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19.12.2009

Un grand emprunt très éloigné des enjeux climatiques et énergétiques de Copenhague

Loin des sirènes de Copenhague et des grands discours, les mauvais réflexes en matière de politique nationale sont toujours là. L'emprunt national et les 35 milliards d'euros mobilisés par l'Etat passent à côté d'une véritable prise en compte des enjeux climatiques et énergétiques d'aujourd'hui et de demain. Pire, ils privilégient les mauvaises pistes (nucléaire, aéronautique,...) au détriment des vraies solutions.

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05.12.2009

Greenpeace : Happening à l'Assemblée... Un crime de « lèse République » ?

Lettre ouverte aux parlementaires français - Stéphen Kerckhove

Il est des symboles qui frappent les consciences. L’action de Greenpeace hier, durant un débat sur le climat, dans le saint des saints de la République, l’Assemblée nationale, a entraîné le courroux de certains parlementaires. A quelques jours du Sommet de Copenhague, les députés se pliaient, une fois encore… une fois de trop !, à l’exercice de style qui consiste à parler fort et agir peu.

Combien de belles formules enflammées sur le registre chiraquien ont émaillé les discours depuis tant d’années ? Combien faudra-t-il d’années avant que la Représentation Nationale s’astreigne à mettre en conformité le discours et les actes ? Combien d’élu-es nationaux s’engagent oralement en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique tout en poursuivant le développement de projets climaticides localement ?

Le scandale est-il de profaner symboliquement un sanctuaire républicain ou consiste-t-il à ne plus laisser ronronner une représentation nationale qui tend à s’endormir sur ses lauriers dorés ? Ne faut-il pas, au contraire, s’offusquer du double discours parlementaire systématique qui délégitime profondément la crédibilité des représentants du Peuple ?


 

A quelques jours du Sommet de Copenhague, les enjeux climatiques nous conduisent à tirer un premier bilan des interventions et décisions de nos brillants orateurs : Par dizaines, localement, des projets climaticides sont en train d’être décidés ! Aéroports, mine de charbon, autoroutes, contournements, doublements de routes… une vague de bitume sans précédent est en train de se répandre sur la France ! Pire, nos parlementaires, si sourcilleux quant à leurs prérogatives et la défense de LEUR maison du Peuple, oublient soigneusement de rappeler que deux ans… oui deux ans après le Grenelle de l’environnement, ils n’ont pas su trouver quinze jours pour approuver définitivement la loi qui est censée traduire dans le corpus législatif et réglementaire les « avancées » du Grenelle !!!

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29.08.2009

Non à l'alliance UMP Chasseurs !

Les associations environnementales françaises ne pouvaient rester indifférentes au projet d’alliance entre le parti des chasseurs de Frédéric Nihous, le CPNT, et l’UMP.

Vous trouverez, ci-joint, leur position commune.

Source : LPO

20.11.2008

Réduction des déchets : les 3 vérités qui dérangent

Alors que débute le 22 novembre prochain la Semaine nationale de la réduction des déchets, évènement institutionnel, Agir pour l’environnement et le CNIID (Centre national d’information indépendante sur les déchets) rendent publique une enquête menée sur les freins actuels à une véritable politique de prévention des déchets ménagers en France. Ce dossier met en évidence les mécanismes de défense des intérêts des industriels et l’absence de volonté politique forte de l’Etat.

 

En effet, si à première vue la réduction des déchets fait cas de grands discours consensuels, dans les faits elle dérange des intérêts privés et ne s’applique pas facilement sur le terrain. L’enquête analyse ainsi les trois points de blocages suivants :

 

1.      L’immobilisme des industriels sur la réduction de leurs emballages

2.      Le lobbying fait par certains industriels sur les pouvoirs publics

3.      Une volonté politique déjà insuffisante dépassée par des priorités économiques

 

L’enquête menée par Agir pour l’environnement et le CNIID vise à dénoncer ces blocages et à formuler des demandes précises au Ministre en charge de l’environnement pour que la réduction des déchets ne se limite pas à une semaine par an. Clara Osadtchy d’Agir pour l’environnement rappelle que « 99% des ressources prélevées dans la nature deviennent des déchets en moins de 42 jours. »  « Nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin d’un changement de paradigme : ne pas produire toujours plus de déchets sous prétexte qu’ils sont recyclés, mais en produire moins et gérer autrement les déchets existants par exemple grâce au réemploi », commente Wiebke Winkler du CNIID.

