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12/06/2008

Accord franco-allemand sur les émissions de CO2 des voitures : la France brade le climat

Greenpeace condamne l'accord franco-allemand annoncé lundi 9 juin par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel concernant la future réglementation européenne visant à limiter les émissions de dioxyde de carbone (CO2) des véhicules particuliers. Leurs déclarations reflètent ce qu'on pouvait attendre de pire concernant l'efficacité des voitures et laissent augurer d'une éventuelle collaboration franco-allemande sur le nucléaire.

« Avec un tel deal, non seulement Nicolas Sarkozy lâche sur une réforme ambitieuse de l'industrie automobile en échange de perspectives commerciales pour Areva, déclare Anne Valette, de Greenpeace France, mais en plus, en une période de tension sur les prix du pétrole, il sacrifie le pouvoir d'achat des ménages, qui réclament des voitures peu gourmandes en carburant, au profit des intérêts financiers de quelques industriels de l'automobile. »

138 g/km au lieu de 120 g
La France devait défendre un texte à la hauteur du défi climatique, limitant les émissions de CO2 des voitures neuves à 120 g/km d'ici à 2012. Au lieu de cela, elle cède à la pression d'Angela Merkel, porte-drapeau de l'industrie automobile allemande, en prenant en compte des émissions évitées grâce à des « éco-innovations ». En clair, la réglementation va donner une large marge de manoeuvre aux constructeurs qui seront autorisés à commercialiser des véhicules dont les moteurs émettront en moyenne 136 à 138g CO2/km, au lieu de 120 g/km.

« On est très loin de ce qu'il faut faire, affirme Anne Valette. Avec un objectif aussi faible, l'Union européenne risque de ne pas être en mesure de respecter les engagements de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre qu'elle s'est fixés dans le cadre du protocole de Kyoto. »

2012 n'existe plus
Deux éléments laissent penser que l'objectif de réduction des émissions de CO2 - même revu à la baisse - ne sera pas atteint pour 2012. D'abord, cet objectif risque de n'être appliqué que progressivement à l'ensemble de la flotte. Ensuite, au lieu d'introduire d'un système de pénalités dissuasives (150 euros pour chaque gramme de CO2 supplémentaire pour chaque véhicule vendu), seule garantie que tous les constructeurs respecteront les nouvelles normes, la France et l'Allemagne se sont accordé pour différencier le montant des sanctions : ainsi, un léger dépassement de la norme ne sera que faiblement pénalisé.

2020 : objectif nul...
La France se vantera sans doute d'avoir faire accepter à l'Allemagne la définition d'un objectif de long terme à 2020. Une victoire bien facile puisque cet objectif est défini ainsi : 95 à 110 g de CO2/km. Soit bien loin des 80 g que Greenpeace réclamait et sachant que le Parlement européen avait déjà proposé 95 g ! Avec l'accord franco-allemand, l'UE a toutes les chances de sortir de la fourchette préconisée par l'Agence européenne de l'environnement, qui estime que l'Europe soit se doter d'une limitation de 80 à 95 g/km en 2020 pour être en mesure de respecter ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
« En octobre dernier, à l'issue du Grenelle de l'environnement, la France s'était engagée à défendre 120 g de CO2/km. Mais le président de la République a prouvé hier que son engagement en faveur de la lutte contre les changements climatiques n'était qu'un beau discours, rappelle Anne Valette. Sur ce dossier majeur, l'échec est patent. Voilà qui promet pour la présidence française de l'Union européenne ! En attendant, Greenpeace va pousser les autres États membres de l'UE et les parlementaires européens à rejeter ce compromis déplorable. »

Source : Greenpeace France

30/05/2008

Climat, indépendance énergétique, pouvoir d'achat : tous les chemins mènent à l'efficacité, pas au nucléaire !

Paris, France — L'envolée du prix du pétrole relance le débat sur notre dépendance aux hydrocarbures. Trente ans après les chocs pétroliers, Greenpeace s'inquiète des orientations de la politique énergétique de la France, à l'heure où celle-ci doit mettre en application les engagements du Grenelle et présider l'Union européenne. Législation sur l'efficacité des voitures et sur les produits consommateurs d'électricité : la France doit faire de l'efficacité sa seule priorité.

Le 27 mai, Nicolas Sarkozy sur RTL et François Fillon à l'Assemblée nationale, ont insisté sur le nucléaire comme solution pour faire face à la hausse du prix du pétrole. « Voilà le président de la République et son Premier ministre au moins d'accord sur un point ! Malheureusement, il s'agit d'une erreur fondamentale, déplore Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace France. Depuis quand le nucléaire, qui ne représente que 2 % de la consommation d'énergie mondiale, va sauver le climat ? Depuis quand l'uranium est une ressource renouvelable et locale ? Depuis quand l'atome fait rouler les voitures ? »

L'efficacité énergétique a déjà fait ses preuves
Selon Rocky mountain institute, un euro investi dans l'efficacité permet d'économiser 7 fois plus d'énergie que ne peut en produire un euro investi dans le nucléaire. Avec une facture énergétique de 50 milliards d'euros en 2007 (soit environ 2 000 € par ménage), qui risque de s'envoler dans les années à venir, la France doit faire des économies d'énergie sa nouvelle « obsession ».

À l'époque des chocs pétroliers, la France a instauré avec succès une politique d'économies d'énergie trois fois plus rentable que le nucléaire. Entre 1973 et 1987, elle a économisé 34 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) par an, pour un investissement de 100 milliards de francs. Dans le même temps, elle a produit 56 Mtep par an, pour un investissement dans le nucléaire de 500 milliards de francs. Malgré son succès, la France a abandonnée cette politique d'efficacité dès 1985, quand le prix du baril s'est effondré.

L'efficacité : tout le monde en parle, personne n'agit
Le volet « efficacité » est le parent pauvre du paquet « énergie climat » qui doit être voté par l'UE d'ici la fin de l'année. Pour l'instant, contrairement aux objectifs de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre et de développement de 20 % des renouvelables, l'objectif de réduire de 20 % la consommation d'énergie par la mise en place d'une politique d'efficacité ne revêt aucun caractère juridiquement contraignant. Or sans cadre réglementaire contraignant, les industriels continuent de mettre sur le marché des produits qui gaspillent de l'énergie, poussant ainsi les ménages à surconsommer.

« À Bruxelles, les industriels de l'automobile, de l'éclairage ou encore de l'électroménager, se battent contre l'imposition de normes ambitieuses, qui les obligeraient à vendre des produits plus économes, conclut Karine Gavand. La France va présider l'Europe : le Président Sarkozy dispose d'une occasion unique de mettre l'Europe sur la voie des économies, réponse la plus efficace, la moins coûteuse et la plus propre aux enjeux du climat et de facture énergétique ! »

En se dotant d'une réglementation contraignante sur l'efficacité, l'UE pourrait économiser au moins 20 % de sa consommation d'énergie actuelle d'ici à 2020, et alléger sa facture énergétique de plus de 100 milliards d'euros chaque année, ce qui représente une économie d'environ 1 000 € par an et par ménage.
 
Source Greenpeace 
 
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