voie des économies, réponse la plus efficace, la moins coûteuse et la plus propre aux enjeux du climat et de facture énergétique ! »

En se dotant d'une réglementation contraignante sur l'efficacité, l'UE pourrait économiser au moins 20 % de sa consommation d'énergie actuelle d'ici à 2020, et alléger sa facture énergétique de plus de 100 milliards d'euros chaque année, ce qui représente une économie d'environ 1 000 € par an et par ménage.
 
Source Greenpeace 
 
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