 

 

L'intégralité du dossier est disponible à l'adresse : www.agirpourlenvironnement.org

 

Source : Agir pour l'environnement

Téléphonie mobile : De la politique hors-sol et virtuelle !

Antennes relais et portables : Un débat qui n’en n’est pas un... pour signer une réglementation qui n’en n’est pas une… incluant des objectifs qui n’en sont pas !

 

Lettre ouverte datée du 19 novembre 2008 à l’attention de Monsieur BESSON,

secrétaire d’Etat au développement de l’économie numérique

 

Faisant suite à la condamnation en première instance de Bouygues Telecom à démonter une antenne relais au nom du principe de précaution, vous avez souhaité mener un débat neutre et objectif afin de trouver des solutions acceptables et acceptées, à même de réduire l’exposition chronique des riverains d’antennes et utilisateurs de portables.

En date du 17 octobre 2008, alors même que les associations dénonçaient leur éviction du débat initié par vos soins, vous avez pris deux engagements, consignés par écrit de votre main :

- Vous vous êtes engagé tout d’abord à recevoir Priartém et Agir pour l’Environnement, associations militant en faveur d’une réglementation contraignante encadrant le développement de la téléphonie mobile « dans les 15 jours ». Le délai de 15 jours est depuis longtemps expiré et nous n’avons toujours aucune proposition de rencontres, et ce malgré nos multiples relances ;

- Vous vous êtes engagé ensuite à nous « associer à une prochaine réunion « plénière » en présence de toutes les parties concernées ». Dès le 17 octobre, vous annonciez par voie de communiqué que cette rencontre aurait lieu le 21 novembre. Or, à ce jour, les associations ne sont toujours pas conviées à y participer.

Cet engagement écrit est, à ce jour, resté lettre morte et nous nous étonnons que votre parole n’ait pas été suivie d’effets, et ce malgré nos multiples relances.


Le non-respect d’engagements pris augure bien mal de votre volonté d’initier un processus de dialogue transparent et d’aboutir à un texte qui puisse satisfaire l’ensemble des parties. Une fois de plus, seule la parole des industriels sera entendue et donc prise en compte. Ceci est d’autant plus préoccupant que l’approche des fêtes de fin d’année est une période pendant laquelle les opérateurs vont faire feu de tout bois pour promouvoir les derniers forfaits à la mode destinés à des publics de plus en plus jeunes, alors même qu’existe aujourd’hui un consensus pour reconnaître la sensibilité particulière des enfants. L’absence de réglementations contraignante, l’exclusion des associations du débat sont autant de signes négatifs à même de satisfaire les opérateurs.


En application du principe de précaution et afin de réduire significativement l’exposition du grand public aux ondes émises par les antennes relais, nous vous demandons de fixer le seuil maximal d’exposition chronique du public à O,6 V/m (contre 41, 58 et 61 V/m, actuellement).

Or, les premières ébauches de guide qui circulent actuellement laissent à penser qu’aucune nouvelle limite du seuil d’exposition n’est prévue et que la vente des portables serait interdite aux enfants de moins de… 3 ans ! Tout ceci dénote une volonté manifeste d’agir sans agir, en optant pour une action politique virtuelle sans conséquence pour le chiffre d’affaire des opérateurs.

Un débat neutre et objectif –sans associer les associations - débouchant sur un guide de bonnes pratiques sans réelles contraintes réglementaires, incluant des objectifs qui n’en sont pas… relève de la prestidigitation politicienne qui ne fait pas honneur à votre statut de responsable politique.

Par cette lettre ouverte, nous tenons à réaffirmer notre volonté de participer pleinement à l’édification d’une réglementation contraignante qui limitera les effets sanitaires potentiels des antennes relais et téléphone mobile. Nous nous tenons à votre entière disposition pour participer à ce dialogue qui nous espérons le plus large possible.

