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21/05/2008

L’impasse des agrocarburants : Lettre de FNE à Nicolas Sarkozy

Alors qu’un conseiller du secrétaire général des Nations Unies demande à l’Europe et aux Etats-Unis de réduire leur production d’agrocarburants, la fédération France Nature environnement a écrit au Président de la République pour lui demander, au moment où il s’apprête à assumer la Présidence de l’Union Européenne, de défendre une nouvelle politique énergétique et notamment de revenir sur les objectifs d’incorporation d’agrocarburants proposés dans le cadre du « paquet Energie-Climat ».


Pour FNE, le maintien des objectifs d’incorporation « engendre une disproportion évidente entre une production d’agrocarburants forcément limitée par les surfaces agricoles disponibles et des besoins d’énergie pour les transports sans cesse croissants ».

Il est temps de reconnaître que les agrocarburants sont une impasse énergétique, environnementale, et alimentaire :
• Leur bilan écologique est médiocre, voire désastreux : réductions des émissions de gaz à effet de serre insuffisantes, déforestation dans les pays en développement, pratiques agricoles intensives, pression sur les ressources en eau …
• Leur concurrence avec la fonction nourricière de l’agriculture est injustifiable
• Ils ne constituent qu’un appoint marginal à notre dépendance énergétique

FNE rappelle que les premières priorités sont le report de la route vers des modes de transports alternatifs et la rationalisation des flux de marchandises. Les économies réalisées auraient d’autre part un impact direct sur l’équilibre de notre balance commerciale.

Pour Jean-Claude BEVILLARD, chargé des questions agricoles à FNE :
« La France, qui présidera l’Union Européenne au second semestre, peut jouer un rôle décisif afin de porter une politique cohérente, fondée sur la sobriété et l’efficacité énergétiques. FNE demande donc au Président de la République de renoncer à tout objectif d’incorporation d’agrocarburants dont les bénéfices énergétiques, climatiques, sanitaires et socio-économiques sont loin d’être avérés. »
 
Communiqué : FNE 

 

19/05/2008

Transport de plutonium : Areva veut faire taire Greenpeace qui dénonce ce transport et réclame des comptes !

Alors que l'Atlantic Osprey, un cargo transportant plusieurs dizaines de kilos de plutonium, a quitté le port de Workingtown samedi 17 mai à 23 h et devrait arriver à Cherbourg dès cette nuit, Areva a assigné Greenpeace en référé au tribunal de grande instance de Cherbourg lundi 19 mai, à 10 h, dans le but d'empêcher l'association écologiste de perturber ce transport provenant du Royaume-Uni. En réponse, Greenpeace a déposé un recours « reconventionnel ». La décision du tribunal est attendue le 19 mai, à 17 h.

Le référé d'Areva et le recours de Greenpeace
Areva demande au tribunal d'empêcher Greenpeace de s'approcher à moins de 500 m de l'Atlantic Osprey en mer et 150 m sur terre (port de Cherbourg, route de l'usine de La Hague) et d'assortir ces interdictions d'une astreinte de 100 000 euros par infraction constatée.
« Alors que nous demandons plus de transparence, Areva nous convoque devant la justice pour nous museler, explique Yannick Rousselet, de Greenpeace France. L'opinion publique a pourtant le droit de savoir quelle est l'ampleur du trafic de plutonium qui commence entre la France et le Royaume-Uni, de connaître les risques liés à ces transports et d'être assuré qu'aucun déchet radioactif ne restera sur notre sol. »
Sur la base des lois sur la transparence et la gestion des déchets radioactifs de 2006, Greenpeace s'interroge sur la légalité de cette importation de plutonium et demande la publication immédiate de plusieurs documents :
- le contrat liant Areva à l'usine de Sellafield, d'où provient le plutonium ;
- une liste à jour des pays d'origine et propriétaire de ce plutonium ;
- un calendrier précis des transferts et de la réutilisation du plutonium ;
- un calendrier des retours des déchets issus du traitement de ce plutonium.

L'histoire de ce transport de plutonium
Le 6 mars, Greenpeace révélait l'arrivée jusque-là tenue secrète de l'Atlantic Osprey, initialement prévue au port de Cherbourg (Manche), dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 mars. Devant cette révélation, Areva a préféré retarder ce transport. Dès le 18 mars, l'organisation écologiste a envoyé de multiples courriers à Areva, à l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) et au Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire. Autant de démarches restées sans réponse satisfaisante.
Le transport en cours risque d'être le premier d'une longue série : au total, plusieurs tonnes de plutonium pourraient être concernées. « C'est précisément ce dont nous voulons avoir le cœur net aujourd'hui, car aucune information publique n'est disponible, s'alarme Yannick Rousselet. Nous nous mobilisons pour obtenir que toute la lumière soit faire sur le côté obscur de l'industrie nucléaire. »

En parallèle, Greenpeace a entamé une autre procédure juridique
Mardi 6 mai, Greenpeace déposait un autre recours, devant le Conseil d'État cette fois, et à propos du décret 2008-209, relatif à la gestion des déchets radioactifs provenant de l'étranger. « Ce décret, datant du 3 mars dernier, contredit la loi de 2006 et constitue un retour en arrière inacceptable puisqu'il propose aux pays clients d'Areva de garder certains de leurs déchets au lieu de les leur renvoyer, affirme Frédéric Marillier, de Greenpeace France. Plus rien n'empêche désormais Areva de faire de la France la poubelle nucléaire du monde. Nicolas Sarkozy n'est pas seulement le VRP du nucléaire : il est aussi le fossoyeur du seul et unique texte qui imposait une contrainte écologique minime mais réelle à l'industrie nucléaire. »

 

Communiqué : Greenpeace France 

05/05/2008

Le biocarburant menace les terres de 60 millions d’autochtones

Selon les participants au Forum permanent des Nations-Unies sur les questions indigènes, qui s’est réuni ces jours-ci à New York, la demande mondiale en biocarburant détruit les terres et les vies des peuples indigènes.

