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26/07/2008

La destruction intentionnelle de nichées menace la reproduction du busard cendré

Tandis que des centaines de bénévoles et d’agriculteurs se mobilisent, chaque année, pour permettre à de jeunes busards cendrés de prendre leur envol, quelques individus détruisent intentionnellement des nichées. Ainsi, le 20 juillet dernier et au début du mois, plusieurs poussins ont été tués dans le Rhône et le Jura. La LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), le Centre de soins Athénas, le GPBR (Groupe de Protection des Busards du Rhône) et le CORA (Centre Ornithologique Rhône-Alpes) dénoncent ces actes lâches et scandaleux qui mettent en péril la reproduction de cette espèce menacée !

 

Dans le Rhône, le 2 juillet dernier, six jeunes busards issus de deux nichées ont été tués intentionnellement à Saint-Maurice-de-Dargoire. Dans le Jura, une nichée de 2 busards a été détruite le 4 juillet à Saint-Aubin et une de 3 jeunes, le 20 juillet à Longwy-sous-le-Doubs. Des faits similaires s’étaient déjà produits dans ce département en 2004 et 2007.

Ces destructions intentionnelles réduisent à néant les actions de préservation menées par le bénévoles et les agriculteurs, et viennent s’ajouter aux menaces pesant sur l’espèce. Face à la dégradation de leurs habitats d’origine (friches, landes, marais), ces rapaces ont progressivement colonisé les cultures où ils nichent à même le sol.

Or, leurs poussins sont trop petits pour s’envoler avant le passage de la moissonneuse, notamment depuis que les moissons se font plus précoces.

L’action des naturalistes est donc indispensable pour sauvegarder l’espèce qui compte environ 5 000 couples nicheurs en France, soit 50 % de la population mondiale (Russie exceptée).

Depuis 30 ans (1976), des centaines de bénévoles se mobilisent chaque année, partout en France, pour permettre l’envol des jeunes busards. Ces protecteurs localisent les nids dans les champs, informent les agriculteurs et mettent en œuvre, avec l’accord de ces derniers, des actions de protection appropriées. La coopération entre naturalistes et agriculteurs est donc systématique pour protéger les nichées.

En 2007, 429 bénévoles ont effectué 5 310 journées de surveillance, permettant à 1 310 jeunes busards cendrés de prendre leur envol. Sans cette action, seule la moitié (1 336) des 2 646 jeunes observés à l’envol, aurait survécu à la moisson. Les 1 310 autres auraient été détruits par les moissonneuses.

Un programme scientifique de marquage à l’aile de ces oiseaux, mené par le CNRS en 2007 et 2008 devrait, quant à lui, permettre de connaître plus précisément l’écologie du busard cendré et d’envisager sa protection à long terme. Mais, c’était sans compter les actes de barbarie de quelques individus ! Au mépris du travail des naturalistes et de la propriété privée agricole, ils ont piétiné les récoltes et écrasé à coups de pied des poussins âgés d’à peine 20 jours qui faisaient partie de ce programme national, certains étant déjà équipés de marques alaires !

Ces destructions volontaires, heureusement rares et localisées, sont unanimement condamnées par les agriculteurs, les naturalistes et les habitants des communes.

Pour que la destruction des deux nids de Saint-Maurice-Sur-Dargoire ne reste pas impunie, le 12 juillet dernier, le Groupe de Protection des Busards du Rhône (GPBR) a porté plainte contre X auprès de la gendarmerie de Mornant et fait une déposition auprès de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) qui a dressé un procès-verbal.

 

La LPO, le Centre de soins Athénas, le GPBR et le CORA dénoncent ces actes lâches et scandaleux et espèrent qu’ils ne resteront pas impunis !

 

 

Le busard cendré : un rapace migrateur emblématique des plaines agricoles


Identification

Plus grand que le faucon crécerelle mais plus petit que la buse variable, il est le plus petit des trois espèces de busards d’Europe occidentale. Il se caractérise par son plumage gris, sa silhouette fine, légère et élégante. Son envergure peut varier de 97 à 115 cm, sa longueur de 40 à 42 cm et son poids de 295 à 345 g.

Répartition

En France, quelques centaines de couples sont présents en Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne, Lorraine, Rhône-Alpes et dans une zone allant du Massif-Central au Roussillon On trouve également de petites populations dans le Nord, le Nord-Pas-de-Calais, la Somme, l'Oise, la Manche et la Corse.

Migration

La population européenne de busard cendré hiverne en Afrique et la population asiatique, qui se situe depuis la mer Caspienne jusqu'à l'Ouest de la Sibérie, le Kazakhstan et l'Asie centrale, hiverne dans la péninsule indienne.

Statuts

Le busard cendré figure en annexe I de la Directive « Oiseaux » (n°79/409 du 6 avril 1979) et en annexe II de la Convention de Berne. En tant qu’espèce migratrice, la Convention de Bonn (82/461/CEE du Conseil, du 24 juin 1982) lui accorde un statut de protection à l'échelle mondiale. Il est également protégé par la CITES (Convention sur le Commerce International des Espèces).

Alimentation

Le busard cendré se nourrit de rongeurs et d’insectes, et occasionnellement de petits oiseaux, de batraciens et de reptiles... Il permet de limiter les populations de criquets au sud du Sahara et de campagnol des champs sur notre territoire.

Reproduction

Dans nos régions, la ponte, qui compte 3 à 5 œufs, a généralement lieu de la mi-mai à la mi-juin. Les poussins peuvent voler sur de courtes distances dès 30 jours.

Plus d’informations 

http://busards.lpo.fr/index.html

 

La surveillance des busards

L’intervention des surveillants est particulièrement complexe. Comme les busards ne construisent pas de nid et qu’ils changent chaque année de site, il faut prospecter et observer durant de longues heures avant de repérer leur lieu de nidification. Il faut ensuite contacter l’agriculteur concerné et le sensibiliser à leur protection. Pour rendre possible les actions de protection, il faut obtenir, au minimum, l’autorisation de pénétrer dans le champ. Mais la coopération peut être plus étroite : les surveillants obtiennent parfois le maintien d’un périmètre non fauché autour du nid et l’autorisation de poser un grillage pour empêcher la prédation. Cette année, grâce au soutien de la Fondation Nature et Découvertes, un cahier technique, qui leur était consacré, et un dépliant de sensibilisation des agriculteurs ont été diffusés aux acteurs de terrain. La LPO recherche chaque année des bénévoles « busards » de début mai à fin juillet, dans un grand nombre de départements en France. La surveillance est un travail difficile, nécessitant une forte motivation et une importante disponibilité.

 

L’année prochaine, si vous souhaitez participer à la protection des busards,

contactez la LPO Mission Rapaces, Tél : 01 53 58 58 38 Fax : 01 53 58 58 39

 

Source : LPO

 
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