Source : Agir pour l'environnement

18.08.2008

Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande l'annulation du Prix Nobel de la Paix attribué en 2005 à l'AIEA

En avalisant le 1er août 2008 l'accord nucléaire Inde/USA, l'AIEA a bafoué les règles de non prolifération au nom desquelles elle a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2005

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a écrit ce jour lundi 18 août 2008 à la Fondation Nobel pour lui demander de retirer de toute urgence le Prix Nobel de la Paix attribué en 2005 à l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) et à son Directeur général Mohamed El Baradei "pour leurs efforts visant à empêcher que l'énergie nucléaire ne soit utilisée à des fins militaires".

En effet, le 1er août 2008, en contradiction totale avec les règles de non prolifération au nom desquelles elle a obtenu le Prix Nobel de la Paix, l'AIEA a avalisé l' "Accord 123" lequel, signé en juillet 2007 par l'Inde et les USA, prévoit en particulier la vente à l'Inde de technologies et de matières nucléaires.

L' "Accord 123" prévoit aussi que l'AIEA n'inspectera en Inde… que les installations nucléaires qui ne servent pas à l'élaboration d'armes atomiques. C'est exactement comme si des gendarmes s'engageaient, auprès de voleurs, à ne pas patrouiller aux heures prévues pour les cambriolages.

En accordant de si incroyables dérogations à l'Inde, pays non signataire du Traité de non-prolifération (TNP), les USA et l'AIEA donnent de parfaits prétextes à tout pays qui, ouvertement ou secrètement, tente d'accéder à l'arme atomique. L'AIEA est donc définitivement indigne du Prix Nobel de la Paix qui doit lui être immédiatement retiré.

Il est d'ailleurs tout à fait édifiant de rappeler que c'est après le premier essai atomique réalisé par l'Inde, en 1974, que des mesures ont été prises au niveau international, en particulier avec la création du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG), afin d'isoler les Etats non signataires du TNP.

La validation de l' "Accord 123" ne se justifie pas plus en 2008 qu'en 1974. Il est avéré que c'est pour de simples raisons mercantiles que les USA s'apprêtent a bafouer les règles de non prolifération, avec la collaboration de l'AIEA. La dignité de la France est de s'opposer à ce véritable scandale.


Source : Réseau Sortir du Nucléaire

09.07.2008

Création d’un deuxième EPR : une provocation

Nicolas Sarkozy vient de confirmer la décision de construire un deuxième réacteur de type EPR en France. Réaction de France Nature Environnement.

France Nature Environnement, qui avait formé, devant le Conseil d’Etat, un recours contre l’autorisation de créer un premier EPR à Flamanville déplore cette décision.

Un signal catastrophique pour la présidence française de l’Union européenne

Le jour même de la réunion informelle des Ministres européens de l’Environnement à Saint Cloud, destinée à discuter des priorités de la Présidence Française de l’Union européenne, le Président de la République confirme sa décision de construire un deuxième EPR.

Arnaud Gossement, porte parole de FNE déclare :
« L’annonce présidentielle de la création d’un nouvel EPR est un signal catastrophique pour la présidence française de l’Union européenne. Pour FNE, la lutte contre le dérèglement climatique sert malheureusement d’argument commercial pour promouvoir de faux remèdes comme le nucléaire. »

L’espoir d’une nouvelle démocratie écologie s’éteint

FNE constate en outre que l’Etat ne fait même plus semblant, comme en 2005, de s’embarrasser d’un quelconque débat public, pour défendre les intérêts du lobby nucléaire !

A quoi bon reconnaître le rôle des associations et l’importance de la « décision à 5 » si une décision aussi lourde d’enjeux écologiques, sanitaires et économiques que la création d’un nouvel EPR est prise unilatéralement, sans aucune consultation ni même information des acteurs du Grenelle ? FNE tient à exprimer ici sa très grande amertume.

Enfin, faut-il rappeler les déclarations de Nicolas Sarkozy dans son discours de clôture du Grenelle de l’environnement, le 26 octobre 2008 ?

- « ça ne signifie nullement que le nucléaire doit être la solution unique au défi climatique. Nullement. Notre première priorité, et c’est l’une des conclusions du Grenelle, notre première priorité c’est de réduire notre besoin d’énergie. »

- « je ne veux pas créer de nouveaux sites nucléaires »

- « Il y aura donc bien une réduction de la part du nucléaire dans notre consommation d’énergie »

La montée en puissance antidémocratique du lobby nucléaire

En conclusion, France Nature Environnement s’inquiète de la montée en puissance du lobby nucléaire dont les intérêts sont défendus au plus haut niveau de l’Etat.

