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21/05/2008

Transport de plutonium : la justice tranche en faveur d'Areva. La transparence s'arrête là où commencent les intérêts du lobby nucléaire.

Lundi 19 mai, vers 19h, le tribunal de grande instance (TGI) de Cherbourg a finalement interdit à Greenpeace de perturber l'arrivée à Cherbourg et l'acheminement jusqu'à l'usine Areva de La Hague du transport de plutonium provenant du Royaume-Uni et attendu dans la nuit du 20 au 21 mai.
 

Greenpeace a interdiction de s'approcher de l'Atlantic Osprey, le navire transportant des emballages d'oxyde de plutonium et parti samedi 17 mai du port de Workingtown (Royaume-Uni), à moins de 300 m en mer et de 150 m dans le port de Cherbourg. De même, interdiction a été fait à l'association écologiste d'approcher à moins de 150 m du convoi routier entre le port et l'usine de La Hague, pendant le déroulement de ce premier transfert. Le tribunal a fixé à 75 000 euros l'astreinte en cas d'infraction au jugement rendu. En outre, le TGI a estimé irrecevable la demande formulée par Greenpeace, dans le cadre du recours lancé initialement par Areva, concernant la publication de documents susceptibles de faire la lumière sur ce transport de plutonium et sur sa légalité.

« Ce jugement est doublement sévère, estime Yannick Rousselet, en charge de campagne Énergie de Greenpeace France. Il va certes nuire à notre capacité d'expression et de contestation, mais surtout le tribunal n'a pas souhaité établir la lumière sur le transport qui arrive. Cependant, malgré les efforts d'Areva pour museler Greenpeace, l'affaire de ce premier transport, organisée pour se dérouler sous le sceau du secret défense et dont les citoyens devaient ignorer l'existence, est maintenant sur la place publique. Greenpeace a ainsi mis en échec la clandestinité d'un trafic international de matières proliférantes. »

Greenpeace ne renonce pas pour autant dans les jours et semaine qui viennent à obtenir de l'industrie et des autorités des éclaircissements sur l'important trafic de plutonium qui se met aujourd'hui en place entre le Royaume-Uni et la France. L'organisation écologiste soupçonne qu'au-delà de ce premier transport des dizaines de tonnes de plutonium soient en jeu.

« C'est précisément ce dont nous voulons avoir le cœur net. Aucune information n'est aujourd'hui disponible à ce sujet, et l'industrie nucléaire se garde bien de communiquer sur ce côté obscur de son activité, déclare Yannick Rousselet. L'opinion publique a pourtant le droit de savoir quelle est l'ampleur du trafic de plutonium qui commence entre la France et le Royaume-Uni, de connaître les risques liés à ces transports et d'être assuré qu'aucun déchet radioactif ne restera sur notre sol. Aujourd'hui, la transparence s'arrête là où les intérêts du lobby nucléaire commencent ! »

Communiqué : Greenpeace France 

19/05/2008

Transport de plutonium : Areva veut faire taire Greenpeace qui dénonce ce transport et réclame des comptes !

Alors que l'Atlantic Osprey, un cargo transportant plusieurs dizaines de kilos de plutonium, a quitté le port de Workingtown samedi 17 mai à 23 h et devrait arriver à Cherbourg dès cette nuit, Areva a assigné Greenpeace en référé au tribunal de grande instance de Cherbourg lundi 19 mai, à 10 h, dans le but d'empêcher l'association écologiste de perturber ce transport provenant du Royaume-Uni. En réponse, Greenpeace a déposé un recours « reconventionnel ». La décision du tribunal est attendue le 19 mai, à 17 h.

Le référé d'Areva et le recours de Greenpeace
Areva demande au tribunal d'empêcher Greenpeace de s'approcher à moins de 500 m de l'Atlantic Osprey en mer et 150 m sur terre (port de Cherbourg, route de l'usine de La Hague) et d'assortir ces interdictions d'une astreinte de 100 000 euros par infraction constatée.
« Alors que nous demandons plus de transparence, Areva nous convoque devant la justice pour nous museler, explique Yannick Rousselet, de Greenpeace France. L'opinion publique a pourtant le droit de savoir quelle est l'ampleur du trafic de plutonium qui commence entre la France et le Royaume-Uni, de connaître les risques liés à ces transports et d'être assuré qu'aucun déchet radioactif ne restera sur notre sol. »
Sur la base des lois sur la transparence et la gestion des déchets radioactifs de 2006, Greenpeace s'interroge sur la légalité de cette importation de plutonium et demande la publication immédiate de plusieurs documents :
- le contrat liant Areva à l'usine de Sellafield, d'où provient le plutonium ;
- une liste à jour des pays d'origine et propriétaire de ce plutonium ;
- un calendrier précis des transferts et de la réutilisation du plutonium ;
- un calendrier des retours des déchets issus du traitement de ce plutonium.

L'histoire de ce transport de plutonium
Le 6 mars, Greenpeace révélait l'arrivée jusque-là tenue secrète de l'Atlantic Osprey, initialement prévue au port de Cherbourg (Manche), dans la nuit du lundi 17 au mardi 18 mars. Devant cette révélation, Areva a préféré retarder ce transport. Dès le 18 mars, l'organisation écologiste a envoyé de multiples courriers à Areva, à l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) et au Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire. Autant de démarches restées sans réponse satisfaisante.
Le transport en cours risque d'être le premier d'une longue série : au total, plusieurs tonnes de plutonium pourraient être concernées. « C'est précisément ce dont nous voulons avoir le cœur net aujourd'hui, car aucune information publique n'est disponible, s'alarme Yannick Rousselet. Nous nous mobilisons pour obtenir que toute la lumière soit faire sur le côté obscur de l'industrie nucléaire. »

En parallèle, Greenpeace a entamé une autre procédure juridique
Mardi 6 mai, Greenpeace déposait un autre recours, devant le Conseil d'État cette fois, et à propos du décret 2008-209, relatif à la gestion des déchets radioactifs provenant de l'étranger. « Ce décret, datant du 3 mars dernier, contredit la loi de 2006 et constitue un retour en arrière inacceptable puisqu'il propose aux pays clients d'Areva de garder certains de leurs déchets au lieu de les leur renvoyer, affirme Frédéric Marillier, de Greenpeace France. Plus rien n'empêche désormais Areva de faire de la France la poubelle nucléaire du monde. Nicolas Sarkozy n'est pas seulement le VRP du nucléaire : il est aussi le fossoyeur du seul et unique texte qui imposait une contrainte écologique minime mais réelle à l'industrie nucléaire. »

 

Communiqué : Greenpeace France 

 
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