Un rapport présenté au Forum dénonce la recrudescence des ‘violations des droits de l’homme, des déplacements et des conflits provoqués par la spoliation des terres et forêts ancestrales pour y produire du biocarburant’. L’un des auteurs du rapport, Victoria Tauli-Corpuz, présidente du Forum, a déclaré que si elle continue à ce rythme, l’expansion des biocarburants menacera les terres et les modes de vie de 60 millions de membres de communautés indigènes du monde entier.

Le palmier à huile est la plus dévastatrice des plantes utilisées pour produire du biocarburant. En Malaisie, plusieurs millions d’autochtones sont déjà affectés par de telles plantations, tout comme en Indonésie, où plus de 6 millions d’hectares ont été plantés, principalement en territoire indigène. En Colombie, des milliers de familles, la plupart indigènes, ont été violemment expulsées de leur terre pour y cultiver le palmier à huile et autres plantes pour biocarburant.

La Malaisie, l’Indonésie et la Colombie sont en train de planifier l’extension de leurs plantations de palmier à huile. L’Indonésie a annoncé qu’un projet de plantation à Bornéo impliquera le déplacement de près de 5 millions d’autochtones et qu’en Papouasie, 5 millions d’hectares, en majeure partie sur des terres indigènes, ont été réservés à la plantation de palmiers à huile. La Colombie se prépare à en planter 6,3 millions d’hectares, ce qui affectera plus de cent communautés indigènes.

‘Si le gouvernement nous prend nos terres, que nous restera-t-il ? Elles seront détruites par ces plantations’ a déclaré un leader Papou à Survival lors d’une interview.

La canne à sucre, le soja, le maïs, le manioc et la jatropha, une plante d’Amérique centrale, sont également utilisés pour produire du biocarburant. Les Guarani du Brésil ont perdu une grande partie de leur territoire au bénéfice des plantations de canne à sucre, tandis que le gouvernement indien projette de consacrer 13,5 millions d’hectares d’une terre qu’il considère comme ‘vide’ mais dont la majeure partie est habitée par des peuples indigènes.

Stephen Corry, directeur de Survival a déclaré aujourd’hui : ‘Le boom du biocarburant n’a pas seulement de graves conséquences sur l’environnement, la hausse du prix des denrées alimentaires ou la survie des orang-outang – il a aussi un impact dévastateur sur les peuples indigènes. Les compagnies qui promeuvent cette industrie ont réellement la volonté de se débarrasser des peuples indigènes afin d’accaparer leurs terres’.

27/03/2008

Autoroute A 65 : Protégeons les espèces menacées,

Le Conseil National de Protection de la Nature vient d’émettre un avis négatif à la demande d’autorisation de destruction de plusieurs espèces de faune et de flore protégées, dont le Vison d’Europe, qui serait nécessaire aux 150 kilomètres de l’autoroute A 65 Pau-Langon. Les associations demandent à Jean-Louis Borloo de ne pas passer outre l’avis du CNPN et de s’opposer à une telle destruction.


Philippe Barbedienne, directeur de la SEPANSO souligne « Pour les associations engagées depuis des années contre ce projet d’autoroute, la survie du Vison d'Europe est un argument fort de plus en faveur de l'abandon immédiat d’un projet aussi inutile et destructeur de l'environnement qu'il s'avèrera à terme ruineux pour la collectivité. On fait fausse route… Le Ministre peut et doit porter un coup d'arrêt à cette folie. On ne peut pas attenter ainsi à la biodiversité pour les besoins d’un projet inutile et aujourd’hui complètement obsolète ».

Arnaud Gossement, porte parole de FNE ajoute « L’A65 est une folie qu’il faut arrêter ! Autoriser la destruction d’une espèce protégée pour les besoins d’une autoroute inutile serait un mauvais coup porté à une gouvernance soucieuse de l’avenir du vivant dans notre pays. Arrêter cette autoroute serait une décision courageuse de nature à redonner du souffle au Grenelle dont la crédibilité serait renforcée. Nous devons remettre à plat la politique des transports de ce pays : des alternatives existent comme au goudron en général et à l’A65 en particulier ! »

Pour la Ligue Roc : « alors que l'aménagement intelligent de l'itinéraire actuel Pau-Langon est une alternative réaliste, l’élimination par l'A 65 de milliers d’hectares d'espaces naturels et d’espèces est une atteinte manifeste à la biodiversité dont les humains font partie et dépendent. La poursuite de tels projets destructeurs est comme une fuite en avant qui emmène les humains vers l’appauvrissement de la nature donc de leurs conditions de vie. »

En tout état de cause, le coût de l’abandon de ce mauvais projet restera toujours largement inférieur à celui de sa poursuite jusqu’au bout…

Pour FNE et toutes ses associations, il est inimaginable que les intérêts privés du lobby des constructeurs d’autoroutes puissent encore aujourd’hui seul primer, comme au siècle dernier.


Quand on veut mettre en place un développement durable, c’est l’intérêt général bien compris qui doit prévaloir.

 

Communiqué de presse de la fédération France Nature Environnement 

 

 
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