FNE rappelle :

· que la loi du 13 juin 2006 relative à « la transparence et à la sécurité nucléaire » a permis la concentration de tous les pouvoirs de gestion et de contrôle de la filière nucléaire aux mains de quelques personnes non élues et irresponsables juridiquement,

· que par un récent décret du 3 mars 2008 la France vient de faciliter l’accueil de
déchets nucléaires étrangers,

· que le coût exact et les conditions de sécurité du stockage des déchets nucléaires ne sont pas l’objet d’une grande transparence,

· que le recours au nucléaire s’oppose à toute politique énergétique adaptée aux territoires,

· que le gouvernement assure la promotion du nucléaire bien plus efficacement que la réduction de notre consommation d’énergie.

D’une manière générale il est frappant que le Gouvernement s’en tienne à des objectifs pour le développement des énergies renouvelables mais passe très rapidement aux décisions pour le nucléaire.

 

Source : FNE

Accident de Tricastin : l’urgence d’une démocratie nucléaire

France Nature Environnement tire deux leçons de l’accident qui vient de se produire sur le site nucléaire de Tricastin. Primo, nous sommes dépendants d’une information contrôlée par le lobby nucléaire lui-même. Deusio, il n’est pas normal que le choix du tout nucléaire continue de nous être imposé.

Un rejet accidentel de 30 m3 contenant 12 grammes d’uranium par litre s’est produit mardi à Bollène (Vaucluse) sur le site de la centrale nucléaire du Tricastin. Le rejet s’est produit à 6h30 pendant une opération de nettoyage d’une cuve.

France Nature Environnement rappelle qu’elle s’était fermement opposée au vote de la loi
du 13 juin 2006, dite de « transparence et sécurité nucléaire».
FNE rappelle que cette loi a concentré aux mains des cinq directeurs de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), non contrôlée et juridiquement irresponsable, la maîtrise du contrôle et de l’information en matière nucléaire. Dans ces conditions, FNE s’inquiète de l’exactitude des informations délivrées à propos de l’accident de Tricastin.

FNE souligne qu’au moment où le Président de la République vient de décider de la création d’un deuxième EPR, il est urgent de changer de modèle énergétique pour réduire les risques, les coûts financiers et notre consommation d’énergie.

Arnaud Gossement déclare :
« l’accident du Tricastin démontre que l’Etat fait fausse route en laissant au lobby nucléaire, le choix d’imposer à notre pays, un modèle énergétique dépassé.»
 
Source : FNE

Fuite d'uranium au Tricastin : le Réseau "Sortir du nucléaire" soupçonne Areva de rétention délibérée d'information

Areva espérait certainement pouvoir cacher la vérité avant de se rendre à l'évidence

Le Réseau "Sortir du nucléaire" soupçonne Areva de rétention délibérée d'information et, de fait, de mise en danger volontaire de la population, dans l'affaire de la fuite d'uranium sur le site nucléaire du Tricastin mardi 8 juillet. Il est nécessaire de rappeler que c'est bien Areva qui est propriétaire de la Socatri, l'usine responsable de cet accident.

Il faut prendre la mesure de la gravité de la rétention d'information : c'est, selon l'aveu des autorités, au moins douze heures après l'accident que les populations ont commencé à être informées. Il ne serait pas étonnant que le délai ait en réalité été encore plus important. Dans tous les cas, il est vraisemblable que des gens ont été contaminés lors de baignades ou en buvant. (*)

On peut véritablement penser que, dans un premier temps, Areva a pensé pouvoir cacher l'existence de cet accident, avant de se rendre à l'évidence : l'ampleur du rejet fait que, tôt ou tard, l'affaire aurait été connue. Il y a donc vraisemblablement eu mise en danger délibérée de la population, avec de possibles contaminations.

De façon générale, cette rétention d'information permet de douter des informations données par Areva : puisqu'ils ont caché la vérité à cette occasion, comment leur faire confiance le reste du temps ?

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que l'industrie nucléaire fait courir continuellement à la population un risque intolérable. Faut-il attendre un Tchernobyl français avant de prendre les décisions qui s'imposent ? Un rassemblement antinucléaire européen, samedi 12 juillet (14 h place de la République) à Paris, permettra aux citoyens d'exprimer la nécessité de sortir du nucléaire.


(*) Même lorsque le niveau de radioactivité est faible, une contamination est très grave car des particules radioactives se fixent sur des organes et attaquent directement les cellules. C'est alors un cancer quasi assuré en quelques années.
 
 
Source : Réseau Sortir du Nucléaire

Fuite radioactive à Pierrelatte/Tricastin

Alors que l'industrie tente de minimiser l'événement, Greenpeace fait la lumière sur la gravité du rejet d'uranium, qui s'est produit sur l'installation de la société Socatri, gérée par Areva et implantée sur le site de Pierrelatte (Drôme), où sont aussi situées la centrale nucléaire de Tricastin et l'usine d'enrichissement d'uranium Eurodif.
« La pollution radioactive est inhérente à l'industrie nucléaire. Centrales, usines de retraitement ou centres de stockage : tous ces sites rejettent quotidiennement de la radioactivité dans l'environnement. Ces rejets, plus ou moins contrôlés, atteignent parfois un volume bien supérieur à ce qui arrive aujourd'hui à Tricastin, déclare Yannick Rousselet, en charge de la campagne Énergie à Greenpeace France. Cet accident démontre que le nucléaire n'est pas une énergie propre. Nicolas Sarkozy omet bien sûr de préciser ce genre de "détail" quand il annonce en grande pompe le lancement d'un 2e EPR, Tricastin étant justement l'un des sites pressentis. »

Quand l'accident s'est-il produit ?
Contrairement à ce qui a été dit, la fuite s'est produite le 7 juillet, à 23 h. La société Socatri a alerté l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) le 8 juillet, à 7h30. Ne prenant conscience de la gravité de l'accident que vers midi, l'exploitant a alors rappelé l'ASN et la préfecture a pris ses mesures à 13 h. « Entre 23 h et 13 h, aucune restriction n'a donc été mise en place pour protéger les populations, affirme Yannick Rousselet. Lenteur, manque de transparence, faible réactivité : ces délais sont inacceptables. »

Quelle quantité a fui ?
La quantité d'uranium qui a fui correspond à 30 m3 d'effluents à 12 g d'uranium par litre. Ce matin, un volume de 6,25 m3 est évoqué, sans doute car la totalité de la fuite n'a pas atteint l'environnement. « L'industrie joue sur les mots, en disant qu'une partie de la fuite n'aurait pas atteint l'environnement », affirme Yannick Rousselet.

Quelle concentration radioactive ?
Quel que soit le volume qui a contaminé l'environnement, la concentration reste de 12 g d'uranium par litre. « Les taux de radioactivité s'élèvent à 6 000 fois la limite réglementaire », constate Yannick Rousselet.

S'agit-il d'une simple « anomalie » ou de quelque chose de plus grave ?
Sur l'échelle Ines des incidents et accidents nucléaires allant de 0 à 7, l'exploitant a déclaré l'accident de niveau 1, comme une simple « anomalie ». « Les responsables du site tentent de minimiser les choses. Si on suit cette échelle Ines, dès qu'il y a rejet dans l'environnement, un accident doit au moins être classé de niveau 3, commente Yannick Rousselet. Et si l'on considère les contre-mesures prises hier par la préfecture (interdiction de la pêche, de la consommation d'eau potable, de l'irrigation, des activités nautiques), l'incident grave survenu à Tricastin devrait même être classé de niveau 5, c'est-à-dire "un accident qui provoque un rejet limité susceptible d'exiger l'application partielle des contre-mesures prévues". »

Ce type de rejets est-il fréquent ?
L'usine de retraitement de La Hague (Manche) est autorisée à rejeter en moyenne, chaque jour, plus de 11 000 fois ce qui a fui à Tricastin, et la dizaine de centres de stockage français fuient en permanence. Ainsi, la nappe phréatique située sous le centre de stockage de la Manche est affectée par une pollution permanente. Les mesures effectuées par Greenpeace en 2006 montrent une concentration de 18 000 becquerels/litre, soit 180 fois la norme sanitaire européenne. « Hier, à Tricastin, le préfet du Vaucluse a très bien réagi pour protéger la population. La préfecture de la Manche devrait en prendre de la graine ! », estime Yannick Rousselet.

Source : Greenpeace France

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